La suspension de la taxe d’accise sur le carburant n’offre qu’un allègement « minime » aux voyageurs aériens canadiens, a appris un comité sénatorial
Ottawa – Les voyageurs aériens ne constatent guère de baisse des tarifs aériens malgré la suspension par le gouvernement fédéral, le 20 avril 2026, de la taxe d’accise sur le carburant, comme l’a appris le Comité sénatorial des transports et des communications lors de récents témoignages.
Les représentants des compagnies aériennes ont salué la décision du gouvernement de suspendre la taxe d’accise fédérale sur le carburant d’aviation du 20 avril au 7 septembre 2026. Toutefois, les témoins ont souligné que cette mesure ne représente qu’une faible part des couts liés au carburant d’aviation et ont déclaré que l’exemption ne s’applique qu’au carburant utilisé sur les vols intérieurs; David Rheault, cadre à Air Canada, a dit au comité que la réduction ne représente que 0,5 % du total des couts de carburant du transporteur en 2025.
Les témoins ont expliqué que le secteur du transport aérien au Canada fonctionne selon un système d’utilisateur-payeur et que de nombreux frais et taxes sont répercutés sur les passagers. Selon l’itinéraire, le prix du billet d’avion peut inclure des frais de sécurité, des frais d’amélioration aéroportuaires, des redevances de navigation, des suppléments carburant, des taxes et d’autres types de suppléments – en plus du tarif de base. Les témoins ont également souligné que le cout des billets d’avion est influencé par d’autres facteurs, tels que l’offre et la demande, le prix du carburant, la main-d’œuvre, la maintenance et les exigences réglementaires.
Jeff Morrison, président-directeur général du Conseil national des lignes aériennes du Canada – une association commerciale représentant les plus grands transporteurs aériens de passagers du Canada – a fait remarquer que le prix du carburéacteur a plus que doublé en mars et en avril 2026 et que le cout de raffinage a triplé. Le conseil a salué la suppression temporaire de la taxe d’accise sur le carburant, mais a indiqué que « son impact sur les tarifs est minime ». Les économies pour les consommateurs, a-t-il ajouté, sont de 1,50 à 2 $ par passager pour un vol intérieur.
John Weatherill, cadre à WestJet, a mentionné que les vols intérieurs génèrent un « bénéfice par passager équivalent à ce que certains paient pour un café au Starbucks ». Étant donné que le cout du carburant a augmenté d’environ 40 $ par passager, les compagnies aériennes ne peuvent absorber le choc. Il a fait savoir au comité que, concrètement, les tarifs aériens moyens pour les vols intérieurs versés aux compagnies aériennes ont baissé de 50 % entre 1994 et 2004, mais que les frais prélevés par des tiers et les taxes ont augmenté de 65 % au cours de la même période.
Le comité accepte les propositions de l’industrie et continuera à suivre cette question de près.
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