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Le rôle essentiel de l’activité physique et du sport

Interpellation--Suite du débat

30 avril 2026


L’honorable René Cormier [ - ]

Honorables sénateurs, je prends la parole aujourd’hui au sujet de l’interpellation de la sénatrice Deacon (Ontario), concernant le rôle essentiel que jouent l’activité physique et le sport dans notre bien-être et celui de nos communautés, ainsi que dans la trame de l’expérience canadienne.

Inspiré des allocutions fort divertissantes de certains de nos collègues, je souhaite partager avec vous quelques expériences personnelles qui confirment la force de l’activité physique et du sport et les défis que ceux-ci peuvent poser pour certains d’entre nous.

Le plus célèbre des poètes latins de l’Antiquité, Ovide, a dit ceci : « Un cheval ne court jamais aussi vite que lorsqu’il a d’autres chevaux à rattraper et à dépasser. »

Sans doute inspirée par cette sagesse millénaire, ma mère n’a jamais cessé de me répéter qu’à ma naissance, je devais me croire en retard sur la vie, pour être sorti si rapidement et avoir tant voulu ramper, marcher, courir et sauter avant tout le monde.

En effet, sans me prendre pour le cheval rapide du légendaire jockey néo-brunswickois Ron Turcotte, il est vrai que le désir de rattraper et de dépasser mes frères m’habitait constamment.

Je suis né dans une famille où le sport, plus particulièrement le hockey, relevait moins du loisir que d’une religion nationale, avec ses rites, ses pèlerinages à l’aréna et ses miracles occasionnels en prolongation. Mes trois frères, tous très talentueux, étaient une source de fierté pour ma famille et la communauté acadienne de notre province. Je tiens d’ailleurs à rendre hommage aujourd’hui à Maurice, Paul et Gilles, car ils ont été des sportifs remarquables, des frères admirables et des accompagnateurs hors pair pour de nombreux jeunes qui souhaitaient jouer au hockey.

Comme vous pouvez vous l’imaginer, chers collègues, mon envie de me joindre au prestigieux club des héros de la famille a été plus forte que ma peur de l’échec. C’est ainsi qu’à l’âge respectable de 10 ans, j’ai pu faire partie avec enthousiasme de l’équipe peewee B de ma ville, convaincu que j’y trouverais la gloire, la reconnaissance et les éloges dont mon père ne tarissait pas lorsque mes frères rentraient à la maison, après leurs matchs.

Vu mon odorat particulièrement fin, je dois admettre que la simple présence des sacs de hockey de mes frères constituait déjà une forme d’entraînement du mental. Pourtant, mon envie irrépressible de jouer et de gagner était plus forte que ces défis olfactifs.

Dès mes premières parties sur la glace, mon coach et mes camarades m’ont reconnu une qualité indéniable : je patinais vite. Très vite, chers collègues. Je virevoltais, pirouettais et changeais de direction à une vitesse impressionnante. Certains diront que c’était grâce aux patins trop grands hérités de mon frère — il chaussait des 8; moi, des 5 —, ou était-ce à cause de mon ambition démesurée de remporter un trophée? Le mystère demeure entier à ce jour et mériterait sans doute une commission d’enquête.

Toujours est-il qu’on m’avait surnommé « Speedy Gonzales ». Cela me rendait extrêmement heureux, car moi qui aimais déjà la musique, je croyais sincèrement qu’il s’agissait du nom d’un chanteur mexicain à succès, et je me prenais pour Pedro de Mexico, vedette internationale.

J’étais donc promis à une brillante carrière, chers collègues. Or, la vitesse de mon coup de patin et mes pirouettes sur la glace se sont rapidement retournées contre moi. Contrairement à mes frères, le concept de hors-jeu m’était totalement inconnu. Habité d’une fougue incontrôlée et d’un amour démesuré pour la rondelle, je franchissais constamment la ligne bleue avant tout le monde. J’interrompais sans cesse le jeu, sans comprendre ni comment ni pourquoi, au grand dam de mon coach désespéré et des arbitres déprimés.

Aussi, quelques semaines à peine après mon arrivée dans cette équipe du tonnerre, le couperet tomba. Je fus remercié. Sans explications, sans trophée, sans même une rondelle commémorative ou un coupon pour la cantine. Fini le rêve de ressembler à mes frères et de les dépasser. Fini mes rêves de joindre un jour les rangs des futurs Sénateurs d’Ottawa. Je pris alors mes distances de notre sport national avec un pincement au cœur et un orgueil un peu amoché.

Mince consolation : la présidente du club de patinage de la paroisse, reconnaissant la qualité de mes pirouettes involontaires, m’invita à m’inscrire aux cours de patinage artistique, ce que je fis sans grand enthousiasme au départ, mais bien résigné à tenter l’aventure. Je me suis donc retrouvé sur la glace dès la semaine suivante, entouré de jeunes filles en tutu, seul garçon de la ville à faire des arabesques au son de Moon River. Inutile de vous dire que les regards posés sur moi par mes anciens camarades de hockey ne laissaient aucun doute sur les jugements et sobriquets dont je devenais désormais l’actionnaire majoritaire. Cela a atteint son paroxysme, chers collègues, le jour où je suis entré dans l’aréna vêtu d’un jumpsuit gris pâle et chaussant les patins à griffe blancs de ma sœur, les seuls qui étaient disponibles.

Mes chers collègues de sexe masculin, je vous mets au défi de vous pointer habillés ainsi à votre aréna local. Il faut une bonne dose d’humilité pour affronter les regards, énormément de résilience pour survivre aux commentaires et, idéalement, une porte de sortie clairement indiquée à proximité.

Prenant mon courage à deux mains — ou à deux patins —, j’ai néanmoins persévéré. Malgré les quolibets et mon costume en polyester hautement inflammable esthétiquement, j’ai entrepris ce qui allait devenir mon sport de prédilection. Voyant mes progrès rapides, mes sauts impressionnants et mes pirouettes désormais intentionnelles, mon oncle, qui n’avait pas d’enfant et avait manifestement un grand sens de la justice, m’offrit un jour une véritable paire de patins noirs pour hommes.

Sans régler tous les défis que je rencontrais dans l’affirmation de ma masculinité, cette nouvelle paire de patins a tout de même piqué la curiosité de mes anciens camarades, qui se demandaient en riant — ha! ha! ha! — comment j’allais bien réussir à patiner avec des pointes de saut au bout des lames.

Chers collègues, à force de détermination et de travail — ha! ha! ha! —, ma douce revanche arriva quelques mois plus tard. Notre spectacle de fin d’année s’annonçait mémorable. Seul garçon à la programmation de cet évènement, j’anticipais les réactions de mes anciens camarades hockeyeurs. Dans un aréna bondé, je fis mon entrée sur la glace, un peu anxieux, mais avec la plus talentueuse, la plus grande et, oui, la plus jolie des patineuses.

Au son de la musique de Chariots of Fire, nous patinions dans un élan majestueux. Bien que cela ne soit pas sans me poser des problèmes de maux de dos, je soulevai ma partenaire à bout de bras et la portai au-dessus de ma tête à l’aide d’un seul bras, la maintenant ainsi dans les airs fièrement.

Nous traversâmes la patinoire dans cette position, sous les applaudissements de la foule et les regards ébahis de mes anciens camarades. Ovations, cris de joie, applaudissements à tout rompre. Propulsés par cette foule en délire, nous avons terminé notre numéro en faisant une série de sauts impressionnants. Pour les experts dans cette enceinte, les Axel, Lutz, flip, boucles, Salchow et boucles piqués complétèrent notre prestation. Il n’y avait aucun doute, chers collègues : nous étions prêts pour les Ice Capades.

Finis les sobriquets. Finis les regards indiscrets et méprisants. Complètement bouche bée, mes anciens amis sont rentrés chez eux avec l’air de petits chiens qui venaient de se faire gronder. Et le lendemain, j’ai appris qu’ils s’étaient tous inscrits au gym pour faire de la musculation. Apparemment, sans le vouloir, j’avais provoqué une révolution de mise en forme.

Depuis ce jour, je n’ai cessé de bouger, et je n’ai permis à personne de m’empêcher de bouger de la manière dont je le souhaitais. Marche, jogging, aérobique ou danse font partie de mon quotidien, car je crois profondément que le mouvement est une célébration de la vie et bouger m’apporte une joie incommensurable. Cette joie qui nous pousse à nous lever tous les jours pour venir travailler dans cette enceinte; cette joie qui nous habite quand nous retrouvons nos conjoints, familles et amis pour marcher le long d’une magnifique baie ou dans un site historique.

Dans un monde souvent marqué par la rapidité mentale et la surcharge numérique, le mouvement nous ramène à une vérité naturelle : nous sommes faits pour bouger. Nous pensons avec notre tête — enfin, je l’espère —, mais nous vivons à travers notre corps.

Dès l’enfance, le mouvement est notre premier langage. Avant même les mots, nous communiquons par des gestes, des élans et des postures. Pourtant, avec le temps, le travail assis, les écrans, les banquettes du Sénat et le rythme effréné du quotidien, nous perdons souvent ce lien spontané avec notre nature profondément dynamique.

Revenir au sport ou à l’activité physique, ce n’est donc pas s’imposer une contrainte supplémentaire; c’est retrouver quelque chose d’essentiel : la joie simple et fondamentale de bouger et d’exister pleinement.

Le lien intuitif entre le corps, le mouvement et le sens de la vie n’a rien de nouveau. Il est au cœur des traditions qui nous inspirent depuis la nuit des temps.

En regardant mes sœurs et mes frères autochtones danser, je me suis toujours dit que, pour elles et eux, la danse est plus qu’une forme d’art; c’est une langue vivante qui porte en elle la mémoire, les valeurs et le savoir ancestral d’un peuple. À travers le mouvement, le rythme et les chansons, chaque geste raconte une histoire, rend hommage aux générations passées et solidifie les liens à l’intérieur des communautés.

Je m’en voudrais de ne pas profiter de cette allocution pour rendre hommage à nos championnes sportives dans cette Chambre : les sénatrices McBean, Marty Deacon et Petitclerc. Permettez-moi de témoigner tout particulièrement mon admiration à la sénatrice Petitclerc. Chers collègues, je ne sais pas si vous vous êtes déjà promenés avec elle dans cette ville, mais la force, l’agilité et la rapidité avec laquelle notre collègue se déplace et contourne les obstacles sont impressionnantes et témoignent bien de ses qualités d’athlète et de femme.

Ces femmes championnes sont des sources d’inspiration pour les jeunes filles et les femmes canadiennes d’aujourd’hui. Quand je vois ma petite-nièce Jasmine, qui joue au hockey et qui connaît du succès, on pourrait croire que les portes sont désormais grandes ouvertes et que les avancées obtenues sont irréversibles.

Or, force est de constater qu’un important mouvement de recul, un véritable ressac, est à l’œuvre dans certaines provinces. Des avancées que nous pensions consolidées sont aujourd’hui remises en question, parfois de manière frontale, parfois de manière plus insidieuse.

Je pense notamment à la Fairness and Safety in Sport Act, en Alberta. Présentée comme une loi visant l’équité et la sécurité, elle impose en réalité un cadre juridique qui autorise, et même oblige les écoles et les organisations sportives à vérifier le sexe assigné à la naissance pour accéder aux catégories féminines.

Elle instaure des mécanismes de déclaration, de contestation et de preuve qui exposent des filles et des femmes à des interrogations sur leur corps, leur identité et leur légitimité à pratiquer un sport. Ce cadre légal transfère la charge du soupçon sur les athlètes elles‑mêmes, transformant le sport, qui devrait être un lieu d’émancipation et de confiance, en un espace de surveillance et de contrôle.

Dans le prolongement de cet hommage au leadership et au courage des femmes dans le sport, il est essentiel de rappeler que ces pratiques portent atteinte à la vie privée, érigent de nouvelles barrières à la participation et imposent des mesures profondément disproportionnées. Bien qu’elles ciblent d’abord les femmes trans, elles finissent par toucher toutes les femmes, en renforçant des normes restrictives de la féminité et en normalisant l’idée que les corps féminins doivent se justifier pour avoir accès au sport.

C’est pourquoi j’exhorte le gouvernement fédéral, dans le cadre du nouveau financement accordé aux provinces pour le sport, à lier ces fonds sans équivoque au respect des valeurs canadiennes : l’inclusion, la dignité, l’égalité et le droit pour chaque fille et chaque femme de pratiquer un sport sans crainte, sans humiliation et sans devoir prouver qui elle est.

En terminant, je dirai ceci : inspirons-nous de ces athlètes, danseurs et gymnastes et osons bouger librement et nous laisser porter par le mouvement, honorables sénateurs. Il n’y a pas une seule bonne façon de bouger; il y a d’innombrables manières d’habiter son corps dans la joie, la fierté et la liberté.

Quant à moi, j’ai finalement fait la paix avec notre sport national. Oui, je l’admets : regarder l’excellente et très inspirante série Rivalité passionnée a contribué à cette réconciliation. Cependant, plus important encore, je comprends désormais qu’il n’est pas toujours nécessaire de marquer des buts pour gagner; parfois, il suffit de rester dans le match et de continuer à patiner, car la joie du mouvement avec d’autres êtres humains est le plus beau des trophées.

Merci.

L’honorable Katherine Hay [ - ]

Honorables sénateurs, je dois souligner, au risque de gâcher un peu la fête, que c’est mon deuxième discours cette semaine. Je vous laisse le soin de décider si c’est une bonne ou une mauvaise chose.

Je suis heureuse de prendre part aujourd’hui à une interpellation qui trouve écho en chacun de nous d’une façon ou d’une autre. Je remercie profondément les sénatrices Marty Deacon, Marnie McBean et Chantal Petitclerc pour leur interpellation sur le rôle essentiel de l’activité physique et du sport. Je suis honorée de raconter mon expérience d’athlète dans le cadre d’une interpellation en compagnie de ces sénatrices de niveau olympique. Je les remercie de leur leadership ici au Sénat et des efforts herculéens qu’elles ont déployés dans le monde du sport, autant aux Olympiques qu’aux quatre coins du Canada. Vous avez inspiré notre nation à maintes reprises. Merci à vous toutes.

Par où commencer? Ce n’est pas facile pour moi aujourd’hui. C’est un sujet personnel, et je ne suis pas vraiment à l’aise. Le sport a fait partie de ma vie — familiale, communautaire et professionnelle — à travers les moments les plus sombres jusqu’aux sommets les plus exaltants.

Je vais vous donner une idée des aspects dont je vais parler pour que vous sachiez à quoi vous attendre. Vous pouvez vous forger une opinion dès maintenant. Je promets de ne pas parler trop longtemps, mais le moulin à paroles en moi va probablement prendre le dessus.

Aujourd’hui, je veux d’abord me lancer sur le leadership. Ensuite, j’aimerais parler du sport et de l’esprit de communauté, puis raconter l’histoire d’une communauté que je n’oublierai jamais. J’aimerais enfin y aller sans ambages avec la prise en main par le sport et ma propre histoire, puisque je suis, à mon humble façon, une athlète. Enfin, j’aimerais passer en revue l’impact du sport sur la santé et le mieux-être. Je ne compte pas vous divertir davantage, puisque l’autre sénateur s’en est déjà chargé.

Pour ce qui est du leadership, je vais simplement utiliser des citations. Et si je vous disais : « C’est un sport d’équipe »? J’utilise cette affirmation partout, tout le temps. Le Sénat est un sport d’équipe. La famille est un sport d’équipe. Le marathon est un sport d’équipe. La vie est un sport d’équipe, qu’on le sache ou non. Je pense que c’est quand elle ne l’est pas qu’elle peut être difficile.

J’en ai une autre : « Tout seul, on va plus vite. Ensemble, on va plus loin. » Ce proverbe africain fort à-propos décrit la quintessence même du sport d’équipe. J’ai ce bracelet dont je ne me sépare jamais — ce n’est pas un accessoire, c’est juste un bracelet. C’est un cadeau d’une équipe extraordinaire avec qui j’ai travaillé il y a de nombreuses années, et nous scandions ce proverbe. À l’intérieur, on peut lire, et je cite : « PLUS LOIN ENSEMBLE ».

« Le plus difficile, c’est d’arriver à la ligne de départ. Ensuite, on fait confiance à son entraînement pour se rendre à la ligne d’arrivée. » En tant qu’ancienne marathonienne, c’était mon mantra, autant pour la course que pour tout ce que j’ai eu le privilège d’accomplir au cours de ma vie. Faire confiance à son entraînement. Faire ce qu’il faut pour arriver à la ligne de départ. Faire tout ce qui doit être fait pour arriver à la ligne de départ. La fin de la course, c’est la ligne de départ. Le reste, c’est juste de la stratégie, avec un peu de ravitaillement et d’ajustements en cours de route.

Allons-y avec quelques citations du monde du sport, pourquoi pas. Pat Burns a dit : « Il ne faut pas pleurer parce que c’est fini; il faut être heureux que ce soit arrivé » — sauf si on est un partisan des Maple Leafs; dans ce cas, on se contente de pleurer. Je sais. « Le hockey est une métaphore de la vie. Il faut être prêt à se faire jeter par terre et à se relever. » Selon moi, c’est là le sens de la bravoure : se relever.

Et que dire de cette citation de cette grande paralympienne qu’est la sénatrice Petitclerc :

Pour moi, c’est la preuve ultime que tout est possible quand on est déterminé à atteindre ses buts et réaliser ses rêves et qu’on se lève chaque matin avec une passion pour son travail ou son sport.

C’est l’intensité et la détermination qui sont entre nos mains.

Voyons ce qu’en pense une autre olympienne, la sénatrice McBean. J’adore cette citation sur le fait que l’espoir est une question d’attitude; elle est brève et va droit au but. Voici la citation : « C’est une bonne journée pour avoir une bonne journée. »

Et puis, il y a la cheffe de mission pour les Olympiques, la sénatrice Deacon, qui a dit :

L’échec n’est pas une faiblesse, mais un processus. Un échec, c’est une rétroaction. L’objectif est d’échouer durant les pratiques, de tirer des leçons de ce qui s’est passé, de corriger le tir et d’être en meilleure posture le lendemain.

Mon père disait tout le temps : « Il y a beaucoup d’extraordinaire dans l’ordinaire. » Puis il ajoutait : « Il suffit de bien regarder. » Dommage qu’il n’ait pas dit : « Just do it. » Il aurait pu inventer le fameux slogan.

Toutes les citations liées au sport portent là-dessus : le courage, la détermination, l’esprit d’équipe, l’humilité et le dépassement de soi.

Bon, maintenant que je me suis gonflée à bloc avec des citations encourageantes et que je me suis donné de la confiance, je vais passer au côté plus personnel du sport. J’ai dû dire 14 fois que j’étais mal à l’aise. Mais, comme c’est une bonne journée pour avoir une bonne journée, je vais passer à l’aspect communautaire du sport.

Mon père s’est fait transférer de Winnipeg — Blue Bombers à 100 % — à une petite ville. Mes excuses aux gens de la Saskatchewan et d’Hamilton, mais nous avons déménagé dans une petite ville non loin d’Hamilton appelée Dunnville. J’ai toujours détesté le nom de cette ville, mais c’est là où nous sommes déménagés. Nous y avons vécu pendant plusieurs années.

Petite parenthèse sur la politique et les sports d’équipe : mon père a été candidat pour le Parti conservateur dans la circonscription d’Haldimand—Norfolk, et j’ai été moi-même nommée directrice du marketing. J’avais 10 ans. Ma stratégie de marketing comprenait un excellent chant de ralliement — remarquable, vraiment — grâce à Aerosmith. Vous connaissez la chanson. J’ai juste changé un peu les mots. C’était : « Walk this way, vote Jack Hay. » Il a perdu.

Je veux maintenant vous parler de mon frère aîné, John Douglas Hay : un homme généreux et timide qui n’était pas très bon à l’école. Autant je pouvais être autoritaire, il était patient. Nous étions tout le temps ensemble. Comme nous habitions à la campagne, nous étions toujours sur nos vélos. Le champ de maïs était un endroit formidable où jouer à cache-cache.

Quand John est arrivé à l’école secondaire, il n’était pas très costaud, pas très grand et pas très confiant. Il était un garçon plutôt équilibré qui faisait sa petite affaire, mais il était rapide. J’étais plus rapide que lui, mais il était quand même plutôt rapide. Comme il était humble de nature, il n’aurait pas tellement aimé que je parle de lui ici.

En neuvième année, il est allé au camp d’essai de l’équipe de football de l’école, les Panthers de Dunnville. Les Panthers, à Dunnville, c’est gros — pas exactement Les lumières du vendredi soir, mais pas mal gros. Il a presque été sélectionné.

Puis, quelque chose s’est produit entre la neuvième et la dixième année. John a eu une poussée de croissance. Ceux d’entre vous qui ont rencontré mon fils lors de mon assermentation pourront le visualiser : John est devenu aussi grand et costaud que lui en un an, et il n’avait rien perdu de sa vitesse.

Ce n’était pas facile pour John à l’école, mais il a persévéré. Il avait une excellente éthique de travail et il est passé à travers.

Il a essayé de nouveau de faire partie de l’équipe, et, cette fois, il a été retenu. Il portait le numéro 11 et était demi-offensif, deuxième réserviste à sa position. John était toujours un garçon calme et timide. Le sport a débloqué quelque chose en lui et lui a donné énormément. Il lui a donné une communauté. Il lui a donné la permission d’oser. Il lui a donné confiance en lui. Et ainsi, cet élève pas tellement doué a trouvé une matière dans laquelle il excellait : l’informatique, à l’époque où l’ordinateur n’en était qu’à ses débuts. Gardez cela en tête pour tout à l’heure. C’est peut-être pour cela que j’aime les histoires de sportifs négligés qui réussissent à faire face à l’adversité. Nous l’avons vécu.

L’équipe des Panthers était ordinaire : elle gagnait parfois, mais perdait plus souvent. Les entraîneurs — un entraîneur de football du secondaire et deux membres de la communauté, Dan Dulmage, ancien joueur des Ti-Cats et dentiste, et, oui, Jack Hay — n’ont jamais perdu espoir. J’ai proposé de m’occuper du marketing pour l’équipe. La réponse a été un « non » courtois, mais catégorique.

John n’a jamais été une étoile ni un sportif populaire. C’était un joueur infatigable. Il a tout de même réussi quelques réceptions dans la zone d’en-but. Il était en 13e année lorsque les Panthers de Dunnville, donnés perdants, ont battu leurs rivaux de toujours, les Wildcats de Cayuga, et remporté le championnat. Ce fut un moment mémorable. Mon frère faisait partie de l’équipe championne, et mon père en était l’entraîneur adjoint. Il y a même eu un défilé.

Cet été-là, John a participé aux essais pour le camp d’été des Ti‑Cats. Il n’a pas été retenu, mais, comme vous pouvez l’imaginer, il ne s’en est pas fait pour ça. Il se remettait toujours en selle et continuait à tout donner pour le match suivant.

Le sport a été tellement bénéfique pour lui : il faisait partie d’une communauté et il avait pris confiance en lui. Il a été admis à l’Université Western, dans l’un des tout premiers programmes d’informatique de l’établissement, et il s’y est épanoui pleinement.

Dès sa deuxième année, il avait largement dépassé le niveau enseigné dans les cours et travaillait déjà dans des laboratoires de conception de projets de recherche. Il a intégré l’équipe universitaire de football, les Western Mustangs, en tant que remplaçant de troisième ligne.

À la fin de sa deuxième année universitaire, le 23 mai, John est mort dans un accident de voiture. Il rentrait au travail après avoir dîné avec sa petite amie. Notre famille était dévastée; la communauté était sous le choc, mais elle s’est mobilisée pour nous soutenir. Voilà pourquoi j’ai voulu raconter cette histoire.

Je ne parle pas souvent de cela, du moins pas en public. Il y a une chose que je n’oublierai jamais. Le service funéraire de mon frère touchait à sa fin. Nous en étions au moment déchirant où nous devions tous suivre le cortège funéraire de John dehors. C’était tellement dur et terrifiant. Je me souviens que je me disais : « Il ne peut pas partir, pas tout seul. »

Le monde du sport a veillé à ce que ce ne soit pas le cas. Tous ses coéquipiers des Panthers de Dunnville en 10e année, vêtus de leurs blousons, ont remonté l’allée centrale et les deux bas-côtés de l’église. Ils ont tous marché devant nous et nous ont accompagnés jusqu’à la sortie. Il n’était pas seul.

Les traces qu’il a laissées pendant sa courte vie, sur le terrain comme en dehors, ont compté. Ces traces sont toujours là. Je n’ai jamais, jamais oublié comment le monde du sport a permis à mon frère de révéler tout son potentiel, et je n’ai jamais oublié à quel point ce milieu sportif l’a soutenu jusqu’à la toute fin.

Bien des années plus tard, je suis allée à l’Université Western pour une réunion. C’était quelques années après les Jeux panaméricains de 2001. Ils avaient construit un stade sportif impressionnant. Je déambulais dans les environs.

Pour financer la campagne, il y avait des briques à vendre pour 2 001 $, comme l’année. J’ai trouvé cela génial. La campagne était terminée puisque nous étions quelques années plus tard. J’ai demandé si je pouvais en acheter une et faire inscrire le nom de mon frère dessus pour qu’il fasse partie du stade où, théoriquement, il avait joué. C’était impossible, la construction était terminée. Les responsables ne savaient plus où étaient les briques.

Mais voici ce que les communautés sportives ont d’extraordinaire : tout à coup, quelques mois plus tard — j’avais complètement oublié tout cela —, quelqu’un de l’Université Western m’appelle pour dire qu’il y avait moyen de trouver une brique et de faire ce que j’avais demandé. Est-ce que je voulais le faire? « Oui, bien sûr! »

Ma mère, ma sœur et moi avons décidé ce que nous voulions faire inscrire sur la brique, et maintenant le nom de mon frère fait partie de ce stade. Voici la coïncidence amusante : vous vous souvenez que John était devenu féru d’informatique alors que cette science en était à ses balbutiements? Et n’oubliez pas que la campagne de financement était terminée. John était décédé plus de 20 ans auparavant. Il n’y avait aucune possibilité que tout cela ait été orchestré — aucune. C’est un pur hasard. C’est comme cela que les choses arrivent.

Quand nous sommes allées voir, il y avait sa brique, avec « John Douglas Hay » écrit dessus. Et de chaque côté de sa brique, il y en avait deux plus grosses : une portant l’inscription « Microsoft », et l’autre, « IBM ». Je souris en y repensant.

Je vais essayer d’accélérer parce que j’ai déjà pris beaucoup de temps, mais je vous remercie de m’avoir laissé partager mon frère avec vous.

Parlons maintenant de l’effet libérateur du sport. J’y ai toujours trouvé une source d’adrénaline. J’aime les objectifs. J’aime les lignes de départ et les lignes d’arrivée. Je ne sais pas ce qui m’a pris à l’époque — c’était peut-être l’influence de mon frère —, mais j’ai décidé de courir un marathon. Mon premier était celui de Chicago.

Je suis parvenue à la ligne de départ à grand renfort de cris d’encouragement répétés mentalement. Le plus dur est d’arriver jusqu’à la ligne de départ. L’entraînement va porter ses fruits, doit‑on se dire. C’est le mantra que je me suis répété, assaisonné de jurons, jusqu’au 35e kilomètre. C’est là que j’ai su que j’y arriverais. Il me restait sept kilomètres à franchir. Je m’en savais capable. C’est ça, l’effet libérateur du sport.

À Chicago, les 500 derniers mètres sont bordés de gradins où se trouvent des centaines de spectateurs. Je me souviens de la déferlante de cris d’encouragement quasiment fous que j’ai entendus après avoir tourné le coin et m’être retrouvée au début de la dernière ligne droite de 500 mètres.

Je me suis littéralement tournée pour chercher derrière moi le marathonien de queue de peloton qui avait déclenché cette clameur. Qui donc applaudissaient-ils ainsi? Il ne m’a fallu que quelques instants pour me rendre compte que c’était moi qu’ils encourageaient, une marathonienne parmi des milliers. Voilà le genre d’effet libérateur que procure l’appartenance à une communauté. Pour moi, c’est cela, le sport.

Je vois les minutes s’écouler, alors j’aimerais terminer en disant un mot sur le bien-être que procure le sport.

Il ne fait aucun doute que le sport, n’importe quel sport — la marche, le cyclisme, la course ou le jardinage — joue un rôle vital dans notre bien-être. C’est du un pour un. C’est indiscutable. Courir et jouer au tennis — j’ai abandonné le basketball il y a longtemps — ont été les piliers de mon bien-être tout au long de ma vie, dans les bonnes journées comme dans les moins bonnes. Le sport m’a sauvé la vie.

Son Honneur la Présidente [ - ]

Sénatrice Hay, je dois vous interrompre. Voulez-vous plus de temps?

La sénatrice Hay [ - ]

Oui, s’il vous plaît. Je demande le consentement du Sénat.

Son Honneur la Présidente [ - ]

Le consentement est-il accordé, honorables sénateurs?

La sénatrice Hay [ - ]

Merci, chers collègues.

J’avais recommencé à m’entraîner pour faire ce qu’il faut pour arriver à la ligne de départ. Je me suis inscrite au marathon de Berlin. Je savais comment m’entraîner. Mon corps savait quoi faire. J’avais couru au moins une centaine de demi-marathons et 10 marathons complets, dont le dernier à Dublin. Voilà une ville qui sait faire la fête quand elle organise un marathon.

Je me suis dit que j’y allais peut-être trop fort, que mes souliers avaient peut-être besoin d’être remplacés. Il faisait froid. Quelque chose n’allait pas. Je n’étais pas à point. Il fut un temps où je courais de chez moi, à Mississauga, jusqu’à la gare Union, et je prenais le train pour rentrer. C’était mon entraînement. Et là, je peinais à trouver mon rythme. Je devais même prendre le train à la station Long Branch pour rentrer à la maison. Ceux d’entre vous qui habitent à Toronto savent que c’est à peine à deux ou trois stations de chez moi.

Je ne pouvais pas aller plus loin. C’est à ce moment que j’ai décidé d’aller voir le médecin pour passer des examens, faire des prises de sang, peu importe. Tout est revenu négatif. J’arrivais dorénavant à peine à franchir la barre des sept kilomètres, c’est-à-dire mon point de référence dans une course, comme je l’ai dit tout à l’heure.

Après quelques autres visites chez le médecin et quelques examens de plus, la conclusion était inévitable : les marathons, c’était terminé pour moi. Honnêtement, sur le coup, je me suis dit : « D’accord. Si c’est fini, c’est fini. Merci. » Or, un autre défi m’attendait : celui de la santé.

Sans l’entraînement, je n’aurais peut-être pas remarqué que quelque chose clochait. En fait, je ne me serais peut-être pas rendue à l’automne de cette année-là, selon mes médecins.

L’entraînement pour un marathon ne m’a probablement pas sauvé la vie — ça, je le dois à mes médecins —, mais je me suis toujours demandé ce qui me serait arrivé sans le sport.

Aujourd’hui, je parcours des distances beaucoup plus usuelles. Mes longues courses sont — vous l’aurez deviné — d’environ sept kilomètres. Mon problème de santé chronique fait maintenant partie de ma vie, et c’est tout à fait acceptable, car je connais intimement l’incidence vitale que l’activité physique et le sport auront sur mon mieux-être aujourd’hui et, je l’espère, longtemps encore.

Quand on me demande si être nommée au Sénat est une nomination à vie, je réponds toujours : « J’espère bien que non. »

Je vous remercie de m’avoir permis de peindre mon parcours sportif. Je remercie les sénatrices McBean, Deacon et Petitclerc de leur leadership et de leur gentillesse. Je n’en ai jamais vraiment parlé à qui que ce soit en dehors de mon petit monde. Je vous conseille à tous d’aller dehors, de bouger, de vous adonner pleinement à quelque chose, de courir, de marcher, de sauter, de faire du vélo ou de jardiner. Je vous garantis que vous trouverez une communauté. Vous vous sentirez mieux. Vous vous épanouirez. Votre vie en sera changée. Merci, chi-meegwetch .

Honorables sénateurs, voici maintenant une perspective un peu différente.

Merci à la sénatrice Hay et au sénateur Cormier pour leurs discours émouvants et sincères. Je tiens également à exprimer ma gratitude envers les sénateurs Petitclerc, McBean et Deacon pour avoir lancé cette interpellation concernant le rôle du sport et de l’activité physique dans nos vies et nos collectivités. Je les remercie de nous avoir tous invités à répondre à la question suivante : en quoi le sport et l’activité physique vous ont-ils façonnés et ont-ils façonné votre vécu de Canadien?

Pour moi, la réponse commence sur les sentiers de course et de vélo, à la piscine et à la patinoire de hockey, mais elle m’emmène ailleurs, là où on ne s’y attendrait pas du tout : derrière les murs des prisons.

Que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur des prisons, le sport est un moyen éprouvé d’améliorer la santé physique et mentale. Il permet de canaliser l’énergie et l’agressivité, de réduire la consommation de drogue et d’alcool et de surmonter les difficultés. C’est également un outil qui favorise la communication, la confiance, le respect et la collaboration, qui sont essentiels à une bonne réinsertion sociale et à la prévention de la criminalité.

Les normes internationales, y compris les règles de Nelson Mandela, montrent que le sport dans les prisons n’est pas un simple privilège, mais un aspect fondamental de la réadaptation et de l’intégration à la communauté. Quiconque a visité une prison a entendu les détenus et les membres du personnel déplorer l’importante réduction des possibilités de faire du sport et de l’activité physique au fil des ans. En raison des politiques de durcissement du ton envers les criminels, les détenus sont plus souvent en isolement ou en confinement et ont moins d’accès aux programmes et au divertissement. Les cours qui étaient autrefois remplies de détenus qui faisaient de la musculation, qui s’entraînaient, qui faisaient du jogging, qui jouaient à la balle, au soccer, au baseball ou à d’autres jeux sont maintenant remplies de poussière ou envahies par les mauvaises herbes.

Les données du Service correctionnel du Canada montrent clairement les conséquences : des taux à la hausse d’automutilation, de recours à la force et de conflits parmi les détenus et entre détenus et membres du personnel. La cour de l’établissement de Collins Bay, une prison fédérale à Kingston, en est un bon exemple. Comme un certain nombre d’entre vous ont pu le constater, une partie de la cour a servi à aménager un nouveau bâtiment, et le reste est vide. Cette cour vide est un exemple frappant d’une réduction dévastatrice de la participation des détenus à des activités sportives.

Chaque été, pendant plus de 30 ans, l’Olympiade des personnes exceptionnelles lui donnait vie. Il ne s’agissait pas d’un événement ordinaire. Il a littéralement été mis sur pied par les détenus. La plupart d’entre eux y consacraient des mois de planification et de préparation, qu’il s’agisse de l’installation d’une piste de course ou de la réparation du terrain en passant par la coordination avec des bénévoles de la collectivité. Des hommes se sont faits électriciens, peintres d’enseignes et imprimeurs sérigraphes. Puis, pendant deux jours, ils étaient des hôtes : ils servaient de la nourriture, agissaient comme capitaines d’équipe, dirigeaient des matchs et des cliniques, et ils s’associaient à un athlète pour le soutenir, le guider et être son ami.

Comme les hommes qui ont organisé l’événement et qui ont travaillé sans relâche à sa tenue, bon nombre des athlètes eux-mêmes étaient en institution en raison de leur déficience intellectuelle.

L’Olympiade des personnes exceptionnelles apportait de la joie aux participants et célébrait leurs capacités et leurs aptitudes. Cet événement sportif reconnaissait aussi les défis rencontrés par les athlètes — la stigmatisation, la marginalisation, l’isolement et le placement en établissement — et a donné lieu à de nombreux liens durables et positifs avec les détenus, pour qui ces réalités n’étaient que trop familières.

Un des athlètes récidivistes a déclaré avec enthousiasme : « J’ai plus hâte à ça qu’aux anniversaires et à Noël! » Les efforts des hommes de Collins Bay ont été soulignés par la fondatrice du mouvement des Olympiques spéciaux, Eunice Kennedy Shriver, et, en 1979, le fondateur des Olympiques spéciaux au Canada, Frank Hayden, a assisté à l’Olympiade.

Bien des membres du personnel de l’époque ont parlé des nombreux effets positifs et durables que cela a eus sur les détenus, les athlètes des Olympiques spéciaux, le personnel et la communauté. Comme un des détenus organisateurs l’a expliqué :

Si on l’a fait, c’est pour que ceux qui sont moins chanceux que nous puissent participer [...] avec enthousiasme à une compétition sportive dans un climat de plaisir, de joie et de camaraderie avec des gens qui se préoccupent de leur sort.

Toutefois, on a mis un terme à l’Olympiade, non pas parce que cela ne fonctionnait pas, mais en raison d’une directive ministérielle à l’intention du Service correctionnel du Canada visant à mettre fin aux « histoires positives » à propos des détenus, y compris aux mises en valeur de leur bénévolat, des cours qu’ils suivaient, de leur réadaptation, de leur apport à la communauté et de leurs réalisations.

Dans les établissements de détention peu enclins à prendre des risques, les détenus peuvent facilement être vus comme étant durs ou cruels s’ils n’aident pas les autres, et sournois et manipulateurs s’ils le font. Les réactions aux crimes sont trop souvent ancrées dans la peur et façonnées par les discours clivants et déshumanisants, au lieu de reposer sur les données probantes qui montrent que soutenir et inclure ces gens améliore notre sécurité à tous. Des expériences comme l’Olympiade des personnes exceptionnelles nous rappellent qu’il y a une autre façon de faire : favoriser la guérison, l’intégration et la création collective de communautés.

Chers collègues, revenons à la question posée par nos collègues olympiens : en quoi le sport nous a-t-il façonnés? Durant mes premières journées ici, dans cette enceinte qui nous invite tous à travailler ensemble chaque jour pour promouvoir le bien-être de tous les Canadiens, ma compagne, Pam, était assise dans la tribune. Elle m’a dit qu’on devine souvent, en écoutant les sénateurs s’exprimer, lesquels d’entre eux ont pratiqué des sports d’équipe. Cela donne à réfléchir.

Au sens propre ou au sens figuré, encourageons-nous mutuellement à revisiter ce que nous avons appris tout en avançant ensemble, que ce soit en marchant, en courant, en fauteuil roulant, à vélo, en aviron, en patins ou à ski. Emportons ces enseignements avec nous pour bâtir une communauté commune plus active, plus saine et plus porteuse d’espoir.

Comme le sénateur Cuzner a parlé tout à l’heure des fabuleuses joueuses de hockey qui sont une véritable source d’inspiration, j’ajoute que le premier match des séries éliminatoires de la Ligue professionnelle féminine de hockey aura lieu ce soir. À 19 heures, j’espère que vous vous joindrez tous à moi pour encourager la Charge d’Ottawa. Allez, la Charge, allez!

Merci, meegwetch, et toutes mes excuses pour les oreilles des interprètes.

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