DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — La Journée des vétérans autochtones
6 novembre 2025
Honorables sénateurs, je prends la parole aujourd’hui pour souligner la Journée des vétérans autochtones, qui a lieu le 8 novembre, et pour rendre hommage à une unité militaire d’élite composée de locuteurs cris qui ont combattu durant la Seconde Guerre mondiale et qui étaient connus sous le nom de « transmetteurs de messages codés ».
Cette unité était chargée de mettre au point un système codé fondé sur la langue crie afin de communiquer discrètement des renseignements militaires. Les transmetteurs de messages codés traduisaient des messages qui contenaient des informations cruciales sur les plans des Alliés, notamment les ordres de mouvement de troupes et l’identification des lignes de ravitaillement ou des avions qui devaient effectuer des bombardements depuis l’Angleterre.
Les messages étaient traduits en cri et ensuite envoyés sur les champs de bataille en Europe, où un autre transmetteur de messages codés les retraduisait en anglais et les transmettait aux commandants militaires. Quelques exemples de mots déguisés incluent iskotew, qui signifie « feu » et qui était le mot-code pour l’avion Spitfire, et pakwatastim, qui signifie « cheval sauvage » et qui désignait l’avion Mustang.
Le code était si élaboré que les soldats ennemis n’ont jamais réussi à le déchiffrer.
À ma connaissance, le gouvernement fédéral n’a jamais officiellement reconnu les services rendus au Canada par les transmetteurs cris de messages codés. En effet, beaucoup d’entre eux restent inconnus. Les transmetteurs de messages codés étaient tenus au secret pendant la guerre, ce qui explique en partie la situation. Ce n’est qu’en 2003 qu’un transmetteur de messages codés du nom de Charles Tomkins a accordé une entrevue au Smithsonian pour une exposition sur les célèbres transmetteurs navajos de messages codés.
Nous connaissons le nom d’autres transmetteurs cris de messages codés qui faisaient partie de l’entourage immédiat de Charles Tomkins, notamment son frère, Peter Tomkins, son demi-frère, John Smith, et ses amis Archie Plante et Walter McDermott. Cependant, beaucoup d’autres restent inconnus.
On estime qu’environ 4 300 hommes des Premières Nations ont combattu lors de la Seconde Guerre mondiale. S’engager dans les forces armées n’était pas une décision facile à prendre pour beaucoup d’entre eux, car ils étaient confrontés à des politiques de recrutement racistes.
La majorité d’entre eux ont été recrutés dans l’armée canadienne, mais ils ont été exclus de l’Aviation royale canadienne et de la Marine royale canadienne. L’enrôlement dans l’Aviation royale canadienne était réservé aux « sujets britanniques d’ascendance européenne pure » jusqu’en 1942, et, la Marine royale canadienne, elle, n’acceptait que les personnes « d’ascendance européenne pure et de race blanche » jusqu’en 1943.
En outre, certains hommes des Premières Nations ont été critiqués par leur communauté pour avoir participé à l’effort de guerre.
Chers collègues, j’estime qu’il est temps de reconnaître le sacrifice que ces personnes ont consenti pour l’effort de guerre. À une époque où l’histoire risque d’être réécrite dans des pays comme les États-Unis, il nous incombe de garder bien vivante la mémoire de ces soldats et de nous souvenir de leurs efforts.
À l’occasion de la Journée des vétérans autochtones, prenons un moment pour nous souvenir des sacrifices et du service de ces courageuses personnes qui se sont battues pour défendre le Canada.
N’oublions jamais. Merci.