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DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — Hommages

L'honorable Donna Dasko

9 juin 2026


L’honorable Lucie Moncion [ - ]

Honorables sénateurs, j’ai aujourd’hui le plaisir, au nom du Groupe des sénateurs indépendants, de rendre hommage à notre collègue et amie, la sénatrice Donna Dasko, qui s’apprête à prendre sa retraite du Sénat du Canada.

Depuis sa nomination, en 2018, la sénatrice Dasko a fait profiter notre institution d’une combinaison extraordinaire d’intelligence, d’intégrité et de sens du devoir public.

Tout au long de sa distinguée carrière comme l’une des plus brillantes chercheuses sur l’opinion publique du Canada, elle a aidé ses compatriotes à mieux se comprendre et à mieux saisir les enjeux qui façonnent leur pays. Au Sénat, elle a poursuivi son travail avec la même rigueur et le même attachement aux décisions fondées sur les faits.

Quel que soit le sujet, la sénatrice Dasko aura été l’une des voix les plus pertinentes et les plus influentes de notre assemblée, des institutions démocratiques aux politiques publiques en passant par l’égalité hommes-femmes et l’inclusion sociale.

Depuis qu’elle a fondé l’organisme à but non lucratif À voix égales, en 2001, elle a contribué à convaincre toute une génération de femmes de participer à la vie publique et de se faire élire au Parlement.

Au sein du Groupe des sénateurs indépendants, Donna était une collègue appréciée dont la sagesse et la générosité ont enrichi notre travail et ont énormément contribué à la modernisation et à l’indépendance du Sénat. Elle était toujours prête à faire profiter les autres de son expertise et à contribuer de manière constructive aux délibérations qui font la force de notre assemblée.

Ce qui la distingue par-dessus tout, cela dit, c’est l’esprit dans lequel elle a abordé ses responsabilités. Elle a fait la preuve que le service public est à son meilleur lorsqu’il repose sur des principes, qu’il s’en tient aux faits et qu’il est teinté d’humilité et de respect.

Sénatrice Dasko, maintenant que s’achève votre passage au Sénat, nous vous remercions de tout ce que vous avez fait pour cette institution et pour le Canada. Votre héritage se perpétuera dans les débats que vous avez contribué à façonner et dans les politiques que vous avez améliorées. Vos réalisations constituent un exemple pour nous tous et elles continueront de trouver écho auprès des Canadiennes, de plus en plus nombreuses, qui se lancent en politique et de se faire sentir dans la marque qu’elles laisseront dans nos vies.

Au-delà de vos admirables réalisations, nous nous souviendrons également de votre sens de l’humour, de votre bienveillance, de votre prévenance, mais aussi de votre chaleur et de l’aura de positivité qui vous accompagnait où que vous soyez. Grâce à votre rire et à votre esprit enjoué, travailler avec vous n’était pas seulement utile, mais sincèrement agréable.

Nous vous souhaitons tout le bonheur et tout de succès du monde pour ce prochain chapitre de votre vie. Puissiez-vous le vivre en bonne santé et avec la satisfaction de savoir que vous avez servi votre pays avec distinction.

Vous nous manquerez. Merci.

L’honorable Pierre Moreau (représentant du gouvernement au Sénat) [ - ]

Honorables sénateurs, replacer le mobilier du Sénat a fait en sorte que nous avons perdu un peu d’espace, je dois vous le dire. Lorsque nous nous levons, nous nous en rendons compte.

Honorables sénateurs, je prends la parole au nom du Bureau du représentant du gouvernement pour rendre hommage à notre collègue, l’honorable sénatrice Donna Dasko.

De par ses antécédents professionnels dans le milieu de la recherche et des sondages, nous savons déjà que la sénatrice Dasko aime les chiffres. En voici donc quelques-uns pour illustrer le temps qu’elle a passé au Sénat.

La sénatrice Dasko, qui a été nommée il y a 2 926 jours au Sénat, a pris la parole 70 fois pour poser des questions au gouvernement. Elle a prononcé 42 discours sur des projets de loi et elle a fait 23 déclarations pour souligner des événements spéciaux.

Les sondages sont des outils scientifiques importants qui nous permettent d’éliminer les préjugés et les idées préconçues et d’avoir un aperçu de ce que pensent nos concitoyens. La sénatrice Dasko, qui sait que la qualité des données est tout aussi importante que la qualité de l’analyse, a ainsi fait profiter le Sénat de son savoir-faire. De façon exemplaire, elle s’est servie d’échantillons de l’opinion publique pour étayer ses travaux sans se laisser abattre par les premières réactions d’irritation ni se laisser aveugler par une popularité très volatile. Lorsque la sénatrice Dasko présente des statistiques, elle le fait toujours avec nuance et perspicacité en ayant tout à fait conscience des richesses et des limites de ces données.

Lors de ses interventions, la sénatrice Dasko nous a souvent rappelé que nous avons le devoir de préserver la liberté dans le monde et de défendre les Ukrainiens qui se battent pour leur souveraineté.

Qu’il s’agisse de malbouffe, de nicotine ou de la réglementation des médias, la sénatrice Dasko a toujours été fermement convaincue que, lorsqu’ils sont bien informés, les Canadiens savent faire les bons choix. Grâce à ses efforts soutenus, les Canadiens peuvent consulter les étiquettes indiquant le contenu potentiellement nocif des produits alimentaires pour faire de meilleurs choix; les médias d’information peuvent aussi se livrer concurrence sur un pied d’égalité.

Dans son premier discours sur une mesure législative, la sénatrice Dasko a rappelé ceci :

Si pour beaucoup [les institutions peuvent offrir] confort et stabilité, pour d’autres, elle[s sont] synonyme[s] de malheur et de contrainte.

Cette citation illustre parfaitement de travail de la sénatrice Dasko au Sénat, où elle n’a pas seulement cherché à faire cheminer ses collègues, mais aussi l’ensemble du Sénat afin de mieux servir les intérêts des Canadiens.

Elle s’est donc intéressée au Parlement lorsqu’elle a cofondé À voix égales. À l’époque, en 2011, 20 % des députés et 33 % des sénateurs étaient des femmes. Vingt-cinq ans plus tard, les femmes représentent 31 % des députés et 56 % des sénateurs. Douze femmes sont devenues premières ministres. Les efforts de la sénatrice Dasko pour favoriser la présence des femmes en politique laisseront encore longtemps une trace dans la société, car les femmes que ses travaux ont inspirées continuent d’apporter leur propre contribution à la société.

Enfin, il est important de souligner une statistique concernant la sénatrice Dasko qui ferait rougir d’envie même les plus confiants d’entre nous. En plus de ses fonctions de parlementaires, la sénatrice Dasko a fait du bénévolat auprès de six organismes, et c’est peut-être un chiffre inférieur à la réalité. Qu’elle soit épuisée ou non après ses longues journées de travail, la sénatrice Dasko se présentait aux réunions et était heureuse de fournir ses idées et d’appuyer des causes importantes.

Sénatrice Dasko, je vous souhaite la retraite la plus heureuse qui soit et j’espère que, tandis que vous profiterez tranquillement de vos après-midis en sirotant une boisson dont l’étiquette indique clairement qu’elle est bonne pour la santé, les seules statistiques que vous continuerez à suivre seront celles de vos matchs de tennis.

L’honorable Leo Housakos (leader de l’opposition) [ - ]

Honorables sénateurs, je prends la parole aujourd’hui pour rendre hommage à notre collègue et amie, la sénatrice Donna Dasko, qui s’apprête à clore le présent chapitre de sa carrière.

La sénatrice Dasko est arrivée au Sénat en 2018, alors qu’elle était l’une des voix les plus respectées du pays dans l’opinion publique. Estimée cheffe d’entreprise et ardente défenseure de la représentation des femmes, elle avait cofondé l’organisme À voix égales.

Elle a passé des dizaines d’années à la tête du groupe Environics, où elle suivait et analysait les grands changements de politiques publiques qui façonnent notre pays. Elle a fait preuve du même souci des données, des faits et de la recherche rigoureuse lors des travaux du Sénat et de ses comités.

Elle était très bien outillée pour apporter son immense expérience et ses convictions profondes à la mosaïque de parcours, d’idéologies et de principes solidement ancrés qui caractérisent notre assemblée.

Ce n’est un secret pour personne, honorables collègues, et encore moins pour la sénatrice Dasko elle-même, qu’elle et moi ne sommes pas souvent d’accord sur les questions fondamentales qui déterminent les politiques publiques. Nous appartenons à des écoles de pensée différentes, et je pense qu’il est juste de dire que nous avons passé les huit dernières années à essayer de sauver le pays des idées de l’autre.

Je plaisante, honorables sénateurs. Reste que nous avons toujours cru, tous les deux, qu’un véritable service public ne se résume pas à une belle entente lisse. C’est une question de débat intègre. C’est exactement ainsi que la sénatrice Dasko a abordé toutes les questions dans cette enceinte et au Comité sénatorial permanent des transports et des communications, où j’ai eu le privilège de travailler en étroite collaboration avec elle.

La sénatrice Dasko a prouvé qu’elle est une parlementaire extrêmement attachée à ses principes. On sait toujours exactement où elle loge, non pas parce qu’elle est rigide, mais parce que ses positions reposent sur une base solide faite de recherches rigoureuses, d’une intelligence fine et d’un engagement inébranlable envers le bien public. Même lorsque nous n’étions pas d’accord sur les principes de base, j’ai toujours eu le plus grand respect pour sa position fondée sur des principes et son engagement envers cette institution.

Il nous est aussi arrivé, à l’occasion, de trouver un terrain d’entente. À mon avis, c’est ce qu’elle a constaté récemment dans le cadre de son travail essentiel sur le projet de loi S-214. Son initiative, qui vise à obliger les États étrangers à rendre des comptes sur le plan financier par la saisie et l’aliénation de leurs biens, témoigne de sa clairvoyance. Le projet de loi est précis, il arrive à point nommé et il est fondé sur des principes très forts. Je pense que c’était la meilleure façon pour elle de clore une merveilleuse carrière au sein de cette institution.

Sénatrice Dasko, le Sénat excelle quand il est rempli de personnes qui nous mettent au défi d’être plus affûtés, mieux préparés et plus axés sur les données probantes. C’est certainement ce que vous avez fait depuis que vous êtes ici, et cette institution ne s’en porte que mieux.

Au nom du caucus conservateur du Sénat, je vous remercie des services que vous avez rendus à l’Ontario, au Sénat et au Canada. Je vous souhaite, à vous, à vos enfants et à votre famille, la meilleure des chances dans les prochains chapitres de votre vie. Merci beaucoup.

L’honorable Flordeliz (Gigi) Osler

Honorables sénateurs, je prends la parole aujourd’hui pour rendre hommage à la sénatrice Donna Dasko, une collègue qui a non seulement contribué à façonner la législation, mais qui a également influencé les législateurs de tout le pays.

La sénatrice Dasko est depuis longtemps une ardente défenseure de la représentation des femmes en politique. Lorsque le premier ministre a annoncé sa nomination au Sénat le 6 juin 2018, il l’a décrite comme une :

[...] sociologue, chef d’entreprise et l’une des spécialistes canadiennes en sondages les plus reconnues et respectées. Grande défenseure de l’égalité des sexes, Mme Dasko est cofondatrice et ancienne présidente nationale d’À voix égales. Elle a également contribué au lancement de la Campagne en faveur d’un Sénat égal au Canada.

Cette campagne est un mouvement lancé en 2015 dans le but d’atteindre la parité hommes-femmes au Sénat du Canada.

En 2018, au moment de sa nomination, les femmes ne représentaient que le tiers des sénateurs. En regardant autour de nous aujourd’hui, on constate que les femmes représentent maintenant plus de la moitié des sénateurs.

Pour la sénatrice Dasko, la parité hommes-femmes n’est pas seulement une question des chiffres, mais un élément fondamental de la démocratie.

Dans une entrevue accordée en 2024, elle a déclaré : « Nos voix devraient être représentées dans nos Parlements proportionnellement à notre population. » Elle a ajouté : « C’est en fait un principe de la démocratie et, ces jours-ci, la démocratie bat de l’aile partout dans le monde. »

L’une des qualités que j’admire le plus chez elle est sa capacité à prêter sa voix aux causes les plus importantes, sa défense de l’Ukraine étant le meilleur exemple qui soit. En tant que fière Ukraino-Canadienne de troisième génération, la sénatrice Dasko est demeurée profondément attachée à l’Ukraine, dont elle est une ardente défenseure. Elle n’a d’ailleurs pas cessé de ramener le sujet sur le tapis afin que ni le Parlement ni les Canadiens ne perdent de vue les conséquences humaines de la guerre qui se déroule là-bas. Son soutien n’est pas que symbolique, mais réfléchi, durable et profondément sincère.

Cette persévérance en dit long sur le caractère de la sénatrice Dasko.

Le Sénat gagne énormément à compter dans ses rangs des personnes qui amènent leur expertise avec eux. Et c’est encore plus vrai quand cette expertise se conjugue avec l’humilité, exactement comme dans le cas de la sénatrice Dasko.

En terminant, laissez-moi vous raconter une anecdote. Il y a déjà un certain temps, j’ai rencontré quelqu’un qui m’a dit avoir eu la grande joie de faire la connaissance d’une sénatrice du Manitoba. Quand je lui ai demandé de qui il s’agissait et que j’ai commencé à nommer tous nos collègues qui représentent cette province, cette personne m’a dit : « Non, pas eux. J’ai rencontré la sénatrice Donna Dasko! »

C’est que, voyez-vous, la sénatrice Dasko est née et elle a grandi au Manitoba. Et même si elle est partie pour d’autres cieux, je sais que son cœur est encore en bonne partie dans sa ville natale, Winnipeg.

Sénatrice Dasko, au nom de vos collègues du Groupe des sénateurs canadiens, je vous souhaite le meilleur pour votre retraite du Sénat — et je nous souhaite, à moi et à tous les Manitobains, le plaisir de vous revoir bientôt chez nous.

L’honorable Andrew Cardozo [ - ]

Honorables sénateurs, j’ai le plaisir de rendre hommage, moi aussi, à la sénatrice Donna Dasko, et ce, au nom du Groupe progressiste du Sénat.

Je connais bien les travaux de la sénatrice, car je les suis depuis longtemps, mais si j’ai demandé de rendre le présent hommage, c’est parce que j’ai le grand bonheur d’avoir noué de bons liens d’amitié avec elle depuis que je la côtoie au Sénat. Nous avons travaillé ensemble pour faire avancer les dossiers de l’indépendance du Sénat, du rôle des groupes de réflexion, de la vigueur des médias d’information, de la démocratie et d’un certain nombre de choses auxquelles le sénateur Housakos s’oppose.

Je dis cela sans méchanceté, sénateur Housakos.

J’ai toujours bien aimé son attitude collaborative et accueillante, son énorme expérience et la rigueur avec laquelle elle sait étayer ses idées. J’ai particulièrement aimé travailler avec elle au Comité des transports et des communications, notamment dans le dossier de CBC/Radio-Canada et des nouvelles régionales.

Depuis huit ans et quatre jours, la sénatrice Dasko sert son pays au Sénat. En fait, elle l’a fait toute sa vie en écoutant avec attention les Canadiens et en faisant bénéficier l’examen législatif de sa vaste expertise sociologique.

Des dizaines d’années durant, lorsque les gens voulaient connaître l’avis de la population canadienne, ils consultaient les travaux de Donna Dasko à titre de première vice-présidente du groupe Environics Research.

Ici même, comme d’autres l’ont dit avant moi, elle a parlé de l’égalité entre les sexes au Canada et elle s’est faite la défenseure absolue des droits des femmes. Elle a cofondé l’organisme À voix égales, qui cherche à faire élire davantage de femmes dans toutes les sphères politiques du pays.

Qu’il s’agisse de réclamer une analyse comparative entre les sexes dans le processus budgétaire, de présenter des projets de loi visant à moderniser les statistiques nationales ou de promouvoir la participation des femmes dans la vie politique canadienne, ses interventions politiques au Sénat font partie de son héritage exceptionnel en matière d’égalité.

Elle se souciait profondément non seulement de ce que fait le Sénat, mais aussi de la façon dont les Canadiens comprennent cette institution et lui font confiance.

Elle a récemment commandé un sondage d’opinion, qui a été réalisé par Nanos Research et qui a révélé que 79 % des Canadiens préfèrent le processus indépendant de nomination des sénateurs, comparativement à 5 % qui veulent revenir à l’ancien système partisan, ce qui constitue un dernier clin d’œil important à la réforme des 10 dernières années.

La sénatrice Dasko s’est servie de sa voix pour souligner l’importance de défendre la souveraineté de l’Ukraine, de renforcer l’aide humanitaire et militaire du Canada et de maintenir les sanctions en réponse à l’agression russe.

Honorables sénateurs, je suis particulièrement heureux qu’elle coparraine avec moi et quelques députés une journée de rencontres de groupes de réflexion sur la Colline en septembre prochain, et elle sera de retour pour cette activité.

Donna, je vous remercie de vos décennies de service public, de votre dévouement envers la vérité et de votre travail inlassable pour bâtir un Canada équitable, inclusif, digne de confiance et démocratique. Nous vous offrons nos meilleurs vœux pour votre prochaine carrière.

L’honorable Paula Simons [ - ]

Voici ma question : dans quelle mesure êtes-vous déçu que Donna Dasko prenne sa retraite du Sénat? A) Je suis très déçu. B) Je suis un peu déçu. C) Je ne suis ni déçu ni heureux. D) Je prends son départ avec philosophie. E) Je suis résigné et stoïque.

Sur une échelle de 1 à 10, 1 signifiant « pas du tout » et 10 signifiant « énormément », à quel point allez-vous vous ennuyer du charme, du sens aigu de l’analyse, de l’enthousiasme intellectuel et de l’humour sarcastique de la sénatrice Dasko?

Au sens littéral, l’étoile Polaire est l’étoile du Nord ou Polaris. Au sens figuré, c’est :

une personne qui sert de guide; un principe directeur; un phare; un centre d’attraction.

Au cours des huit dernières années, Donna Dasko n’a pas seulement été notre étoile des sondages, elle a été l’étoile du Sénat du Canada. Elle a été un guide moral, qu’il s’agisse de défendre l’Ukraine, d’encourager plus de femmes à se porter candidates à des élections ou de plaider en faveur de l’indépendance du Sénat, tout cela à l’aide des résultats de ses derniers sondages. Elle a été un phare dans les dossiers de la sécurité nationale, de l’avenir de l’OTAN, de la protection de la vie privée ainsi que de la protection du Nord canadien.

On peut aussi dire qu’elle est un centre d’attraction. En effet, elle assiste inlassablement à des conférences, à des réceptions et à des soirées. Chaque fois que j’allais quelque part avec Donna, j’étais ébahie de constater qu’elle connaissait tout le monde et que tout le monde la connaissait. J’étais gênée et embarrassée, je manipulais gauchement mes petits fours et, à coup sûr, je faisais tomber de la nourriture sur mes vêtements, alors qu’elle était entourée de sa cour, discutant avec tout le monde avec grâce et assurance.

Quand j’ai été nommée au Sénat, je ne m’attendais pas du tout à y nouer des amitiés profondes, mais Donna Dasko, Julie Miville-Dechêne et moi sommes rapidement devenues comme les trois mousquetaires. Il y a longtemps, en 2019, dans son discours sur le projet de loi C-48, Donna a parlé des liens d’amitié étroits que nous avions forgés pendant les déplacements du comité à Prince Rupert et à Terrace, en Colombie-Britannique. Ces liens n’ont cessé de s’approfondir au cours des années qui ont suivi. Nous faisions de longues promenades toutes les trois, nous discutions de politiques publiques et nous partagions des frites haut de gamme chez Zoe’s, un lieu situé au cœur de l’action où on peut voir et être vu, et où Donna insistait pour que nous dînions le mercredi soir, après la réunion de notre comité.

Donna et moi pouvions aussi bien débattre de la politique canadienne en matière de radiodiffusion ou que nous extasier sur notre amour commun pour les plats ukrainiens, nos discussions n’étaient jamais ennuyantes et, j’ose espérer, jamais ennuyeuses. Nous étions deux filles des Prairies ayant des racines en Europe de l’Est, une qui venait de Winnipeg et l’autre d’Edmonton, et nous avions encore du mal à croire à la chance que nous avions de servir les Canadiens dans cette enceinte.

Sur une échelle de 1 à 10, je vais m’ennuyer de Donna au niveau 100. Cette enceinte sera un lieu beaucoup moins intéressant sans son courage politique, son esprit vif, son raisonnement logique, son dévouement sans borne pour l’égalité et sa capacité infaillible à trouver les meilleures soirées.

L’honorable Yuen Pau Woo [ - ]

Honorables sénateurs, je me joins à d’autres pour rendre hommage à la sénatrice Dasko, qui, tout au long de sa vie, a apporté sa contribution à l’égalité des droits, à la participation politique, aux sondages et à l’élaboration des lois.

Quel est le fil conducteur qui relie le travail qu’elle a accompli dans ces différents domaines? La réponse évidente, c’est son engagement à l’égard de la justice sociale, de la démocratie et de la bonne gouvernance, qu’elle a su promouvoir de multiples façons.

Cependant, je pense qu’il y a une explication plus profonde qui est liée à sa formation. La sénatrice Dasko a un doctorat en sociologie et possède cette faculté de la pensée que le célèbre sociologue C. Wright Mills appelle « l’imagination sociologique ». C’est la capacité à faire la distinction entre ce que Mills appelle les « troubles » des personnes et les « problèmes » auxquels les sociétés sont confrontées. Mills voyait le potentiel de la sociologie en tant que discipline capable d’imaginer et d’anticiper l’avenir.

Cela décrit parfaitement Donna Dasko, qui, dans le cadre de ses efforts en matière d’égalité des droits, notamment en ce qui concerne la représentation des femmes en politique, a imaginé un avenir meilleur, et elle ne s’est pas contentée de l’anticiper; elle a agi pour le concrétiser grâce à l’organisme À voix égales, dont elle est cofondatrice.

La sociologue en la sénatrice Dasko percevait les obstacles auxquels se heurtaient les femmes qui aspiraient à occuper des fonctions politiques, ainsi que le problème collectif lié au manque de représentation féminine en politique. Elle est devenue partie intégrante de la solution lorsqu’elle a été nommée à la Chambre haute en 2018, portant alors la proportion de femmes au Sénat à un niveau record de 45 %. Même si le Sénat a aujourd’hui atteint la parité hommes-femmes, la sénatrice Dasko continue de travailler à l’établissement des fondements d’une représentation équitable au moyen de son projet de loi S-213, qui demande au directeur général des élections de fournir davantage de données démographiques.

Ses centres d’intérêt en matière législative rejoignent la pensée de Jürgen Habermas, autre figure majeure de la sociologie. Ce dernier était convaincu de l’importance de la sphère publique et du rôle du débat national dans l’élaboration des politiques publiques. Si vous vous êtes déjà demandé pourquoi la sénatrice Dasko est si fascinée par les débats des chefs en période électorale, la réponse réside dans sa formation en sociologie.

Un autre sociologue de renom, Anthony Giddens, a un jour décrit les sondages comme faisant l’objet d’une « double herméneutique », la première herméneutique consistant en l’interprétation des données du sondage, et la seconde, en la manière dont les résultats du sondage peuvent influencer l’issue de l’enjeu en question. Non seulement la sénatrice Dasko comprend cette double herméneutique, mais elle a, dans ses sondages d’opinion sur le Sénat, ajouté une troisième herméneutique, à savoir le recours à son propre pouvoir d’action et à son engagement politique pour favoriser un Sénat plus indépendant.

Sans son sondage sur la perception du public à l’égard du Sénat, nous ne saurions pas qu’en 2026, 79 % des Canadiens veulent que les futurs gouvernements continuent de choisir des sénateurs indépendants ou que, pour la première fois en une décennie de sondages, les impressions positives de la Chambre haute l’emportent sur les impressions négatives.

C’est l’herméneutique triple de la sénatrice Dasko dans son travail au Sénat qui a contribué, en partie, à l’amélioration constante de la perception du public à l’égard de la Chambre haute.

Je ne sais pas quand un autre sociologue et sondeur sera nommé au Sénat, mais, dans le cas de la sénatrice Dasko, nous avons eu le privilège d’avoir quelqu’un qui a intégré sa formation d’experte aux travaux de la Chambre haute au moment même où les changements apportés au processus de nomination au Sénat permettaient de tirer efficacement profit de ces compétences.

Tu nous manqueras, Donna, mais tu nous as appris à faire preuve d’« imagination sociologique », et nous ferons de notre mieux pour être à la hauteur de ton exemple.

L’honorable Mary Coyle [ - ]

Honorables sénateurs, la nomination de Donna Dasko au Sénat a été un grand jour pour la population canadienne. Sénatrice intelligente et vaillante, elle a apporté une contribution significative aux travaux du Sénat au cours des huit années qu’elle a passées parmi nous. Permettez-moi également de souligner à quel point c’est une personne honnête et charmante.

Elle est arrivée forte d’une brillante carrière parmi les sondeurs et chercheurs en opinion publique les plus connus du Canada, ayant travaillé au sein d’Environics Research Group. Titulaire d’un doctorat de l’Université de Toronto, elle est devenue membre de la Munk School of Global Affairs & Public Policy et elle y a enseigné.

Ici, elle s’est fait la championne d’une réforme du Sénat, estimant qu’une modernisation appropriée est nécessaire pour préserver et renforcer la confiance du public dans notre institution. Dans son discours sur la motion no 165, elle a dit :

[...] la plupart des Canadiens veulent simplement que les sénateurs agissent dans l’intérêt supérieur de la population canadienne, quelles que soient leurs allégeances politiques.

La sénatrice Dasko est une ardente défenseure du peuple ukrainien, en promouvant la culture ukrainienne, en mettant en lumière des exemples historiques de tragédie et de résilience — notamment en évoquant l’Holodomor — et en défendant la liberté, la souveraineté et la démocratie de l’Ukraine face à l’invasion illégale et immorale menée actuellement par la Russie. Le fait que la sénatrice Dasko ait récemment parrainé le projet de loi S-214, Loi modifiant la Loi sur les mesures économiques spéciales à l’égard de la disposition des biens d’un État étranger, n’est qu’un exemple parmi d’autres de ses efforts inlassables.

Je terminerai en soulignant combien la sénatrice Dasko a travaillé fort pour améliorer la légitimité démocratique de nos institutions et la confiance que celles-ci inspirent à la population en favorisant l’inclusion des femmes. Ces deux éléments sont interconnectés.

Avant d’être nommée au Sénat, elle a cofondé À voix égales, une des organisations non partisanes les plus influentes du Canada, qui soutient l’élection des femmes à des charges publiques. Elle en a été la présidente nationale. Elle a également cofondé la Campagne pour un Sénat du Canada à représentation égale, qui militait pour la parité hommes-femmes à la Chambre haute. Ce fut un grand succès, Donna. Brava!

Tout au long de sa carrière, elle a œuvré auprès du Fonds d’action et d’éducation juridique pour les femmes, qui a pour objectif de créer l’égalité hommes-femmes par des moyens législatifs et qui mène de nombreuses autres initiatives portant sur l’accroissement de la participation des femmes en politique.

La sénatrice Dasko a consacré sa carrière à l’avancement des femmes.

En hommage à ma chère collègue et amie Donna, je vous laisse sur ce passage tiré de la pièce Nothing Less!, d’Ami McKay et Ken Schwartz, qui porte sur Nellie McClung — votre sœur — et le droit de vote des femmes :

Oh, mes sœurs, debout, debout!

Faites résonner vos voix sans répit.

Nourrissez vos rêves d’espoir et de passion.

Voyez grand — l’horizon est infini.

Chers collègues, rendons hommage à notre collègue l’honorable Donna Dasko, qui a toujours su voir grand.

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