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DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — Le Terre-Neuvien

28 octobre 2025


Honorables sénateurs, je suis heureux de présenter aujourd’hui le chapitre 94 de « Notre histoire ».

Les récits de Terre-Neuve-et-Labrador sont une forme particulière de poésie orale qui fait partie de la riche tradition des conteurs de la province. Ceux à qui Dieu n’a pas fait le don de talents musicaux peuvent raconter une histoire ou réciter un poème lors d’une assemblée de cuisine ou de cabane.

Ces récits, souvent racontés par des conteurs, mettent en lumière le patrimoine, la culture et le mode de vie uniques de la province. Ils peuvent couvrir un large éventail de sujets, ils peuvent prendre différentes formes, allant des récits du quotidien humoristiques aux histoires plus sombres et plus tragiques, et ils permettent de préserver l’histoire et les traditions locales.

Il existe des milliers de récits, mais, dans le temps qui m’est accordé aujourd’hui, je ne peux en présenter qu’un seul, alors j’ai choisi « Le Terre-Neuvien », écrit par George Hoskins.

Si tu le vois, tu le reconnaîtras,

il n’y en a pas d’autres comme lui.

L’homme qui vient de Terra Nova

est meilleur que n’importe qui.

Le Terre-Neuvien authentique,

véritable touche-à-tout,

Raconte des histoires de pêche fantastiques

et parle d’art avec beaucoup de bagou.

Il manie la scie à chaîne à merveille,

peut garder l’équilibre sur un billot de bois.

Il rentre à bon port sans problème dans la plus épaisse purée de pois.

Il a la pipe au bec et un verre de grog à la main quand il s’assoit.

Il erre parfois en vagabond dans des contrées éloignées

En fredonnant l’air d’une chanson :

The Star of Logy Bay.

Qu’il vienne d’Ireland’s Eye ou de Joe Batt’s Arm, peu importe,

Il t’accueillera à bras ouverts quand tu seras à sa porte,

Et tu seras traité aux petits oignons comme le meilleur des potes.

Ses ancêtres sont venus d’Angleterre, ou alors de l’autre côté de la mer d’Irlande, assurément.

Comme ses aïeux, il aime son île

qui résiste aux marées et aux vents,

Et où les étrangers admirent, bouche bée,

des paysages époustouflants.

Quand on lui parle de politique,

il faut le croire quand il dit

Qu’il n’a rien contre la Confédération, mais que Terre-Neuve est sa patrie.

C’est un sujet délicat pour lui,

et il ne change pas d’avis facilement.

Il dit ce qu’il pense sans détour et ne met jamais de gants blancs.

Qu’il soit de la ville ou de la côte,

il connaît peu les coutumes du continent.

Qu’il soit du Nord, du Sud, de l’Est ou de l’Ouest,

il trouve que tout était mieux avant.

Il parle la langue du roi

avec un accent familier,

Et sans qu’il le veuille, parfois,

ses « h » ne sont pas prononcés.

S’il les oublie ainsi,

alors il est sans contredit

De souche anglaise, solide comme le roc,

on peut se fier à lui.

Il suffit d’aller sur la côte sud

pour entendre un tout autre accent.

Les gens y parlent comme des Irlandais

et ils le sont profondément.

Qu’il soit un pêcheur de morue

qui gagne sa vie en haute mer,

Ou un pêcheur d’hommes

qui prêche la parole de Dieu du haut de la chaire,

Quelle que soit sa vocation,

Qu’il vienne de la haute ou des bas-fonds,

Le Terre-Neuvien est avant tout

Un bien bon gars, un point c’est tout.

Merci.

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