PÉRIODE DES QUESTIONS — Le ministère des Services aux Autochtones
L'accès à l'eau potable
7 mai 2026
Bienvenue, madame la ministre. Depuis des décennies, les communautés autochtones sont contraintes de vivre sans accès fiable à l’eau potable, malgré les appels répétés lancés au gouvernement du Canada pour qu’il agisse. La crise de l’eau qui sévit actuellement dans les communautés des Premières Nations a suscité une condamnation internationale; des organismes de défense des droits de la personne ont averti que l’incapacité du Canada à garantir l’accès à l’eau potable constitue une violation des droits fondamentaux de la personne.
Certaines communautés des Premières Nations, dont la Première Nation de Neskantaga, font l’objet d’avis à long terme concernant la qualité de l’eau potable depuis plus de 30 ans. Dans les Territoires du Nord-Ouest, de nombreuses communautés et écoles continuent de faire face à de graves problèmes de qualité de l’eau, notamment des taux élevés de trihalométhanes, de bactéries coliformes et de plomb. Pourtant, quand vous avez parlé de la mise à jour économique du printemps, vous avez invité les peuples autochtones à ne pas se limiter aux sections qui leur sont expressément consacrées. Vous avez déclaré : « [...] il y a des questions plus larges auxquelles je suis en train de réfléchir et que j’essaie d’approfondir. » Pourquoi le gouvernement continue-t-il à réfléchir à des solutions alors que le problème de l’eau est bien connu et qu’il existe depuis longtemps?
Madame la ministre...
Merci, madame la sénatrice.
Tout d’abord, je tiens à préciser que je réfléchissais à certaines des recommandations que m’ont faites des gens lorsque j’ai parcouru le pays, en posant des questions très importantes et légitimes sur l’eau.
Je voudrais souligner que 96 % des avis à long terme de faire bouillir l’eau ont été levés. Hier, il en restait 39, d’après les renseignements qui m’ont été communiqués. Honnêtement, je n’ai pas vérifié aujourd’hui quel était le nombre actuel. Cela dit, je voudrais expliquer brièvement ce qu’est un avis à long terme de faire bouillir l’eau.
L’avis peut être déclenché au niveau local pour diverses raisons. Cela peut être dû à des travaux d’infrastructure nécessitant le déplacement de terre ou d’une partie de l’espace de travail. On publie alors un avis à long terme de faire bouillir l’eau par mesure de précaution. L’avis peut également viser une période pendant laquelle un système est en réparation. Puis, il existe des endroits comme Neskantaga, où des problèmes persistent depuis longtemps concernant tout ce qui a trait à l’eau.
Je dois également souligner que toute l’histoire de la relation avec l’eau a causé beaucoup de traumatismes. J’ai eu l’occasion de rencontrer le Chef et le conseil de Neskantaga à deux reprises. Nous cherchons à travailler avec eux pour les aider non seulement en ce qui concerne leur approvisionnement en eau, mais aussi par rapport à leurs autres demandes liées à l’eau. Cette communauté fait partie de celles qui avaient des préoccupations liées à leur clinique de santé.
À Services aux Autochtones Canada, nous examinons l’eau d’un point de vue holistique. C’est un sujet sur lequel nous continuons...
Merci, madame la ministre.
Madame la ministre, cette semaine, vous avez déclaré que « l’eau n’est pas seulement présente dans les communautés. L’eau est présente partout au Canada. » Si c’est le cas, d’autres Canadiens sont-ils soumis à des avis de faire bouillir l’eau qui durent depuis des décennies, comme c’est le cas pour les Premières Nations, dans certains cas depuis le milieu des années 1990? Y a-t-il des enfants qui fréquentent des écoles où il y a des problèmes de plomb dans l’eau ou des familles qui doivent faire bouillir leur eau depuis des années?
Lorsque vous parlez d’harmoniser les approches à l’échelle du Canada, pouvez-vous expliquer pourquoi les peuples autochtones sont approvisionnés en eau impropre à la consommation depuis des générations, souvent à proximité de projets d’exploitation des ressources, comme des mines et des projets industriels, mais ne bénéficient toujours pas des mêmes protections et des mêmes résultats garantis que le reste du pays?
Les observations que j’ai faites plus tôt cette semaine portaient en fait sur une stratégie nationale sur la sécurité de l’eau, car l’eau n’est pas seulement un enjeu au Canada. Dans un contexte mondial, l’ONU a exprimé à plusieurs reprises des préoccupations au sujet de l’eau, et elle a aussi publié des rapports sur la situation de l’eau.
Je m’efforce d’abord et avant tout de veiller à ce qu’il y ait une approche harmonisée en ce qui concerne l’eau. Cela signifie qu’il faut créer un espace où la voix des Autochtones, des provinces et du gouvernement fédéral pourra se faire entendre, un mécanisme de collaboration qui permettra de faire progresser la protection de l’eau ainsi que les garanties, le soutien et la sécurité qui concernent l’eau.
Je viens d’une circonscription où une collectivité est effectivement visée par un avis d’ébullition de l’eau et, à moins de 100 kilomètres de là, une municipalité...
Merci, madame la ministre.