Aller au contenu

DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — Le Mois de la sensibilisation au deuil périnatal

22 octobre 2026


L’honorable Mohamed-Iqbal Ravalia

Honorables sénateurs, octobre est le Mois de la sensibilisation au deuil périnatal et le 15 octobre, la Journée de sensibilisation au deuil périnatal. Tous deux commémorent les vies que l’on espérait, celles qui se sont éteintes et l’amour qui perdure néanmoins.

Pour d’innombrables femmes et familles, la grossesse commence par le rêve tranquille d’un avenir encore à construire. Or, lorsqu’une grossesse ne se rend pas à terme ou que la vie d’un bébé est tragiquement écourtée, ce rêve s’éteint aussi, laissant dans son sillage un chagrin que les mots arrivent rarement à exprimer.

Qu’il s’agisse d’une fausse couche, d’une grossesse ectopique, d’une mortinaissance ou de la mort d’un nourrisson, chaque expérience est profondément personnelle, et la douleur qui l’accompagne reste souvent muette, imperceptible ou ignorée.

En 35 ans de pratique de la médecine familiale, j’ai eu le privilège d’accompagner des patientes aussi bien dans l’espoir et l’enthousiasme que suscite une grossesse que dans la détresse profonde qu’elle engendre quand elle se termine par un deuil. Aussi courant soit-il, le deuil périnatal passe néanmoins trop souvent sous silence et fait encore l’objet de bien des préjugés.

Aux quatre coins du Canada, des femmes et des familles doivent, encore aujourd’hui, surmonter ce genre d’épreuve sans bénéficier du soutien nécessaire. Au-delà du rétablissement physique, elles doivent composer avec des troubles émotionnels, l’isolement et le difficile retour au train-train quotidien tout en vivant leur deuil souvent invisible.

L’accès à un suivi médical, à des services de santé mentale et, surtout, à une aide aux personnes en deuil demeure à géométrie variable, surtout en région rurale ou éloignée.

Il faut passer de la conscientisation aux gestes concrets : recueillir davantage de données à l’échelle nationale, faire progresser la recherche sur les répercussions physiques et psychologiques du deuil périnatal, et travailler main dans la main avec les provinces et territoires afin que les familles aient accès rapidement à des soins continus et empreints de compassion.

Honorables sénateurs, le deuil ne suit aucun calendrier, et ce n’est pas parce qu’un souffle s’éteint que l’amour disparaît. Même la vie la plus courte peut laisser une cicatrice indélébile sur le cœur des personnes qui l’ont chérie.

Je le dis à toutes les femmes et à toutes les familles qui ont subi un deuil périnatal : ce que vous avez vécu n’a rien d’anodin. J’espère que vous tirerez un certain réconfort de l’idée que nous ne sommes pas insensibles à votre deuil et que vous n’avez pas à traverser cette épreuve par vous-mêmes.

Merci. Meegwetch.

Haut de page