PÉRIODE DES QUESTIONS — Le ministère des Affaires intergouvernementales, de l'Infrastructure et des Collectivités
L'entretien des infrastructures internationales
25 avril 2023
Monsieur le ministre, contrairement à l’Ontario et au Québec, le Nouveau-Brunswick est responsable à un degré inégal de l’entretien des ponts internationaux qui relèvent de la compétence fédérale. Le Nouveau-Brunswick assume 100 % des coûts pour les 10 ponts internationaux de la province, et le Nouveau-Brunswick compte plus de ponts internationaux que toute autre province.
En 1990, le gouvernement fédéral a transféré la propriété et l’entretien de cinq de ces ponts entre le Maine et le Nouveau-Brunswick au gouvernement du Nouveau-Brunswick, qui a également reçu un paiement unique de 5 millions de dollars. Avec le recul, il s’agissait d’une très mauvaise affaire pour la province, mais, comme nous le savons tous, certains gouvernements ont annulé et modifié de mauvais accords par le passé.
Pour mettre les choses en perspective, l’Ontario et le Québec réunis ne sont responsables que de 3 de leurs 16 ponts internationaux. Aujourd’hui, le gouvernement fédéral assume 100 % du coût des tronçons canadien et américain du pont international Gordie-Howe de Windsor.
En tant que Néo-Brunswickois, n’êtes-vous pas d’accord pour dire que le soutien fédéral aux ponts internationaux du Nouveau-Brunswick devrait être réévalué par souci d’équité?
Je vous remercie encore une fois, sénateur Quinn, de votre question pertinente, qui est importante pour notre province, le Nouveau-Brunswick. Mon ministère est responsable de l’Autorité du pont Windsor-Detroit en ce qui concerne la construction du mégaprojet qu’est le pont international Gordie-Howe. Ce projet a connu beaucoup d’embûches. Il pourrait bientôt devenir un exemple de réussite internationale, mais ce mégaprojet ne se compare pas aux ponts dont vous parlez, dans notre province.
En 1990, c’est le gouvernement provincial de Frank McKenna et le gouvernement fédéral du très honorable Brian Mulroney qui ont pris cette décision. C’est ce qu’on a vu un peu partout, dans les ports pour petits bateaux. Le gouvernement fédéral, et le gouvernement libéral suivant — le ministre Doug Young, de notre province — ont fait croire qu’il était préférable, pour une somme qui paraissait considérable à l’époque, de transférer la responsabilité d’une série d’infrastructures publiques aux autorités locales et à des groupes communautaires. Mais comme vous le savez, sénateur Quinn, puisque vous avez été haut fonctionnaire responsable du port de Saint John, 30 ans plus tard, ô surprise, on se rend compte que ces fonds ne sont pas garants de l’avenir.
Le gouvernement du Nouveau-Brunswick ne m’a pas encore présenté de demande en ce sens. Cela dit, je suis convaincu que le premier ministre Blaine Higgs m’enverra très bientôt une lettre. Il n’hésite jamais à écrire au gouvernement du Canada pour lui faire part des différentes façons dont l’argent fédéral pourrait être dépensé au Nouveau-Brunswick.
Si c’est le cas, je la lirai attentivement. Comme je le disais plus tôt, je n’y avais pas réfléchi, si ce n’est pour prendre acte des exemples que vous avez donnés, mais depuis des dizaines d’années, les gouvernements ont tous tendance — quelles qu’en soient les couleurs — à laisser les autres ordres de gouvernement s’occuper de ce qui constitue traditionnellement des responsabilités et des actifs fédéraux.