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Le rapport final de l'Assemblée canadienne de la jeunesse sur le climat

Interpellation--Suite du débat

24 mars 2026


L’honorable Marty Deacon [ - ]

Deux pour un. Je ne sais pas trop comment ça fonctionne, mais mardi soir, c’est la soirée des interpellations.

Honorables sénateurs, j’interviens de nouveau aujourd’hui au sujet de l’interpellation de la sénatrice Coyle sur le rapport final de l’Assemblée canadienne de la jeunesse sur le climat. Je tiens tout d’abord à remercier la sénatrice Coyle d’avoir lancé cette importante discussion au Sénat.

Je tiens également à féliciter les 33 remarquables jeunes Canadiens dont le travail minutieux a permis de produire le rapport nuancé, éloquent et impressionnant dont il est question. Nous comprenons ce que vous dites et nous vous sommes extrêmement reconnaissants pour votre travail.

Ce rapport transmet un message clair et percutant : il est essentiel de réduire notre dépendance aux énergies fossiles, et cette transition passera par l’innovation.

Ayant moi-même travaillé dans les domaines de l’éducation et du sport auprès des jeunes, je ne peux m’empêcher de considérer le monde du sport et nos jeunes comme les leaders potentiels de cette transition. À tous les niveaux, le sport subit déjà les effets du changement climatique. Chaque hiver, les athlètes attendent avec impatience que la neige tombe, en espérant qu’il y en aura suffisamment pour tenir des compétitions. Leurs inquiétudes sont loin d’être sans fondement. À Cortina, les températures moyennes du mois de février ont augmenté de 3,6 degrés depuis que l’Italie a accueilli les Jeux olympiques pour la dernière fois, il y a seulement 20 ans. De plus, les précipitations de neige dans le monde diminuent de façon constante depuis le milieu du XXe siècle.

Les sports d’été ne sont pas épargnés. En janvier, les athlètes de l’Open d’Australie ont joué dans des conditions de chaleur extrême, et les matchs étaient suspendus quand la température atteignait 40 degrés Celsius. Dans les régions côtières, l’élévation du niveau de la mer et l’augmentation des inondations menacent les stades, les terrains de jeu et les sites consacrés aux sports de plage.

Les faits sont clairs : pour préserver le sport tel que nous le connaissons, il faut agir de manière décisive et sans tarder. Les recommandations de l’Assemblée canadienne de la jeunesse sur le climat établissent un cadre pour ce faire.

Les jeunes Canadiens demandent aux gouvernements de financer des travaux de modernisation pour améliorer la résilience des infrastructures. Cette recommandation n’est pas moins pertinente pour les installations sportives. Le dossier progresse : d’innombrables projets visant à améliorer la durabilité et la résilience des infrastructures sportives sont en cours. Parallèlement, de nombreuses organisations sportives locales et provinciales adaptent leurs politiques et leurs programmes de perfectionnement professionnel afin de mieux protéger les athlètes et de mieux gérer les risques liés aux changements climatiques.

Alberta Soccer est un excellent exemple. L’organisation a mis en œuvre des politiques sur la qualité de l’air qui exigent que les arbitres et les entraîneurs modifient l’intensité du jeu, raccourcissent les pratiques ou même reprogramment les activités lorsque la pollution atmosphérique atteint des niveaux inacceptables.

Une lutte concrète contre les changements climatiques va bien au-delà des mesures pour s’adapter à la hausse des températures. Il faut également reconnaître le rôle que le sport lui-même joue dans la crise climatique. Le milieu sportif professionnel génère des émissions par le biais des activités dans les stades, de la production de marchandises et de la gestion des déchets, en plus des nombreux déplacements que doivent faire les athlètes, les employés et les spectateurs. Des efforts sont déployés pour corriger la situation.

Les derniers Jeux olympiques de Milan-Cortina incarnent bien cet impact environnemental. Dans le confort de notre salon, il est facile d’oublier que les athlètes ne compétitionnent pas sur de la vraie neige. C’était peut-être le cas il y a des décennies, mais la diminution des précipitations de neige a rendu cette option de plus en plus rare. De nos jours, les pistes de ski olympiques, les parcours en demi-lune et les parcs de neige dépendent plus de l’eau provenant des sources, des rivières et des réservoirs de barrages qu’à la neige fraîchement tombée.

Cela représente un défi. En raison des changements climatiques, il est plus difficile de tenir des événements sportifs en hiver, ce qui incite les organisateurs à augmenter la production de neige artificielle. Finalement, cette production détourne les ressources en eau et endommage les écosystèmes locaux.

Chers collègues, je crois profondément au pouvoir du sport. Il rassemble des gens de toutes les appartenances nationales, culturelles, linguistiques et religieuses. Cependant, nous ne devrions jamais profiter du sentiment d’unité et de joie que le sport nous procure au détriment de la planète que nous partageons tous. Heureusement, il n’est pas nécessaire qu’il en soit ainsi. Non seulement le sport peut se pratiquer de façon durable, mais il peut aussi démontrer de façon unique que la décarbonation est à la fois réalisable et nécessaire. Peu d’autres domaines peuvent se targuer d’avoir la même portée mondiale, la même diversité démographique ou la même capacité à inspirer l’action collective.

Il est encourageant de constater que de nombreux secteurs du monde sportif ont repris le flambeau. Les ligues majeures cherchent à obtenir des commandites conformes aux normes environnementales, sociales et de gouvernance. Les athlètes militent de plus en plus pour la durabilité. Des installations récréatives sont munies de technologies adaptées au climat.

Le Comité international olympique, ou CIO, se penche sur la question de la durabilité depuis plusieurs décennies. Le prince Albert II de Monaco, qui a participé cinq fois aux Jeux olympiques, préside actuellement la Commission de la durabilité et de l’héritage du Comité international olympique.

Malgré les défis dont vous avez entendu parler, les Jeux olympiques de Milan-Cortina étaient peut-être les plus durables de l’histoire olympique. Quatre-vingt-cinq pour cent des infrastructures utilisées étaient déjà en place. On a développé des grappes sportives, on a utilisé le transport en commun — ce qui a réduit le recours aux voitures particulières —, on a fabriqué les médailles olympiques avec des matières recyclées, on a veillé à la réutilisation de 20 000 articles utilisés lors des Jeux, et on prévoit remettre les sites des jeux à leur état naturel.

Même si les données finales doivent encore être analysées, les organisateurs s’étaient également engagés à ce que 100 % de l’électricité consommée pendant les jeux provienne de sources renouvelables, ce qui reflète l’une des principales recommandations de l’assemblée des jeunes : accélérer la transition vers les énergies propres.

Le Canada fait également des progrès. Des projets d’infrastructure municipaux tels que le centre Hillcrest de Vancouver, l’anneau olympique de Richmond, le Centre des Jeux du Canada d’Halifax et le centre de loisirs communautaire carboneutre de Toronto montrent comment des infrastructures respectueuses du climat peuvent rendre le sport plus durable, plus écoénergétique et plus résilient.

Je suis très fière de M. Seyi Smith, ancien sprinteur canadien en athlétisme et membre de l’équipe nationale de bobsleigh, qui a mis à profit sa notoriété — il est incroyable — et son expérience professionnelle pour combler le fossé entre le sport de haut niveau et la lutte contre les changements climatiques. Il a en effet fondé une entreprise appelée Racing to Zero, qui propose des formations en développement durable, des bilans carbone et un accompagnement en matière de stratégies durables aux organisations sportives locales, régionales et nationales au Canada.

Le Conseil des Jeux du Canada, qui organise, comme nous le savons, des jeux pour les jeunes dans les collectivités du pays aux deux ans généralement, a également été très actif. Il a réussi à renforcer ses capacités et à intégrer la durabilité dans l’ensemble de ses pratiques. Il a lancé une stratégie de durabilité environnementale au printemps 2025 et travaille désormais avec toutes ses sociétés d’accueil sur des initiatives visant à réduire l’impact sur l’environnement tout au long du cycle de vie des jeux, dès la conception et pendant la planification, le déroulement et le suivi.

En 2019, le Conseil des Jeux du Canada est devenu le premier signataire canadien de l’accord-cadre des Nations unies « Le sport au service de l’action climatique ». À ce jour, le conseil maintient son engagement à l’égard de ce cadre qui unit les organisations sportives du monde entier pour qu’elles jouent leur rôle dans la lutte responsable contre les changements climatiques.

Depuis 2022, le Conseil des Jeux du Canada surveille les émissions de gaz à effet de serre liées à l’organisation de ses événements au Canada, notamment les compensations carbone pour les déplacements des participants, les émissions annuelles du détenteur de la franchise et, plus récemment, des mesures des émissions produites par l’ensemble des Jeux du Canada de 2025 tenus à St. John’s, à Terre-Neuve.

En 2027, les jeux auront lieu à Québec. On utilisera toutes ces données, y compris des recommandations détaillées, pour que les jeux produisent le moins d’émissions possible.

Honorables sénateurs, s’il y a un élément de mes observations d’aujourd’hui qui trouvera écho chez vous, j’espère que ce sera celui-ci : nous ne pouvons pas négliger le sport pendant notre examen des recommandations de l’assemblée. La décarbonation du secteur sportif est essentielle, non seulement parce que c’est un émetteur en soi, mais aussi parce que l’avenir même du sport en dépend. De plus, ce qui est peut-être plus important encore, ce secteur a le pouvoir d’inspirer les autres à suivre son exemple.

Merci. Meegwetch.

Honorables sénateurs, je prends la parole aujourd’hui pour participer brièvement à l’interpellation de la sénatrice Coyle au sujet du rapport final de l’Assemblée canadienne de la jeunesse sur le climat. J’ai ressenti le besoin d’ajouter ma voix à celle de la sénatrice Coyle, et j’encourage ceux d’entre vous qui n’ont pas encore pris connaissance du rapport à le faire.

Je tiens à rappeler certains points de son intervention devant le Sénat le 24 février dernier et à formuler d’autres remarques.

Avant de commencer, je tiens à féliciter et à remercier notre collègue la sénatrice Coyle de son leadership et de son dévouement continus en tant que fondatrice et coprésidente du groupe Sénateurs pour des solutions climatiques. À l’heure actuelle, plus de 60 % des sénateurs en sont devenus membres. Comme vous le savez, ce groupe réunit des sénateurs qui veulent en apprendre davantage sur les efforts déployés ici et à l’étranger afin d’explorer des solutions pour lutter contre les changements climatiques.

J’ai eu le plaisir de coprésider ce groupe avec la sénatrice Coyle pendant trois ans. La sénatrice Muggli le copréside depuis mon départ. Je vous remercie et vous félicite d’assumer cette responsabilité.

Au fil des ans, nos séances ont été axées sur des discussions et des présentations instructives de la part d’experts qui nous ont fait part de leur travail et de leur expérience dans les domaines de l’environnement et des changements climatiques. Cela donne aux sénateurs l’occasion d’apprendre et de poser des questions afin que nous puissions mieux comprendre le vaste éventail de sujets abordés dans ce domaine. C’est une occasion d’apprentissage inestimable.

Je vais consacrer le reste de mes brèves observations aux événements qui se sont déroulés en août, septembre et octobre derniers, quand le Sénat a accueilli la toute première Assemblée canadienne de la jeunesse sur le climat.

Les changements climatiques sont une réalité, et leurs effets s’intensifient rapidement et se multiplient. Pensons aux inondations sans précédent, aux incendies, aux sécheresses, à l’érosion des côtes due à l’élévation du niveau de la mer, aux ruissellements printaniers plus importants et aux fluctuations extrêmes des températures. Ce ne sont que quelques exemples, parmi tant d’autres, des défis auxquels nous sommes confrontés, et tous sont des signes qui nous indiquent un déséquilibre.

De plus, il est urgent d’agir avant que cet équilibre ne soit rompu au point de nous faire franchir le point de non-retour. Même si je ne peux pas déterminer où se situe le point de non-retour, je peux affirmer que chacune des 10 dernières années a battu des records de température mondiale, et que l’on prévoit un été encore plus chaud cette année — on verra bien.

Cette assemblée s’inscrivait dans la lignée des assemblées citoyennes organisées depuis de nombreuses années à travers le monde. Ces assemblées réunissent des citoyens sélectionnés pour débattre, poser des questions et donner leur avis sur les enjeux actuels, et leurs conclusions sont transmises aux décideurs gouvernementaux.

Les débats sur cette réalité rassemblent le plus souvent des universitaires bien informés, des responsables politiques, des experts en environnement et ainsi de suite, mais il n’est pas courant d’y associer les jeunes — qui sont en passe d’entrer dans l’âge adulte — et de leur demander leur avis sur les changements climatiques.

La sénatrice Coyle a été le moteur qui a permis de concrétiser cette idée : la tenue de la première assemblée de la jeunesse sur le climat au Canada. Quand la sénatrice Coyle m’a parlé pour la première fois de son idée d’organiser une assemblée de la jeunesse sur le climat, je ne savais pas trop où elle voulait en venir, mais, plus elle parlait, plus je comprenais que cette femme originaire de Nouvelle-Écosse — d’Antigonish — n’allait pas se laisser détourner de son objectif. Elle allait y arriver, et c’est ce qu’elle a fait, et je l’en félicite.

Il y avait 33 jeunes participants, âgés de 18 à 25 ans, lesquels ont été retenus parmi plus de 700 candidats. Issus de toutes les régions du pays, ils incarnent la diversité qui fait du Canada ce qu’il est.

Ils ont participé à plusieurs séances de travail au cours desquelles ils ont échangé leurs points de vue, organisé leurs travaux, collaboré et rédigé le rapport qui fait l’objet de la présente interpellation et qui résume le fruit de leurs efforts communs. Si vous n’avez pas encore lu ce rapport, je vous encourage à le faire. Il fait état de la réflexion perspicace des dirigeants de demain.

L’assemblée a entendu des experts, a tenu un dialogue approfondi, tant en petits groupes qu’en séance plénière, et est parvenue à un consensus sur les 23 recommandations présentées dans son rapport final.

Les recommandations ont été regroupées en trois thèmes : se préparer aux risques climatiques, réduire les émissions du secteur pétrolier et gazier, et la reddition de comptes en matière de climat. Les observations des participants étaient pertinentes, leur détermination, admirable et leurs arguments, convaincants.

Dans ce rapport, les participants signalent qu’ils ont une expérience directe des effets des changements climatiques sur leur vie. Ils se disent déçus que les opinions des jeunes ne soient pas entendues, et je conviens que c’est effectivement le cas, la plupart du temps.

Ils sont unis par un objectif commun : bâtir un avenir vert et durable. Ils se disent prêts à relever le défi et impatients de montrer la voie. Ils sont non seulement prêts à exiger des solutions, mais aussi à y participer.

C’est apparu très clairement quand les participants à l’assemblée ont eu l’occasion de présenter leur rapport à un groupe de sénateurs et de députés ici, au Sénat, le 21 septembre 2025. À la fin de leur exposé, les parlementaires ont posé des questions qui donnaient matière à réflexion, et les réponses des participants à l’assemblée ont démontré qu’ils comprenaient bien les enjeux et pouvaient apporter une contribution pragmatique axée sur des solutions à la discussion plus large sur les changements climatiques.

Cependant, ils soulignent également ce que nous devrions déjà faire : encourager les parlementaires, les décideurs publics et les acteurs du secteur privé à trouver la force d’être à la hauteur de l’occasion et d’agir.

Chers collègues, je tiens à résumer brièvement tout ce qui s’est passé lors de cette assemblée. Ils nous ont mis au défi de tenir compte d’eux, de leurs réflexions et de leur volonté de participer à un dialogue qui mènera à des solutions pour atténuer les effets désastreux des changements climatiques.

Pour ma part, j’estime que la présentation de dimanche dernier a donné un excellent aperçu des points de vue des jeunes de partout au Canada, qui étaient représentés par les participants. Je me suis également senti très optimiste quant à notre avenir et à notre capacité à faire face aux changements climatiques. Ces futurs leaders continueront d’inciter cette génération à faire avancer les choses.

À mesure que leur propre histoire s’écrira, l’action climatique sera menée avec encore plus de détermination. Nous nous devons, pour eux et pour les générations futures, de prendre cela au sérieux.

En terminant, je répète que le groupe Sénateurs pour des solutions climatiques offre à tous une occasion d’en apprendre davantage et de mieux comprendre les défis associés aux changements climatiques, et qu’il peut nous orienter dans une direction qui nous permettra de nous impliquer davantage et d’être plus attentifs aux besoins des jeunes Canadiens.

Je tiens à ajouter que la participation au groupe ne demande pas beaucoup de temps, mais que ce temps est bien utilisé. Plus nous sommes informés, plus nous pouvons contribuer à cette discussion de manière significative. Je conclus en vous remerciant, chers collègues, de m’avoir permis de vous faire part de ces brèves observations.

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