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Le Sénat

Adoption de la motion tendant à reconnaître le 25 mai de chaque année comme Journée mondiale de l’Afrique

2 juin 2026


L’honorable Amina Gerba [ - ]

Conformément au préavis donné le 26 mai 2026, propose :

Que le Sénat du Canada :

1.reconnaisse officiellement le 25 mai comme Journée mondiale de l’Afrique au Canada, afin de souligner :

a)l’importance des relations entre le Canada et les pays africains;

b)l’apport essentiel des communautés africaines et afrodescendantes à la société canadienne;

c)les valeurs communes de solidarité, de diversité, de paix et de coopération internationale;

2.encourage le gouvernement du Canada et les institutions publiques à souligner cette journée chaque année;

Que cette reconnaissance constitue une première étape vers l’intégration officielle de cette journée au calendrier des journées nationales reconnues par le gouvernement du Canada.

— Honorables sénateurs, je prends la parole aujourd’hui afin de présenter une motion visant à reconnaître le 25 mai comme Journée mondiale de l’Afrique au Canada.

Cette motion est simple dans sa forme, mais importante dans sa portée. Elle nous invite à reconnaître l’apport d’un continent qui occupe une place croissante dans le monde d’aujourd’hui. Elle nous invite également à reconnaître les millions de Canadiennes et de Canadiens d’origine africaine qui contribuent chaque jour à la prospérité, à la diversité et à la vitalité de notre pays.

Cette motion arrive à un moment particulièrement important. En 2025, le Canada a adopté sa toute première Stratégie pour l’Afrique, marquant ainsi sa volonté de renforcer durablement ses liens avec un continent dont l’importance ne cesse de croître sur la scène mondiale.

Reconnaître aujourd’hui la Journée mondiale de l’Afrique, c’est passer de l’intention à l’action. C’est donner un visage humain à cette ambition. C’est affirmer que la relation entre le Canada et l’Afrique repose avant tout sur des peuples, des communautés et des liens qui nous unissent déjà.

Honorables collègues, désigner la Journée mondiale de l’Afrique serait un bon moyen de renforcer cette vision et de montrer que la relation du Canada avec l’Afrique n’est pas seulement une question de diplomatie, de commerce ou de développement, mais aussi une question d’interaction entre des êtres humains, de respect mutuel et de construction d’un avenir commun.

Le 25 mai commémore la création en 1963 de l’Organisation de l’unité africaine, devenue depuis l’Union africaine. Cette date symbolise l’unité, la solidarité et la détermination des peuples africains à bâtir leur avenir commun.

Depuis 63 ans, cette journée est célébrée partout dans le monde pour mettre en lumière la richesse des cultures africaines, la diversité des peuples du continent et les contributions remarquables des diasporas africaines.

Au Canada, cette journée revêt une signification particulière, car l’Afrique n’est pas seulement un partenaire du Canada. Elle fait désormais partie intégrante de notre tissu social. Plus de 1,4 million de Canadiennes et Canadiens ont des racines africaines ou sont d’origine africaine. Par leur travail, leur engagement et leur leadership, ils contribuent chaque jour au dynamisme de notre société. On les retrouve dans tous les secteurs : nos universités, nos hôpitaux, nos entreprises, nos institutions publiques, nos laboratoires, nos organismes communautaires et nos milieux culturels. Ils contribuent à faire progresser notre économie, à enrichir notre démocratie et à renforcer la diversité qui constitue l’une des grandes forces du Canada.

Reconnaître la Journée mondiale de l’Afrique, c’est reconnaître pleinement cette contribution.

La Journée mondiale de l’Afrique serait l’occasion de souligner le rôle important des Canadiens d’origine africaine et des Afro-Canadiens. Nous honorerions ainsi les générations dont le dévouement, la résilience et le travail de chef de file ont contribué à bâtir un Canada plus fort.

Cette reconnaissance est également tournée vers l’avenir. L’Afrique est aujourd’hui l’une des régions les plus dynamiques du monde. Sa population est jeune, sa créativité est remarquable et son influence ne cesse de croître. D’ici 2050, une personne sur quatre dans le monde sera africaine. Cette réalité nous interpelle. L’Afrique n’est pas seulement une partie de notre histoire commune; elle est aussi une part essentielle de notre avenir collectif.

La reconnaissance de la Journée mondiale de l’Afrique représente également une occasion importante d’éducation et de sensibilisation.

Chaque année, cette journée permettrait de mieux faire connaître l’histoire du continent africain, ses grandes civilisations, sa diversité culturelle et linguistique ainsi que les contributions remarquables des Afro-Canadiens.

Trop souvent encore, l’Afrique est présentée à travers des récits incomplets. Pourtant, elle est aussi le berceau de l’humanité, un continent d’innovation, de savoirs et de créativité. Reconnaître cette journée contribuerait à renforcer la compréhension mutuelle et le dialogue entre les communautés qui composent le Canada.

Notre Parlement reconnaît déjà plusieurs mois et journées commémoratives qui témoignent de la diversité de notre société et enrichissent notre mémoire collective.

L’objectif de cette motion est clair : inviter le gouvernement du Canada à reconnaître officiellement le 25 mai comme Journée mondiale de l’Afrique et à l’inscrire au calendrier national, à l’instar des autres journées déjà reconnues. C’est important parce qu’elle reflète la réalité du Canada d’aujourd’hui, parce qu’elle met en lumière des contributions qui méritent d’être davantage reconnues et parce qu’elle ouvre une fenêtre sur un continent dont l’importance pour notre avenir collectif ne fera que croître.

La reconnaissance de cette journée constituerait un geste simple, mais profond.

Les gestes simples peuvent avoir une signification profonde. Ils peuvent être synonymes de reconnaissance, de respect, d’amitié et d’espoir.

Honorables sénatrices et sénateurs, en reconnaissant officiellement la Journée mondiale de l’Afrique, le Canada enverrait un message clair d’ouverture, de respect et de reconnaissance envers les communautés africaines et afrodescendantes qui contribuent à la prospérité de notre pays. Il enverrait également un message fort à un continent avec lequel nous souhaitons approfondir nos relations.

Je vous invite donc, chers collègues, à appuyer cette motion afin que le Canada reconnaisse officiellement le 25 mai comme Journée mondiale de l’Afrique et l’inscrive dans son calendrier national. Je vous remercie.

Honorables sénatrices et sénateurs, je tiens tout d’abord à saluer ma collègue la sénatrice Gerba, qui a donné préavis de cette motion mardi dernier.

C’est un véritable honneur, sénatrice Gerba, de prendre la parole afin de joindre ma voix à la vôtre et d’appuyer la reconnaissance officielle du 25 mai comme Journée mondiale de l’Afrique au Canada.

Le 25 mai 1963 marque un moment fondateur. De nombreux dirigeants venus de tout le continent africain se sont réunis à Addis-Abeba, en Éthiopie, pour donner naissance à l’Organisation de l’unité africaine, qui est devenue depuis l’Union africaine. Cette réunion représentait l’aboutissement d’un long mouvement vers l’indépendance et l’autodétermination.

Ce choix, collectivement appuyé par 32 chefs d’État, reste l’un des actes politiques les plus importants du XXe siècle.

Cette journée a également acquis une dimension mondiale qui va au-delà de ses origines institutionnelles : elle est devenue l’occasion d’un rassemblement annuel.

Des millions de personnes dans le monde se rassemblent pour célébrer ce qui les unit. Cela comprend le patrimoine familial, les liens culturels ou une reconnaissance sincère pour cette richesse et cette diversité. Aujourd’hui, plus de 100 pays soulignent cette journée.

Cette prise de conscience se fait également sentir au Canada. D’un océan à l’autre, des Canadiens entretiennent des liens familiaux, culturels ou personnels avec le continent africain. Ces liens enrichissent le tissu social du Canada et soulignent des valeurs qui nous sont chères, comme la solidarité et la diversité.

La Journée de l’Afrique nous offre une occasion concrète d’exprimer cette solidarité et de démontrer notre engagement à cet égard. Elle met également en lumière la diversité vivante qui enrichit nos collectivités. Le continent africain comprend un éventail extraordinaire de savoirs, de connaissances et de parcours de vie. Derrière cette diversité, il y a des aspirations et des valeurs qui nous rapprochent et nous rappellent notre humanité commune.

Cette journée est également l’occasion de reconnaître les contributions remarquables des communautés africaines et d’ascendance africaine à la vie économique, culturelle, scientifique et sociale du Canada.

Cette réflexion constitue un aspect important pour nos institutions. Le Sénat du Canada, notamment, a pour mission de représenter la diversité de notre —

Son Honneur la Présidente [ - ]

Sénatrice Oudar, je vous demanderais d’attendre un instant, s’il vous plaît.

Pourriez-vous vous assurer de fermer vos cellulaires, ordinateurs portables et iPads, s’il vous plaît? Merci. Vous pouvez reprendre.

Je disais que cette réflexion constitue un aspect important pour nos institutions. Le Sénat du Canada, notamment, a pour mission de représenter la diversité de notre pays, dans ses régions, dans ses communautés et dans les expériences qui composent notre identité collective. Les travaux de cette institution nous invitent à réfléchir à notre richesse. Ils nous amènent à mieux comprendre les événements qui ont marqué d’autres régions du monde et dont l’influence continue de se faire sentir bien au-delà des frontières. C’est dans cette perspective que s’inscrit la reconnaissance officielle de la Journée mondiale de l’Afrique et son intégration au calendrier des journées nationales du Canada.

Je pense aussi à la génération qui nous suit. Cette génération héritera de notre histoire, mais aussi des choix que nous faisons aujourd’hui. Affirmer l’importance des liens entre le Canada et l’Afrique représente un geste qui contribue à renforcer des relations appelées à se perpétuer et à évoluer au fil du temps.

Cette reconnaissance témoigne également des efforts que nous déployons chaque jour pour préserver ce qui vit dans notre société, dont un fondement basé sur le respect et la volonté de travailler ensemble dans un avenir rempli d’espoir.

Les journées de commémoration prennent tout leur sens. Elles créent un espace où la mémoire collective, la reconnaissance et le dialogue peuvent s’inscrire dans la durée. Elles permettent aussi à de nombreuses personnes de voir leur histoire et leurs expériences reconnues comme faisant pleinement partie du Canada.

Honorables sénatrices et sénateurs, le Canada s’est construit à travers une multitude d’histoires qui se rencontrent, se croisent et laissent chacune leur empreinte. Certaines remontent à plusieurs générations. D’autres continuent de s’écrire aujourd’hui. Ensemble, elles composent le pays que nous connaissons et que nous continuons de bâtir. Le 25 mai trouve naturellement sa place dans cette histoire. Il nous rappelle que notre histoire gagne toujours en profondeur quand nous prenons le temps d’y accueillir l’ensemble des voix qui l’ont façonnée. Le 25 mai nous offre l’occasion de reconnaître ces héritages et la place qu’ils occupent déjà dans la vie canadienne.

Chers collègues, asante sana, ce qui signifie « merci beaucoup ». Meegwetch.

L’honorable Mohamed-Iqbal Ravalia [ - ]

Honorables sénateurs, je prends la parole aujourd’hui pour appuyer moi aussi la motion présentée par la sénatrice Gerba visant à ce que le Sénat reconnaisse officiellement le 25 mai comme « Journée mondiale de l’Afrique au Canada ».

C’est un privilège de prendre la parole en faveur d’une collègue dont le travail témoigne à la fois de ses convictions et de sa générosité d’esprit, qui m’appelle son frère, et dont la volonté de renforcer les relations entre le Canada et l’Afrique est à la fois opportune et extrêmement importante.

De ses humbles débuts à sa nomination au Sénat, son histoire reflète sa ténacité et son dynamisme remarquables. La sénatrice Gerba a apporté au Sénat non seulement ses connaissances, mais aussi ses expériences personnelles et une perspective qui enrichit notre compréhension du continent.

Lorsqu’elle parle de l’Afrique, elle le fait avec clarté, fierté et un désir sincère de bâtir des ponts. Elle incarne les aspirations de ceux d’entre nous qui viennent de ce continent et qui ont choisi de faire du Canada leur patrie. Cela transparaît clairement dans cette motion, qui nous invite à traiter les relations entre le Canada et l’Afrique avec un plus grand sérieux, un plus grand respect et une vision davantage tournée vers l’avenir.

Je tiens également à dire à quel point j’apprécie les points de vue de nos collègues africaines, les sénatrices Danièle Henkel et Farah Mohamed, ainsi que leur apport au Sénat. Vos contributions sont significatives, et votre présence nous rappelle que cette institution est plus forte lorsqu’elle reflète la richesse des communautés et des cultures qui composent notre pays. Vous apportez un éclairage, une expérience et une perspective qui enrichissent très concrètement notre travail.

Il est intéressant de noter que nous quatre, originaires du continent, représentons le Nord, l’Est, l’Ouest et le Sud de cette magnifique région du monde, couvrant ainsi tous les horizons, pour ainsi dire.

Je tiens également à exprimer ma gratitude envers notre ancienne collègue Mobina Jaffer pour son amitié et son esprit d’initiative. Elle a été l’une des membres fondatrices du Groupe canado-africain du Sénat et elle s’est imposée comme porte-parole pour une relation solide entre le Canada et l’Afrique. Je suis reconnaissant envers les membres de ce groupe, qui continuent de tisser des liens avec la diaspora et qui nourrissent un amour profond pour le continent. Je pense que cette dynamique met en lumière la riche diversité démographique de l’Afrique, qui englobe une large palette de composantes ethniques.

Pour beaucoup d’entre nous, les relations entre le Canada et l’Afrique ne sont pas qu’une question de commerce et de politique. Il s’agit aussi de gens, d’histoires de famille, de liens communautaires et d’aspirations communes.

Partout au Canada, dans bon nombre de nos villes, nous observons une diaspora africaine très active dans les domaines des affaires, de la fonction publique, de l’éducation, des arts et de la vie citoyenne. Cette contribution mérite d’être saluée, car elle nous rappelle que ces liens nous unissent déjà dans notre pays. Notre travail de sensibilisation sert à renforcer ces liens.

La motion de la sénatrice Gerba parle également de quelque chose de pratique et de nécessaire. L’Afrique est un continent qui connaît une croissance, une innovation et un élan démographique remarquables. Le Canada doit aborder cette réalité avec prudence et non à distance. Nous devrions aborder la question avec détermination, avec respect et avec la confiance qui découle de la recherche d’un véritable partenariat, ce qui manque depuis si longtemps. Il faut donc établir des relations mutuellement avantageuses et fondées sur la confiance à long terme.

À une époque où le monde nous paraît souvent instable, j’estime qu’il est particulièrement important d’investir dans des partenariats durables et fondés sur des principes. Un lien plus étroit entre le Canada et l’Afrique peut servir nos intérêts communs en matière de paix, de prospérité, d’éducation, de commerce et de développement humain. Il peut également aider le Canada à favoriser la stabilité et à promouvoir la démocratie, ce qui est on ne peut plus pertinent dans un monde en constante évolution.

Chers collègues, je remercie la sénatrice Gerba d’avoir présenté cette motion et je la remercie du leadership dont elle continue de faire preuve dans cette enceinte.

Je suis également reconnaissant des contributions des sénatrices Danièle Henkel et Farah Mohamed, ainsi que de notre chère Mobina Jaffer, et du fait que, dans le cadre de leur service, elles ont toujours donné l’exemple.

Pour toutes ces raisons, j’appuie la motion avec une conviction et un respect profonds.

Merci, asante.

Son Honneur la Présidente [ - ]

Les sénateurs sont-ils prêts à se prononcer?

Son Honneur la Présidente [ - ]

Vous plaît-il, honorables sénateurs, d’adopter la motion?

Des voix : D’accord.

(La motion est adoptée.)

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