DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — Se souvenir des événements d'octobre 2014
22 octobre 2024
Honorables sénateurs, je prends la parole aujourd’hui pour souligner le 10e anniversaire des horribles attentats qui ont eu lieu au Québec et ici même, à Ottawa, au Monument commémoratif de guerre du Canada et sur la Colline du Parlement.
Le lundi 20 octobre 2014, l’adjudant Patrice Vincent, âgé de 53 ans, pompier militaire comptant 28 années de service, a été tué dans une attaque terroriste à Saint-Jean-sur-Richelieu.
Deux jours plus tard, le mercredi 22 octobre 2014, un autre terroriste a abattu Nathan Cirillo, un caporal réserviste des Argyll and Sutherland Highlanders of Canada, un régiment de Hamilton, alors qu’il montait la garde devant la Tombe du soldat inconnu au Monument commémoratif de guerre du Canada, ici à Ottawa. Ce terroriste est ensuite entré de force dans l’édifice du Centre, mais grâce aux gestes héroïques de personnes telles que l’agent de sécurité de la Chambre des communes Samearn Son, l’agent de la GRC Curtis Barrett, le sergent d’armes Kevin Vickers et d’autres ce jour-là, son plan a été stoppé net. Toutefois, le Hall d’honneur restera marqué à jamais par les balles tirées pendant cette attaque.
Je pense que nos Forces armées canadiennes et notre Parlement étaient visés parce qu’ils représentent deux symboles reconnus de la démocratie et de la liberté canadiennes. Rappelons-nous qu’en 2014, la secte meurtrière qu’est le groupe armé État islamique, ou Daech, avait ouvertement appelé à la décapitation de dirigeants occidentaux, y compris du premier ministre du Canada, et que le Canada faisait partie de la coalition militaire envoyée en Irak et en Syrie pour détruire l’État islamique.
Chers collègues, je ne peux qu’imaginer la peur que ceux d’entre vous — sénateurs et membres du personnel — qui étaient à l’édifice du Centre ce jour-là pour participer aux caucus nationaux ou travailler à votre bureau, ou peut-être simplement en train de marcher vers la Cité parlementaire, ont ressentie, cette peur causée par cette attaque directe contre notre démocratie. Vous avez passé des heures en confinement jusqu’à ce qu’on annonce la fin de l’alerte.
Je tiens à rendre hommage aux membres des Forces armées canadiennes, anciens et actuels, ainsi qu’à la famille et aux amis de l’adjudant Vincent et du caporal Cirillo pour leur sacrifice. Merci de continuer à protéger nos foyers et nos droits, de porter fièrement l’uniforme et d’être là quand le devoir vous appelle, de continuer à vous engager dans les situations les plus difficiles et d’être toujours là pour les Canadiens quand nous avons besoin de vous.
Le Monument commémoratif de guerre du Canada a toujours été un lieu de rassemblement, de souvenir et de réflexion sur les vies perdues pour la défense de la démocratie, généralement loin de nos côtes. Personne n’aurait jamais pensé que la mort viendrait profaner ce site sacré. Pensez-y la prochaine fois que vous y passerez.
Je tiens aussi à remercier les anciens membres du Service de sécurité du Sénat, des services de sécurité de la Chambre des communes et les membres actifs et retraités de la GRC qui étaient présents ce jour-là. Merci d’avoir protégé la démocratie. Merci d’avoir protégé les parlementaires des deux Chambres et d’avoir montré aux Canadiens que leurs dirigeants étaient en sécurité et que la démocratie avait prévalu.
Aucun Canadien ne peut — ni ne doit — oublier que ces terroristes locaux étaient des Canadiens. Tous deux ont été radicalisés et poussés à la violence par des extrémistes qui ont exploité leur ressentiment, leur désaffection et leur impression d’être exclus de la société. Notre société ne peut pas permettre que cela se produise, car nous savons que les conséquences ne pourront être que mortelles. Alors, soyez à l’écoute, engagez-vous et tendez la main à vos concitoyens. Si quelqu’un semble seul, serrez-lui la main ou tendez-lui l’oreille.
Pour conclure, honorables sénateurs, prenez un moment aujourd’hui pour vous souvenir de l’adjudant Patrice Vincent, du caporal Nathan Cirillo et des nombreux autres premiers intervenants extraordinaires qui ont assuré notre sécurité ce jour-là.
Nous nous souviendrons d’eux.