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DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — Le jour J et la bataille de Normandie

6 juin 2023


Les sanglots longs

Des violons

De l’automne

Blessent mon cœur

D’une langueur

Monotone.

Le refrain de cette chanson a été diffusé sur les ondes de Radio Londres en juin 1944 pour signaler à la résistance française que l’invasion de la France était imminente.

Nous soulignons aujourd’hui, en ce 6 juin, le 79e anniversaire du jour J et du lancement de l’opération Overlord, l’invasion de l’Europe occupée par les nazis à partir de la Normandie. Cet événement allait mener à la défaite de Hitler pendant la Seconde Guerre mondiale.

Parmi les quelque 150 000 soldats alliés qui ont débarqué ou ont été parachutés en France, environ 14 000 étaient Canadiens, soit environ 1 sur 10. Des commandants canadiens étaient responsables de l’une des cinq plages, la plage Juno. Les Cameron Highlanders d’Ottawa, qui faisaient partie de la 3e division de l’infanterie canadienne, ont été parmi ceux qui se sont rués vers la rive, aux côtés de six régiments d’artillerie et de la 2e Brigade blindée. Pour appuyer les Canadiens et les armées alliées, la Marine royale canadienne a servi d’escorte, fait du dragage de mines et transporté des militaires; elle a aussi, bien sûr, fait du tir d’appui direct dans le cadre de l’opération Neptune.

Avant le jour J, l’Aviation royale canadienne, en collaboration avec les forces aériennes alliées, a bombardé les territoires occupés pour affaiblir les moyens de défense de l’ennemi. Le 1er Bataillon canadien de parachutistes a été parachuté derrière les lignes ennemies la veille du jour J. Il a réussi à détruire deux ponts dans le but de ralentir de possibles contre-attaques allemandes. Les chasseurs et les bombardiers de l’Aviation royale canadienne ont également fourni une couverture aérienne et un soutien direct aux soldats qui se trouvaient sur les plages.

Selon Francis Godon, du régiment Royal Winnipeg Rifles, la plage Juno était tellement rouge et couverte de sang qu’on avait l’impression de ramper dans du ketchup. Juste derrière les soldats comme Francis, les ambulances de campagne du Corps de santé royal canadien ont débarqué sous les tirs pour rassembler et évacuer les victimes vers les navires-hôpitaux et les bateaux civils qui les attendaient.

Moins de deux semaines après le jour J, les deux premières infirmières militaires canadiennes ont débarqué à Bernières-sur-Mer, en Normandie, avec le 2e Hôpital mobile d’intervention de l’Aviation royale canadienne. Il s’agissait de Dorothy Irene « Molly » Mulholland de Grimsby, en Ontario, et Winnifred « Pit » Pitkethly, d’Ottawa.

Après la guerre, Molly a décrit ce qu’elle avait vécu à sa famille, racontant qu’elle avait dormi la plus grande partie de sa première semaine dans une tranchée et qu’elle avait travaillé 72 heures d’affilée dans la salle d’opération, qui n’était qu’une tente, tandis que les bombes pleuvaient et que le combat faisait rage autour d’elle.

On estime qu’à la fin de la campagne de Normandie, plus de 2 millions de soldats alliés avaient débarqué en France. Environ 200 000 d’entre eux ont été tués ou blessés, ce qui est comparable au nombre de victimes du côté de l’armée allemande. Parmi les victimes chez les soldats alliés, on comptait 18 700 jeunes hommes canadiens, dont plus de 5 000 ont été tués au combat.

Tandis que les souvenirs s’estompent et qu’Hollywood s’empare de l’histoire, il ne faut pas oublier que :

Ils ne vieilliront pas comme nous,

qui leur avons survécu

Ils ne connaîtront jamais l’outrage

Ni le poids des années.

Quand viendra l’heure du crépuscule

Et celle de l’aurore,

Nous nous souviendrons d’eux

Merci.

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