PÉRIODE DES QUESTIONS — Le ministère des Ressources naturelles
L’industrie pétrolière et gazière
14 décembre 2022
Je vous remercie et vous souhaite la bienvenue, monsieur Wilkinson. À la fin du mois d’août, le chancelier allemand Olaf Scholz est venu à Terre-Neuve-et-Labrador, la province que je représente, pour une visite officielle. Il cherchait, entre autres, d’autres sources d’approvisionnement en gaz naturel que la Russie après avoir subi des pressions à ce sujet. Le chancelier Scholz a souligné que le Canada était son premier choix, et il n’est pas le seul en Europe qui considère que le Canada est la meilleure option pour l’approvisionnement en gaz naturel et pour les sources d’énergie autres que le pétrole.
Il est venu ici pour conclure une entente, monsieur le ministre, et il s’est fait montrer la porte. En fait, le premier ministre Trudeau a dit, lors d’une conférence de presse conjointe, qu’il n’y a jamais eu d’arguments de poids pour justifier une telle entente. Bien sûr, nous savons que ce n’est pas le cas. Par ailleurs, nous avons maintenant appris que l’Allemagne a signé, avec le Qatar, une entente sur le gaz naturel d’une durée de 15 ans et d’une valeur de plusieurs milliards de dollars.
Monsieur le ministre, il existe un régime de réglementation, un marché et un approvisionnement de ce marché. L’Allemagne est l’une de nos alliées et l’une de nos partenaires de l’Accord économique et commercial global. Quand l’industrie canadienne pourra-t-elle obtenir des précisions du gouvernement sur ces débouchés?
Merci de votre question. Comme je l’ai dit plus tôt, nous sommes tout à fait prêts à soutenir, de toutes les façons possibles, nos amis en Europe en cette période de grand stress. C’est pour cette raison que nous avons augmenté la production et l’approvisionnement de pétrole et de gaz, par l’entremise des États-Unis, de 300 000 barils par jour et nous sommes en voie d’atteindre cet objectif. Du gaz naturel liquide sera exporté du Canada dès 2024 à partir des installations que LNG Canada est en train de construire à Kitimat.
Sur la côte Est, ce que les Allemands ont affirmé publiquement — et qu’ils m’ont répété à plusieurs reprises —, c’est qu’ils ont besoin d’une solution qui serait prête d’ici trois ans, autrement, cela ne les intéresse pas. Ils croient être en mesure d’avoir complètement remplacé le gaz russe d’ici là, notamment grâce à la transition qu’ils veulent opérer à grande vitesse vers les énergies renouvelables et l’hydrogène et grâce à des contrats qu’ils pourraient conclure avec d’autres alliés qui disposent des capacités nécessaires.
Nous nous sommes attelés à la tâche. En fait, il n’y a vraiment qu’un seul projet susceptible de respecter cet échéancier. Il faudrait un pipeline déjà existant et, idéalement une infrastructure déjà en place. Or, on trouve tout cela au Nouveau-Brunswick, mais le pipeline nécessite des travaux de mise à niveau, dont une partie au Canada et une autre aux États-Unis, puisqu’il passe dans le Maine et le New Hampshire. Nous examinons cette possibilité et nous travaillons activement avec le premier ministre Higgs sur le dossier. Si vous vous adressez à TC Énergie, la société exploitant le pipeline, vous constaterez qu’elle se préoccupe de l’approbation du processus réglementaire aux États-Unis. Elle n’est pas préoccupée par l’approbation au Canada.
Pour ce qui est de l’étude de rentabilité, je crois que nous avons peut-être trouvé une façon de contourner le problème, mais il coûte très cher d’expédier du gaz de l’Alberta jusqu’au Nouveau‑Brunswick. Cependant, il y a peut-être un mécanisme de financement différent qui permette de ne pas payer exactement la même chose que si le gaz venait du golfe du Mexique. Nous analysons encore cette possibilité, mais il faut comprendre que l’enjeu réglementaire se trouve du côté des Américains, et non de celui des Canadiens.