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Le rôle essentiel de l’activité physique et du sport

Interpellation--Suite du débat

14 avril 2026


Honorables sénateurs, permettez-moi tout d’abord de remercier les sénatrices Deacon, McBean et Petitclerc, les instigatrices de cette interpellation sur le rôle essentiel que jouent l’activité physique et le sport dans notre bien-être et celui de nos communautés.

Je veux également saluer l’ensemble des honorables sénateurs et sénatrices qui ont pris la parole avant moi. Vos interventions ont rappelé, chacune à leur manière, combien le sport constitue un sujet riche, qu’on l’aborde à travers les leçons de résilience, la force du travail d’équipe ou encore l’apprivoisement des émotions, comme la peur et le doute, qu’on le considère comme un lieu de rassemblement ou un champ d’expérience et de réflexion d’une grande richesse.

Chers collègues, entendre vos récits, c’est aussi découvrir une facette de qui vous êtes et de ce qui vous a façonnés et comprendre certaines de vos valeurs les plus profondes.

Chers collègues, je n’ai pas de carrière sportive de haut niveau dont je peux me vanter aujourd’hui, mais le sport a toujours fait partie de ma vie. C’est à partir de cette perspective très personnelle que j’aimerais contribuer à la discussion sur le sport et l’activité physique en tant que mode de vie ancré dans la stabilité, dans la continuité, dans cet acte quotidien de bouger qui façonne à la fois le corps et l’esprit.

Contrairement à une vision qui met parfois l’accent sur la performance comme objectif, la mienne s’inscrit dans une approche holistique. Pour moi, l’activité physique fait partie des besoins naturels de l’être humain : bouger, respirer, se dépasser un peu, mais surtout, se tailler un espace pour soi.

Le sport n’a jamais été une corvée ni quelque chose que je devais accomplir. C’était avant tout un moyen de m’amuser. Lorsque j’étais enfant, jouer dehors signifiait bouger, courir, inventer des jeux et s’essouffler sans même s’en rendre compte. C’était une façon naturelle d’être actif, intimement liée à la liberté et au plaisir. Ce lien avec le mouvement ne m’a jamais quitté.

À l’adolescence, l’activité physique a pris une nouvelle forme lorsque j’ai décidé d’en faire une partie intégrante de ma routine quotidienne. Pendant mes quatre années d’études secondaires, en plus de marcher pour aller à l’école, je courais cinq kilomètres tous les matins à 7 h. La piste de course avait été aménagée dans les couloirs de l’école — oui, on nous laissait courir dans les couloirs —, ce qui nous permettait de courir, beau temps mauvais temps, avant l’arrivée des professeurs et des autres élèves.

Vers l’âge de 16 ans, j’ai découvert le ski alpin. Avec des amis, nous allions à Camp Fortune, un centre de ski de la région de l’Outaouais. Nous passions nos week-ends et tous nos congés scolaires à faire du ski. Mes plus beaux hivers d’adolescence, je les ai passés sur les pentes de ski. Ce sport, je le pratique encore aujourd’hui avec engouement et plaisir.

À l’âge adulte, le mouvement est devenu un fil conducteur essentiel. Le patin, la course à pied, la natation, puis le vélo de route : voilà autant d’activités qui n’ont jamais été des obligations, mais des repères.

Quand j’étais enceinte, je nageais cinq jours par semaine. Pendant plus de 20 ans, je me suis rendu au travail avec un vélo de route d’avril à décembre. J’ai recommencé à courir lorsque je suis devenue PDG. Aujourd’hui, j’essaie de marcher presque tous les jours. Je marche entre trois et cinq kilomètres par jour tout en écoutant des balados.

Ce mode de vie m’a façonnée. Il m’a appris la persévérance et le travail acharné. La performance n’est pas une fin en soi, mais une étape parmi tant d’autres dans un parcours personnel. Il m’a également incité à transmettre ce legs à mes enfants.

À cet égard, je voudrais reprendre les observations pertinentes de notre collègue, le sénateur Kutcher, qui nous a rappelé qu’il appartient fondamentalement à chacun d’être responsable de sa santé. Personne ne peut prendre soin de notre corps à notre place. Je partage pleinement cette conviction. L’importance de transmettre à nos enfants non seulement le plaisir de bouger, mais aussi la conviction profonde que le sport et l’activité physique sont intimement liés à la santé et au bien-être véritables, voilà qui a touché une corde sensible chez moi, en tant que mère. Loin d’être un fardeau, le sport et l’activité physique sont un cadeau précieux que l’on se fait à soi-même. C’est ainsi que le sport et l’activité physique se sont imposés comme un ingrédient essentiel de notre vie familiale, et ils le sont demeurés au fil des ans. En transmettant cette joie de bouger, nous avons permis à chaque membre de la famille de faire ses propres choix d’activité physique tout en passant de beaux moments en famille.

Mes enfants font du ski, de la planche à neige et du patin. Ils jouent au hockey, ils courent, ils font du vélo et ils vont marcher dans les bois. C’est au cœur de ce mode de vie familiale que le potentiel éducatif et formateur du sport se réalise. Derrière chaque activité physique se cachent l’apprentissage de l’effort, l’acceptation de la défaite et le développement de qualités comme la résilience, la capacité de concentration, la persévérance et le courage.

J’ai toujours souhaité que mes enfants prennent ces leçons à cœur et les considèrent comme des repères appelés à les accompagner tout au long de leur vie. Je constate aujourd’hui que ce principe directeur est bien ancré dans leur quotidien et qu’il commence désormais à s’exprimer dans la vie de mes petits-enfants.

N’oublions pas que c’est grâce à notre lien avec la nature que ces enseignements liés au sport et à l’activité physique prennent forme et s’épanouissent.

J’aimerais vous mentionner que j’ai fait des voyages avec certains de mes enfants. Jusqu’à maintenant, je suis allée aux Açores et je suis allée y marcher. Tous les jours, nous marchions 15 kilomètres; nous avons découvert les Açores, mais d’une façon différente. Je pense à faire un autre voyage dans les Dolomites, encore pour aller marcher dans les montagnes, et je cherche aussi à faire la même chose au mont Blanc pour visiter la Suisse, l’Italie et la France. Si certains d’entre vous sont intéressés à marcher, faites-le-moi savoir et on pourrait peut-être organiser un voyage d’une semaine à 10 jours pour aller marcher dans les Alpes. Si cela vous intéresse, je vous invite. Vous paierez votre voyage, mais on peut le faire ensemble.

Au Canada, nous avons la chance extraordinaire d’habiter un pays où les saisons nous invitent, chacune à leur manière, à renouer avec le mouvement : le ski et le patin au cœur de l’hiver, la course à pied dès que les trottoirs sont dégagés, le vélo au printemps, la nage dans nos lacs l’été, la randonnée lorsque les feuilles rougissent. Ce cycle saisonnier reflète, à sa façon, la diversité même de l’activité physique. Il nous offre des occasions constantes de bouger et de redécouvrir notre territoire.

En terminant, et alors que je viens de faire l’éloge de l’activité physique au fil de nos saisons, je ferai quand même un clin d’œil à cette fameuse entre-saison qui, chaque année, s’étire un peu trop. Cet hiver qui s’obstine et ne veut plus s’en aller est le moment idéal pour enfiler ses bottes de marche et profiter des journées qui rallongent pour se remettre tranquillement à bouger.

Puissiez-vous retrouver ce plaisir naturel de bouger dehors, avec la douceur printanière, non pas par discipline et obligation, mais simplement pour la joie et le bien-être que cela procure.

Je vous remercie de votre attention.

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