DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — Peuples autochtones
26 mars 2026
Honorables sénateurs, j’aimerais aujourd’hui rendre hommage aux membres du Comité sénatorial permanent des peuples autochtones, à commencer par les sénateurs métis, inuits et des Premières Nations.
Ce n’est pas toujours simple de comprendre les répercussions de la politique et des lois sur la vie des Premières Nations, des Métis, des Inuit et des Autochtones non inscrits. Plus que quiconque au Canada, les Premières Nations et les Inuit ont eu affaire, au fil des siècles, à une combinaison complexe de politiques et d’autorités gouvernementales. La définition de la relation des Premières Nations et des Inuit avec l’État est d’ailleurs unique en son genre.
Merci de concilier vos obligations avec la difficile tâche qui consiste à prendre en compte et à faire avancer leur souveraineté et leur sentiment d’appartenance.
Parce que vous représentez à la fois le Sénat et nos peuples, vous vivez dans deux réalités : d’une part l’institution démocratique et coloniale qu’est le Sénat, où vous servez le Canada, faites valoir les causes qui vous sont chères, sensibilisez la population et faites entendre la voix de vos concitoyens, et, d’autre part, celle de nos peuples, qui se battent depuis longtemps contre l’oppression, la discrimination et le racisme. La conciliation de cette dualité dans le contexte de ces deux réalités est au cœur de vos fonctions de représentation.
Merci pour tout ce que vous étiez avant d’arriver au Sénat. Vous aviez besoin de cette expérience, avec ses enseignements culturels, ses modes de vie et ses connaissances, pour sensibiliser et informer vos concitoyens et favoriser la bienveillance, que ce soit ici ou dans les comités.
Merci de la détermination avec laquelle vous traquez et dénoncez le racisme et recherchez la justice, le tout dans le but de faire souffler un vent d’espoir et de changement sur la vie des Premières Nations, des Métis, des Inuit et des Autochtones non inscrits.
Votre rôle, comme sénateurs, est de défendre directement leurs intérêts, leurs droits, leurs priorités et leurs objectifs. Or, même si vos démarches restent malheureusement influencées et limitées par les institutions coloniales canadiennes, vous savez évoluer avec doigté au sein du système, qui comporte son lot d’occasions et d’obstacles.
Comme l’a déclaré un représentant élu d’une Première Nation dans le cadre d’une étude :
Chaque jour, en tant que Chef, je me bats contre le gouvernement pour obtenir des changements. L’une des façons de provoquer le changement consiste à entrer dans le système et à agir de l’intérieur. Je reste fidèle à ma nation d’origine, qui aspire à la souveraineté et à l’autodétermination. C’est indispensable. Cela doit se faire. Encore faut-il que je trouve des moyens d’y parvenir.
Lorsque vous constatiez une injustice, comme de la discrimination, et que vous aviez le pouvoir de corriger la situation, vous étiez conscient de la responsabilité sacrée d’agir, et vous le faisiez.
Comment changer les choses? Tout commence par une première action, mais c’est l’effort collectif qui lui donne toute sa puissance. Je vous remercie et je suis très honorée de travailler à vos côtés. Kinanâskomitinawow.