DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — L'honorable Fabian Manning
3 mai 2023
Honorables sénateurs, je prends la parole aujourd’hui pour rendre hommage à notre collègue — et il ignore totalement ce qui l’attend — l’honorable sénateur Fabian Manning, qui, il y a 30 ans jour pour jour, a été élu député à l’Assemblée législative de Terre-Neuve-et-Labrador dans la circonscription de St. Mary’s—The Capes lorsqu’il n’avait que 28 ans.
Son élection à l’assemblée législative provinciale ne représente pas son entrée en politique puisque son mandat de député a été précédé de trois mandats au sein du conseil municipal de St. Bride’s. Il a également fait partie de l’association locale de développement régional, a été pompier volontaire pendant 15 ans, a siégé au conseil paroissial local et bien plus encore. Le sénateur Manning a servi les habitants de sa collectivité, de sa province et de son pays pendant la majeure partie de sa vie et tout au long de sa carrière.
Presque tout le monde ici sait que le sénateur Manning est un défenseur infatigable des victimes de mauvais traitement, le président habile du Comité sénatorial permanent des pêches et des océans, un maître conteur de toute histoire qui concerne Terre‑Neuve-et-Labrador et, bien sûr, un collègue de confiance.
Cependant, chers collègues, ce n’est pas tout. Il y a 18 ans ce mois-ci, il s’est fait expulser du caucus provincial du Parti progressiste-conservateur pour avoir osé exprimer son opinion sur une importante politique sur les pêches. Il a fait cavalier seul sur la place publique pour défendre son point de vue sur une question essentielle. La sénatrice Marshall en sait quelque chose, mais elle ne me le dira pas à cause du secret du caucus. En adoptant sa position de principe, le sénateur Manning s’est exclu du caucus progressiste-conservateur au pouvoir, dans un revirement dramatique plein de menaces, d’ultimatums et d’intrigue politique, suivis d’une brève impasse et, finalement, d’un vote. Il n’a pas changé de camp pour se joindre à un autre parti. Non, ses principes étaient inébranlables, et ils le sont toujours. Il a siégé en tant que progressiste-conservateur indépendant. S’il s’était joint à un autre parti, il se serait fait expulser de sa famille — sans doute les plus ardents partisans du Parti progressiste-conservateur jamais vus dans notre province. Les Manning y sont investis depuis des générations, et font tous partie de la même équipe.
Sur la scène politique, le sénateur Manning a plus de victoires que de défaites. Il a été élu lors de la campagne fédérale de 2006, puis a été défait lors de celle de 2008. Il a été nommé au Sénat en janvier 2009. Il a démissionné deux ans plus tard pour se porter à nouveau candidat lors des élections de 2011, mais il a été battu. Peu de temps après, il a été nommé de nouveau au Sénat. C’était comme s’il avait gagné à la loterie deux fois. Quand il a appelé son père pour lui annoncer la nouvelle, ce dernier lui a donné un sage conseil : « Fabian, cette fois-ci, contente-toi de t’asseoir et de te taire! » C’est un bon conseil qu’il suit de temps à autre.
J’ai mentionné l’éducation du sénateur Manning. Il conserve les valeurs que ses parents lui ont inculquées. Je connais sa famille — ses frères, son épouse Sandra, de même que leurs enfants Mark, Fabian et Heather. Heather, en particulier, suit l’exemple de son père en servant la collectivité et en tendant la main aux gens dans le besoin. Elle consacre son temps à des causes louables pour lesquelles elle recueille des fonds. Tout comme son père, elle est une personne impressionnante que rien ne peut arrêter. D’ailleurs, Heather a reçu la médaille du 150e anniversaire du Sénat en reconnaissance de son service communautaire exemplaire. Bien sûr, elle n’a pas été mise en nomination par le sénateur Manning, mais par nul autre que le Président Furey. Ce prix lui a été remis dans le cadre d’une cérémonie à l’Hôtel du gouvernement, à St. John’s. C’était un honneur pour moi d’assister à une cérémonie rendant hommage à une personne si méritante.
En terminant, chers collègues, il arrive souvent que les personnes à qui nous rendons hommage le méritent pleinement, mais se soient déjà éteintes, alors c’est bon de pouvoir rendre hommage à quelqu’un qui le mérite autant et qui est encore parmi nous — et je dois dire qu’en cette journée mémorable, personne ne le mérite plus que vous, sénateur Manning. Merci.