DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — Le décès de Young Sup Chung, C.M., C.Q.—La regrettée Inhi Chung
21 octobre 2026
Honorables sénateurs, je prends la parole aujourd’hui pour rendre hommage à un éminent Canadien. Scientifique, pédagogue, pionnier de sa communauté et homme de grande foi, le Dr Young Sup Chung est décédé le 28 août 2026 à 89 ans.
Né à Inchon en 1937, le Dr Chung a vécu les souffrances de la guerre de Corée pendant son adolescence, alors qu’il devait étudier dans des classes aménagées sous une tente, à Pusan. En 1955, avec seulement 100 $ en poches et la promesse solennelle faite à son père de ne jamais oublier sa patrie, il entreprit un parcours exceptionnel. Surmontant les barrières linguistiques grâce à sa seule persévérance, il a rejoint son frère, Do Sup, à l’Université Purdue, dans l’Indiana. En 1960, il y a obtenu un diplôme en biologie.
Attiré vers l’est, en l’Allemagne, par deux proches amis de l’école secondaire, il a obtenu un doctorat en microbiologie à l’Université Justus Liebig de Giessen, devenant ainsi le premier Coréen titulaire d’un doctorat de cette université.
C’est là qu’il a rencontré Inhi Kim, la première étudiante coréenne de l’université. En 1965, ils se sont mariés et ont entamé une vie commune de 60 merveilleuses années, jusqu’au décès d’Inhi, le 5 septembre 2025. Elle était sa meilleure amie et sa véritable tendre moitié.
En 1969, alors qu’il avait l’intention d’aller à l’Université Yale, le Dr Chung a été invité à prononcer une conférence à l’Université de Montréal. Reconnaissant en lui un homme brillant, les responsables universitaires lui ont offert la possibilité de créer un nouveau programme de génétique microbienne, en plus d’offrir un poste à son épouse, la Dr Inhi Chung. Comme tous deux avaient eu un coup de cœur pour Montréal, ils ont accepté l’offre : lui est devenu le premier professeur à temps plein d’origine coréenne et elle, la directrice du département de nutrition à l’institut de réadaptation Lyndsay, où elle encadrait les stagiaires venus de l’Université McGill.
Ensemble, ils ont fondé l’École de langue coréenne du Grand Montréal en 1978 et en ont été les codirecteurs pendant 45 ans, beau temps, mauvais temps.
Le Dr Chung jouissait d’une renommée internationale pour ses nombreuses contributions scientifiques, surtout depuis qu’il avait découvert le phénomène de l’altération des gènes de la bactérie E. coli causée par l’ozone de même que les mécanismes de régénération de l’ADN que cette altération peut déclencher.
En 2001, le Dr Chung a été le premier Canadien d’origine coréenne à être fait membre de l’Ordre du Canada. Plus tard, il a été le premier Canadien d’origine asiatique à être nommé chevalier de l’Ordre national du Québec.
Même si les ancêtres du Dr Chung comptaient parmi les premiers martyrs catholiques de Corée, la foi inébranlable de son épouse a su faire de lui un fervent catholique, comme il le disait lui-même. Après avoir été baptisé, en 1985, il s’est mis à aller à la messe tous les jours et il a contribué à fonder la mission permanente des catholiques d’origine coréenne. En 2009, le Pape Benoît XVI leur a remis la médaille de l’Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand, une première pour un couple d’origine coréenne.
Honorables sénateurs, joignez-vous à moi pour rendre hommage au regretté Dr Young Sup Chung et à son épouse, la regrettée Dr Inhi Chung, et pour exprimer nos condoléances les plus sincères à leur famille. Merci.