DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — Hommage aux grands-mères
11 juin 2026
Honorables sénateurs, ceci est un hommage à nos grands-mères, ou kokums.
Avant les pensionnats, les agents des Indiens et la Loi sur les Indiens, notre propre peuple s’occupait de nos kokums. Elles étaient traitées avec dignité et respect, et elles avaient une place d’honneur dans notre communauté. Nohkômnanak, ceci s’adresse à toi.
Je me souviens des moments que mes frères et sœurs et moi avons passés avec toi et de la relation sacrée d’amour inconditionnel entre nohkôm et nôsisim. Je me souviens que tu prenais soin de nous. Je me souviens que tu nous parlais des oiseaux-tonnerre; c’est pourquoi j’adore le tonnerre et la foudre aujourd’hui. Je me souviens que tu nous as montré les œufs bleu vif des merles en écartant les roseaux un jour où nous marchions sur la route pour aller au magasin et que tu nous as dit qu’il ne fallait pas déranger le nid ni les oiseaux. Je me souviens que tu nous as nourris et que tu nous as laissés tracer notre propre chemin dans la vie en faisant ta priorité de notre sécurité, de notre éducation, de notre identité individuelle et de notre quête de connaissances.
Ensuite, je suis allée au pensionnat. Je me suis rendu compte trop tard dans la vie que j’en étais venue à croire que j’en savais plus que toi, que je valais mieux que toi. Je me rends compte maintenant que les distances que j’ai prises avec toi venaient de l’idée de « tuer l’Indien dans l’enfant ». Le lien le plus intime et sacré unit les grands-mères et les petits-enfants, les arrière-grands-mères et les arrière-petits-enfants, ou aniskotapan. C’est de toi que nous avons reçu nos enseignements.
On m’a conditionnée à mépriser mon peuple et à me fermer émotionnellement à notre relation, simplement parce que nous avions toutes les deux la peau brune et que c’est ce que m’avait enseigné l’Église catholique. Nohkôm, je suis désolée. Je suis qui je suis aujourd’hui grâce à toi et à d’autres kokums. Vous êtes le fondement de nos vies, de nos liens familiaux, de notre identité collective, de nos familles et de nos communautés.
Je suis maintenant moi-même une kokum, et je veux me racheter en réfléchissant à ce que tu m’as enseigné et en le mettant en pratique. Kinanâskomitin. Merci.