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Le Sénat

Motion exhortant le gouvernement à étudier la création d'un programme souverain et national de Voyageurs vérifiés--Suite du débat

24 février 2026


Honorables sénateurs, je suis heureuse de prendre la parole au sujet de la motion de ma collègue la sénatrice Simons, qui propose que le Canada crée un programme souverain et national de voyageurs vérifiés pour les Canadiens qui voyagent au pays.

En ce moment, de nombreux voyageurs canadiens bénéficient de procédures de sécurité simplifiées et de voies réservées dans le cadre du programme NEXUS, qui est géré en collaboration par le Canada et les États-Unis. À l’heure actuelle, les Canadiens qui souhaitent demander une carte NEXUS doivent se soumettre à une entrevue avec des agents frontaliers américains et canadiens. Or, compte tenu du climat politique actuel, il y a beaucoup de Canadiens qui ne se sentent plus à l’aise avec cette exigence.

La proposition de la sénatrice Simons consiste à créer un programme canadien de voyageurs vérifiés pour les Canadiens et les résidents permanents qui voyagent au pays. Il s’agit d’une proposition judicieuse qui a obtenu l’appui du Conseil des aéroports du Canada.

Je crois qu’il s’agit d’une approche sensée qui simplifiera les déplacements tout en nous donnant les moyens de défendre nos valeurs. Elle permettra à un plus grand nombre de Canadiens d’accéder à la présélection. De plus, il s’agira d’une option plus inclusive, étant donné le récent refus des États-Unis de reconnaître les passeports indiquant des genres autres que les hommes ou les femmes.

Nous devons miser davantage sur la réputation internationale du Canada en matière d’inclusion, de sécurité et de bonne gouvernance. Un système de voyageurs vérifiés bien géré et administré par le Canada, qui ne discrimine pas les Canadiens de diverses identités de genre, nous permettrait d’être à la hauteur de cette réputation sur le territoire national.

Pour la plupart des gens, la carte NEXUS n’est qu’un moyen plus rapide de passer les contrôles à l’aéroport ou à la frontière, mais il ne faut pas oublier que les programmes de voyageurs dignes de confiance concernent avant tout la sécurité nationale.

Les dirigeants canadiens de tous les horizons politiques ont évoqué la nécessité d’affirmer notre souveraineté et de renforcer notre indépendance par rapport aux États-Unis, et avec raison. Il me semble que le fait de s’en remettre aux autorités américaines pour le contrôle préalable des voyageurs envoie un message contraire.

Comme la sénatrice Simons l’a déclaré récemment à CBC :

Il est inhabituel pour un pays de sous-traiter son système de contrôle rapide de sécurité aéroportuaire à un pays étranger. Nous avons en quelque sorte profité du processus NEXUS pour éviter d’en créer un.

Le système canadien qu’elle propose ne remplacerait pas le régime NEXUS actuel. Il est important de souligner que les États-Unis ont déjà leur propre programme national de voyageurs vérifiés, distinct du programme NEXUS. Il n’y a aucune raison de croire que le fait que le Canada fasse de même compromettrait la capacité des Canadiens et des résidents permanents canadiens à présenter une demande de carte Nexus. On créerait simplement une autre option qui permettrait aux voyageurs admissibles d’avoir accès à des files d’attente plus courtes et à des contrôles plus rapides quand ils voyagent au Canada, sans avoir à passer par les chaînes d’approbation américaines.

Franchement, il n’est pas logique qu’une personne qui voyage d’Ottawa à Winnipeg ou de Calgary à Vancouver doive obtenir l’approbation des États-Unis pour bénéficier des avantages réservés aux voyageurs dignes de confiance dans notre propre pays.

J’aimerais ouvrir une parenthèse pour parler de l’état des aéroports du Canada. C’est un sujet brûlant dans le milieu touristique, mais la plupart des gens n’y pensent pas beaucoup, sauf lorsqu’il s’agit de calculer l’heure où ils doivent partir pour ne pas manquer leur vol.

En tant que sénateurs de tous les coins du pays, nous passons plus de temps dans les aéroports que la plupart des gens. Je suis sûre que nous avons tous vu de nos propres yeux certaines des insuffisances qui créent des complications pour les voyageurs : longues files d’attente, manque de personnel, vols retardés, etc.

Comme beaucoup de sénateurs le savent, je suis la vice-présidente du caucus parlementaire sur le tourisme. Une de nos principales priorités — et c’est quelque chose dont nous parlent souvent les intervenants du secteur du tourisme et des transports —, c’est la nécessité de fluidifier les déplacements à destination du Canada et à l’intérieur du pays.

Pourquoi est-ce si important? Parce que les voyageurs se souviennent des mauvaises expériences. Ils se souviennent des inconvénients liés à des temps d’attente excessifs aux contrôles de sécurité, aux correspondances manquées, au fait d’avoir eu besoin d’aide et de n’avoir trouvé personne pour les aider. Ces expériences sapent la confiance dans le système canadien. Elles découragent le tourisme intérieur et rendent les voyages d’affaires moins efficaces. Elles jouent en notre défaveur quand nous souhaitons accueillir de grandes conférences et événements internationaux.

Cela me peine de le dire, car nous avons tant à offrir aux voyageurs — des villes sûres et modernes et des sites naturels uniques —, mais pour tirer pleinement parti du potentiel du Canada, nous devons réduire les obstacles et simplifier nos processus.

C’est l’une des raisons pour lesquelles je suis personnellement séduite par l’idée de créer un programme de voyageurs vérifiés « fait au Canada ». En facilitant la reconnaissance d’un plus grand nombre de Canadiens et de résidents permanents comme voyageurs de confiance, un tel programme pourrait contribuer à réduire les files d’attente aux contrôles de sécurité et à rendre les déplacements au Canada plus efficaces.

Plus largement, c’est aussi un exemple du type de réflexion novatrice que nous devrons adopter si nous voulons stimuler le tourisme intérieur et faire du Canada une destination de classe mondiale.

Cette idée est l’occasion de mieux répondre aux besoins des voyageurs canadiens et d’encourager le tourisme intérieur, tout en défendant notre souveraineté nationale. Cela me semble être une solution qui ne présente que des avantages.

Merci.

(Sur la motion de la sénatrice Martin, le débat est ajourné.)

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