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Incarner l'égalité réelle : pour un règlement de la partie VII complet, robuste et ambitieux

L’avant-projet de règlement visant à faire progresser l’égalité de statut et d’usage du français et de l’anglais manque de clarté et ne traduit pas pleinement les objectifs poursuivis lors de la modernisation de la Loi sur les langues officielles.

Faits saillants

La partie VII a été insérée dans la Loi sur les langues officielles (la Loi), en 1988, entre autres pour donner vie au principe de progression vers l’égalité de statut et d’usage du français et de l’anglais, inscrit au paragraphe 16(3) de la Charte canadienne des droits et libertés. Depuis, cette partie de la Loi a suscité à la fois espoir et déception. Son imprécision et ses problèmes de conformité ont fait l’objet de plaintes, d’enquêtes, de recours judiciaires et de nombreuses études.

En 2005, à l’initiative du Sénat, un pouvoir réglementaire a été inscrit à la partie VII. Aucun règlement n’a été adopté depuis ce moment jusqu’à la révision en profondeur de la Loi en 2023. Contrairement aux attentes qu’il suscitait, l’avant-projet de règlement déposé au Sénat en décembre 2025 n’est pas à la hauteur des ambitions de la Loi modernisée.

Dans ce rapport, le Comité sénatorial permanent des langues officielles (le Comité sénatorial) présente les résultats de ses audiences publiques sur le cadre réglementaire de la partie VII de la Loi. Au total, ce sont 48 témoins et 19 mémoires ou suivis qui ont alimenté ses 17 recommandations. Celles-ci ont pour objectif d’inciter le gouvernement fédéral à adopter un règlement complet, robuste et ambitieux, qui incarne l’égalité réelle.

Ce rapport s’adresse principalement au président du Conseil du Trésor, responsable de la prise de ce règlement. Le manque de clarté de la proposition réglementaire fait craindre de nouveaux litiges à l’horizon. En définissant des processus, sans prévoir atteindre des résultats concrets, celle-ci n’incarne pas l’égalité réelle et ne respecte pas la vision ambitieuse du législateur. Le risque de perpétuer des lacunes existantes, en produisant des résultats inadéquats et difficilement mesurables parmi les institutions fédérales, est toujours présent.

Dans ses travaux ayant précédé la modernisation de la Loi, le Comité sénatorial avait plaidé pour l’adoption d’un règlement de la partie VII fondé sur une interprétation large de ses obligations. Celui-ci devait veiller à ce que la prise des mesures positives se fasse en suivant des principes communs. Avec la Loi modernisée, le renforcement du règlement proposé est indispensable.

Le Comité sénatorial demande d’entrée de jeu d’inclure dans le règlement un énoncé d’objet. Celui-ci favorisera une interprétation large des obligations et clarifiera, par des renseignements contextuels tirés de la Constitution, de la Loi et de la jurisprudence, les effets recherchés par le règlement. Le Comité sénatorial sollicite également des définitions claires qui limiteront les interprétations variables de certains concepts et amélioreront la conformité à la Loi.

Le Comité sénatorial émet plusieurs recommandations pour assurer une mise en œuvre continue des obligations de la partie VII, à la lumière des principes établis par la Cour d’appel fédérale. Ainsi, le règlement devra préciser l’obligation des institutions fédérales d’effectuer une analyse d’impact avant chaque décision. Il énoncera leur devoir d’élaborer un plan d’action portant sur la mise en œuvre de leurs obligations. De plus, il précisera la marche à suivre pour l’inclusion de clauses linguistiques dans les accords avec les gouvernements provinciaux et territoriaux qui touchent à la mise en œuvre de la partie VII. Au Québec, les mesures à prendre par les institutions fédérales tiendront compte de l’ensemble des dispositions de la Loi, qui sont complémentaires. En éducation, elles s’attarderont aux apprentissages de qualité en contexte non formel et informel.

Le Comité sénatorial fait écho aux demandes entendues, c’est-à-dire que les mesures prises doivent non seulement avoir un effet favorable, mais mesurable. Il recommande de préciser l’obligation de fonder les analyses et d’appuyer les activités de dialogue et de consultation sur des recherches et des données probantes. Il insiste pour une collecte plus systématique de données désagrégées et l’intégration de variables linguistiques dans les bases de données internes des institutions fédérales. De cette façon, le règlement mènera à des actions plus efficaces et des mesures positives plus concrètes.

En outre, le Comité sénatorial énonce une série de critères à inscrire dans le cadre réglementaire pour permettre la tenue de consultations efficaces avec les communautés de langue officielle en situation minoritaire et les autres intervenants. Il s’agit d’un prérequis essentiel pour prendre des mesures positives concrètes et prévoir des stratégies pour atténuer les impacts négatifs.

Des mécanismes de reddition de compte à toutes les étapes de la mise en œuvre des engagements de la partie VII sont nécessaires. Toute l’information en lien avec cette partie de la Loi, tant pour les plans d’action, les données collectées ou les clauses linguistiques en vigueur, devrait être rendue publique dans un répertoire commun.

Le Comité sénatorial demeure convaincu que l’obligation d’appliquer une lentille des langues officielles permettra une véritable progression vers l’égalité réelle. De plus, l’élaboration d’un cadre de gouvernance qui établit clairement les responsabilités de chacun, tant à la tête de l’appareil fédéral que dans les institutions fédérales elles-mêmes, facilitera la mise en œuvre, l’évaluation et la surveillance de la partie VII.

Finalement, le Comité sénatorial estime que le prochain examen statutaire de la Loi, prévu en 2033, devra assurer la continuité du changement de culture souhaité, après l’entrée en vigueur du cadre réglementaire. Dans un objectif de progression vers l’égalité réelle, le gouvernement fédéral pourra inscrire dans le cadre législatif des dispositions pour améliorer la collaboration intergouvernementale, prévoir une reddition de compte axée sur les résultats et assurer une meilleure conciliation des engagements de la partie VII. De plus, il est de mise d’évaluer la pertinence d’uniformiser les révisions statutaires de la Loi et des règlements afférents, dans l’intention d’assurer une application cohérente de l’ensemble des dispositions.

Recommandations

Recommandation 1

Modifier l’avant-projet de règlement sur les langues officielles (progression vers l’égalité de statut et d’usage du français et de l’anglais) afin d’y inclure un énoncé d’objet qui fournit des renseignements contextuels pour guider sa mise en œuvre. Dans les circonstances, prévoir que les obligations des institutions fédérales :

  • s’inscrivent dans le prolongement du paragraphe 16(3) de la Charte canadienne des droits et libertés et du principe constitutionnel non écrit de protection des minorités;
  • s’inscrivent dans les principes d’interprétation des droits linguistiques énoncés à l’article 3.1 de la Loi sur les langues officielles;
  • préservent les principes établis par la jurisprudence, y compris ceux de la Cour d’appel fédérale dans la décision Canada (Commissariat aux langues officielles) c. Canada (Emploi et Développement social);
  • incarnent les critères énoncés aux paragraphes 41(6) à 41(10) de la Loi sur les langues officielles, dans le but de favoriser une compréhension uniforme des mesures positives.

Recommandation 2

Modifier l’avant-projet de règlement sur les langues officielles (progression vers l’égalité de statut et d’usage du français et de l’anglais) afin de définir clairement les termes susceptibles d’être interprétés de manière variable, comme « mesures positives », « initiative », « apprentissages de qualité en contexte formel, non formel ou informel », « autres intervenants », « transfert des responsabilités », « institutions fortes » et « épanouissement ». Dans les circonstances, prévoir :

  • qu'une interprétation large et libérale de ces termes soit privilégiée, conformément à l’article 3.1 de la Loi sur les langues officielles;
  • que les communautés de langue officielle en situation minoritaire et les autres intervenants concernés par ces définitions soient consultés.

Si elles ne peuvent être apportées dans le cadre réglementaire lui-même, intégrer ces clarifications dans le guide sur la partie VII existant, en y reflétant la vision ambitieuse de la Loi sur les langues officielles modernisée et en le rendant accessible à toutes les institutions fédérales qui y sont assujetties. Puis, modifier les paragraphes 41(10.4) et 41(11) de la Loi sur les langues officielles lors du prochain examen décennal de celle-ci, afin de permettre l’officialisation de ces définitions par la voie réglementaire.


Recommandation 3

Modifier l’avant-projet de règlement sur les langues officielles (progression vers l’égalité de statut et d’usage du français et de l’anglais) afin d’obliger les institutions fédérales à effectuer une analyse avant chaque décision pouvant avoir une incidence sur les engagements pris aux paragraphes 41(1) à 41(3) de la Loi sur les langues officielles. Dans les circonstances, prévoir :

  • que les analyses soient effectuées en continu, tant pour la prise des mesures positives, l’évaluation des impacts négatifs, que l’inclusion de clauses linguistiques dans les accords intergouvernementaux;
  • que les résultats des analyses soient rendus publics ou tout au moins communiqués aux communautés de langue officielle en situation minoritaire et aux autres intervenants qui participent aux activités de dialogue et de consultation.

Recommandation 4

Modifier l’avant-projet de règlement sur les langues officielles (progression vers l’égalité de statut et d’usage du français et de l’anglais) afin d’énoncer le devoir des institutions fédérales assujetties à la partie VII de la Loi sur les langues officielles d’élaborer un plan d’action portant sur la mise en œuvre de leurs obligations. Dans les circonstances, prévoir :

  • que ce plan d’action énonce les mesures concrètes prises avec l’intention d’avoir un effet favorable sur les engagements énoncés aux paragraphes 41(1) à 41(3) de la Loi sur les langues officielles;
  • qu’il soit assorti d’indicateurs de rendement développés en consultation avec les communautés de langue officielle en situation minoritaire et les autres intervenants, de résultats à atteindre, d’échéanciers de mise en œuvre ainsi que de mécanismes d’évaluation et de surveillance;
  • qu’il soit rendu public, dans un répertoire commun géré par le Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada.

Recommandation 5

Modifier l’avant-projet de règlement sur les langues officielles (progression vers l’égalité de statut et d’usage du français et de l’anglais) afin d’insérer dans la liste des facteurs à prendre en compte des références directes aux particularités du régime linguistique du Québec. Dans les circonstances, prévoir :

  • que les obligations applicables au Québec s’inscrivent dans le contexte des dispositions suivantes de la Loi sur les langues officielles, qui sont complémentaires :
    • le principe d’interprétation qui spécifie l’appui au développement des minorités francophones et anglophones en vue de les protéger, tout en tenant compte qu’elles ont des besoins différents, à l’alinéa 2b);
    • le principe d’interprétation qui énonce l’objectif de favoriser l’existence d’un foyer francophone majoritaire dans un Québec où l’avenir du français est assuré, à l’alinéa 2b.2);
    • l’engagement à favoriser l’épanouissement des communautés anglophones du Québec, au paragraphe 41(1);
    • la reconnaissance de la Charte de la langue française du Québec et le respect des champs de compétence de cette province, à l’alinéa 45.1(1)b) et au paragraphe 45.1(2).

Recommandation 6

Modifier l’avant-projet de règlement sur les langues officielles (progression vers l’égalité de statut et d’usage du français et de l’anglais) afin d’insérer dans la liste des facteurs à prendre en compte des références directes aux apprentissages dans la langue de la minorité tout au long de la vie. Dans les circonstances, prévoir :

  • qu’un accent particulier soit mis sur la prise en compte des apprentissages de qualité en contexte non formel et informel.

Recommandation 7

Modifier l’avant-projet de règlement sur les langues officielles (progression vers l’égalité de statut et d’usage du français et de l’anglais) afin de préciser la marche à suivre pour l’inclusion de clauses linguistiques dans les accords intergouvernementaux. Dans les circonstances, prévoir :

  • qu’une consultation avec les communautés de langue officielle en situation minoritaire et les autres intervenants est nécessaire à toutes les étapes de la négociation et de la mise en œuvre de ces accords;
  • que les institutions fédérales doivent mettre en place des mesures en cas de non-respect des clauses par les gouvernements provinciaux et territoriaux;
  • que ces clauses doivent faire l’objet d’une évaluation et d’une surveillance en continu.
  • qu’elles soient rendues publiques, dans un répertoire commun géré par le Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada.

Recommandation 8

Modifier l’avant-projet de règlement sur les langues officielles (progression vers l’égalité de statut et d’usage du français et de l’anglais) afin de préciser l’obligation pour les institutions fédérales de fonder leurs analyses et d’appuyer leurs activités de dialogue et de consultation sur des recherches et des données probantes. Dans les circonstances, prévoir :

  • que des données soient collectées en continu et produites en consultation avec les communautés de langue officielle en situation minoritaire et les autres intervenants;
  • qu’elles éclairent l’évaluation et la surveillance des mesures prises pour mettre en œuvre les engagements énoncés aux paragraphes 41(1) à 41(3) de la Loi sur les langues officielles;
  • qu’elles s’appuient sur l’expertise des établissements postsecondaires desservant les populations minoritaires, à condition de leur fournir les outils et les ressources nécessaires à leur production et à leur évaluation;
  • qu’elles soient rendues publiques, dans un répertoire commun géré par le Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada.

Recommandation 9

Modifier l’avant-projet de règlement sur les langues officielles (progression vers l’égalité de statut et d’usage du français et de l’anglais) afin d’inciter les institutions fédérales à intégrer des variables linguistiques dans leurs bases de données internes. Dans les circonstances, prévoir :

  • une collecte systématique de données permettant de mesurer et d’évaluer la progression vers l’égalité réelle des deux langues officielles tout en prenant en compte :
    • les besoins différents des communautés francophones et anglophones en situation minoritaire;
    • la situation particulière du français.

Recommandation 10

Modifier l’avant-projet de règlement sur les langues officielles (progression vers l’égalité de statut et d’usage du français et de l’anglais) afin de permettre la tenue de consultations efficaces avec les communautés de langue officielle en situation minoritaire et les autres intervenants. Dans les circonstances, prévoir :

  • que les activités de dialogue et de consultation soient menées en continu, dans le respect de tous les principes énoncés aux paragraphes 41(9) et 41(9.1) de la Loi sur les langues officielles;
  • qu’elles se tiennent en amont des décisions, tant pour la prise des mesures positives, l’évaluation des impacts négatifs, que l’inclusion de clauses linguistiques dans les accords intergouvernementaux;
  • qu’elles établissent une marche à suivre claire et favorisent la participation active des organismes bénéficiaires :
    • en prévoyant des délais suffisants pour garantir cette participation;
    • en tenant compte de la capacité d’agir des organismes et en leur offrant du soutien, au besoin;
    • en assurant une rétroaction continue;
    • en adaptant les processus aux besoins de chaque communauté de langue officielle en situation minoritaire et de chaque intervenant;
  • qu’elles favorisent la progression vers l’égalité réelle des deux langues officielles;
  • qu’elles soient assorties de mécanismes d’évaluation et de surveillance.

Recommandation 11

Modifier l’avant-projet de règlement sur les langues officielles (progression vers l’égalité de statut et d’usage du français et de l’anglais) afin d’établir des mécanismes de reddition de compte à toutes les étapes de la mise en œuvre des engagements énoncés aux paragraphes 41(1) à 41(3) de la Loi sur les langues officielles. Dans les circonstances, prévoir :

  • que cette reddition de compte s’applique en continu, tant pour la prise des mesures positives, l’évaluation des impacts négatifs, que l’inclusion de clauses linguistiques dans les accords intergouvernementaux;
  • qu’elle s’applique tant pour les analyses d’impact, les activités de dialogue et de consultation, que pour la recherche et la collecte de données probantes;
  • que le Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada mette sur pied et gère un répertoire commun rassemblant toute l’information en lien avec la partie VII de la Loi sur les langues officielles, y compris :
    • les plans d’action des institutions fédérales et leurs bilans annuels;
    • les données probantes produites pour éclairer les analyses d’impact et les activités de dialogue et de consultation;
    • les clauses linguistiques en vigueur.

Recommandation 12

Modifier l’avant-projet de règlement sur les langues officielles (progression vers l’égalité de statut et d’usage du français et de l’anglais) afin de prévoir l’application systématique d’une lentille des langues officielles aux politiques, aux programmes et aux initiatives des institutions fédérales. Dans les circonstances, prévoir :

  • que les analyses que doivent effectuer les institutions fédérales tiennent compte des principes et objectifs de la Loi sur les langues officielles, dont :
    • la progression vers l’égalité de statut et d’usage des deux langues officielles;
    • les besoins différents des minorités francophones et anglophones;
    • la situation particulière du français et les engagements en matière de protection et de promotion de cette langue.

Recommandation 13

Que le président du Conseil du Trésor élabore un cadre de gouvernance qui établit clairement les responsabilités de mise en œuvre, d’évaluation et de surveillance de la partie VII de la Loi sur les langues officielles qui incombent :

  • au président du Conseil du Trésor et à son ministère;
  • au ministre responsable des Langues officielles et à son ministère;
  • aux ministres désignés sous la partie VII et à leurs ministères, y compris le ministre des Affaires étrangères, le ministre du Patrimoine canadien et le ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration;
  • aux administrateurs généraux des institutions fédérales assujetties à la partie VII et aux personnes responsables de la partie VII dans ces institutions.

Recommandation 14

Que le ministre responsable des Langues officielles, en consultation avec le président du Conseil du Trésor, réexamine les dispositions relatives à la collaboration intergouvernementale lors du prochain examen décennal de la Loi sur les langues officielles. Que les ministres prévoient des mécanismes alternatifs permettant au gouvernement fédéral de travailler de pair avec les gouvernements provinciaux et territoriaux pour garantir la mise en œuvre des engagements énoncés aux paragraphes 41(1) à 41(3) de cette loi.


Recommandation 15

Que le ministre responsable des Langues officielles, en consultation avec le président du Conseil du Trésor, introduise des exigences de reddition de compte axée sur les résultats lors du prochain examen décennal de la Loi sur les langues officielles. Que les ministres prévoient les moyens à prendre, le processus décisionnel à suivre et les résultats attendus pour favoriser la progression vers l’égalité réelle des deux langues officielles.


Recommandation 16

Que le ministre responsable des Langues officielles, en consultation avec le président du Conseil du Trésor, précise les moyens à prendre et le processus décisionnel à suivre pour assurer un équilibre et une complémentarité dans la mise en œuvre des engagements énoncés aux paragraphes 41(1) à 41(3) de la Loi sur les langues officielles.


Recommandation 17

Que le président du Conseil du Trésor, en consultation avec le ministre responsable des Langues officielles, évalue la pertinence d’uniformiser les révisions statutaires de la Loi sur les langues officielles et de ses règlements, afin d’assurer une mise en œuvre efficace et cohérente de l’ensemble des dispositions tout en favorisant la progression vers l’égalité réelle des deux langues officielles. Dans l’intervalle, que les ministres prévoient la tenue d’un examen de mi-parcours suivant l’entrée en vigueur du règlement sur les langues officielles (progression vers l’égalité de statut et d’usage du français et de l’anglais), dans un délai maximal de cinq ans.

Communiqué

Ottawa – L’avant-projet de règlement visant à faire progresser l’égalité de statut et d’usage du français et de l’anglais manque de clarté et ne traduit pas pleinement les objectifs poursuivis lors de la modernisation de la Loi sur les langues officielles, a indiqué le Comité sénatorial des langues officielles dans un rapport publié le 16 juin.

La partie VII de la Loi sur les langues officielles engage le gouvernement fédéral à favoriser l’épanouissement des communautés de langue officielle en situation minoritaire au Canada et à appuyer leur développement, entre autres. La loi permet au gouverneur en conseil de prendre des règlements qui précisent la manière dont les obligations énoncées à la partie VII doivent être mises en œuvre par certaines institutions fédérales, notamment en ce qui concerne les « mesures positives » destinées à avoir un effet favorable sur la mise en œuvre des engagements prévus dans la loi.

Lors d’une étude précédente d’un comité à la Chambre des communes, une ancienne ministre des Langues officielles a indiqué que le gouvernement fédéral comptait « préciser clairement dans le cadre réglementaire [de la partie VII] ce que seront les mesures positives ». Cependant, l’avant-projet de règlement ne définit pas clairement cette notion ni plusieurs autres concepts centraux nécessaires à sa mise en œuvre.

Le comité constate un consensus clair parmi les témoignages entendus : bien qu’attendu depuis longtemps, l’avant-projet de règlement est incomplet dans sa forme actuelle et requiert des améliorations substantielles pour répondre pleinement aux objectifs de la partie VII.

Le comité formule 17 recommandations afin qu’il réponde mieux à ces objectifs et invite le gouvernement fédéral à les examiner attentivement. Le cadre réglementaire doit notamment clarifier les termes qui demeurent ambigus. En plus, celui-ci doit intégrer des mesures comme celle d’obliger les institutions fédérales d’élaborer un plan d’action avec des indicateurs de rendement afin de mieux respecter leurs obligations.

Plus largement, une lentille des langues officielles devrait être utilisée pour examiner systématiquement l’ensemble des politiques, des programmes et des initiatives des institutions fédérales. Le règlement devrait mener à des résultats concrets, fondés sur des mécanismes assurant une consultation efficace.

En bref

  • La partie VII de la Loi sur les langues officielles prévoit que chaque institution fédérale a l’obligation de prendre des « mesures positives » pour favoriser l’épanouissement des communautés de langue officielle en situation minoritaire au Canada, promouvoir la pleine reconnaissance et l’usage du français et de l’anglais dans la société canadienne, protéger et promouvoir la langue française compte tenu de son statut minoritaire au Canada et en Amérique du Nord, et accroitre les possibilités pour les communautés de langue officielle en situation minoritaire de recevoir, tout au long de leur vie, un enseignement de qualité dans leur langue.
  • L’élaboration du règlement en vertu de la partie VII de la loi relève du président du Conseil du Trésor, en consultation avec le ministre responsable des Langues officielles.
  • Le rapport porte sur l’avant-projet de règlement publié par le gouvernement fédéral afin de mettre en œuvre les obligations prévues à la partie VII de la Loi sur les langues officielles. Le comité a examiné cet avant-projet avant l’adoption du règlement définitif.
  • Il est important d’améliorer dès maintenant l’avant-projet de règlement; une fois ce dernier entré en vigueur, un examen du règlement n’est prévu que tous les 10 ans.

Citations

« À la suite des témoignages entendus, incluant celui de la commissaire aux langues officielles, il est clair qu’il existe un consensus selon lequel l’avant-projet de règlements devrait fournir aux institutions fédérales davantage de clarté et d’orientation quant à la manière de mettre en œuvre la partie VII de la loi. Selon notre comité, il est impératif de retravailler le règlement proposé. »

- Sénateur Allister Surette, président du comité

« L’incapacité du ministre fédéral responsable de ce dossier de se rendre disponible pour comparaitre devant notre comité dans le cadre de cette étude suscite d’importantes questions et préoccupations. Il est primordial que tous les ministères concernés travaillent ensemble pour promouvoir la langue française et favoriser l’épanouissement des communautés de langue officielle en situation minoritaire. »

- Sénatrice Rose-May Poirier, vice-présidente du comité

Liens connexes

Pour plus de renseignements :

Jérémie Spadafora
Conseiller en communications | Sénat du Canada
343-550-6111 | jeremie.spadafora@sen.parl.gc.ca

Sénateurs qui ont participé à cette étude

Allister Surette

Allister Surette
GSI - Nouvelle-Écosse

Rose-May Poirier

Rose-May Poirier
C - Nouveau-Brunswick (Saint-Louis-de-Kent)

René Cormier

René Cormier
GSI - Nouveau-Brunswick

Amina Gerba

Amina Gerba
GPS - Québec (Rigaud)

Martine Hébert

Martine Hébert
GSI - Québec (Victoria)

Danièle Henkel

Danièle Henkel
GPS - Québec (Alma)

Lucie Moncion

Lucie Moncion
GSI - Ontario

Rebecca Patterson

Rebecca Patterson
GSC - Ontario

Membres d’office du comité : l’honorable sénateur Pierre Moreau, c.p., ou l’honorable sénatrice Patti LaBoucane-Benson, l’honorable sénateur Leo Housakos ou l’honorable sénatrice Yonah Martin, l’honorable sénatrice Lucie Moncion ou l’honorable sénatrice Joan Kingston, l’honorable sénatrice Flordeliz (Gigi) Osler ou l’honorable sénateur Robert Black, l’honorable sénateur Brian Francis ou l’honorable sénatrice Judy A. White

Autres sénateurs ayant participé à l’étude : l’honorable sénateur Réjean Aucoin, l’honorable sénateur Tony Loffreda, l’honorable Manuelle Oudar, l’honorable sénatrice Mary Robinson, l’honorable Krista Ross, l’honorable sénateur David M. Wells

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