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DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — L'autochtonisation des campus des établissements d'enseignement postsecondaire

3 octobre 2023


Honorables sénateurs, j’interviens aujourd’hui pour parler du besoin fondamental des jeunes Autochtones de se reconnaître dans la société canadienne. Je parlerai également de ce que font les dirigeants des établissements d’enseignement postsecondaire à cet égard et des mesures dignes de mention qui sont prises par l’Université de la Saskatchewan.

Chers collègues, en juin dernier, la jeune leader métisse Katherine Merrell-Anderson a déclaré au Comité sénatorial permanent des peuples autochtones que lorsqu’elle avait cherché des signes de son appartenance et de son patrimoine métis à Ottawa, comme un drapeau, des œuvres d’art ou d’autres éléments de sa culture, elle n’en avait trouvé aucun, mis à part ceux qui se trouvaient dans la salle d’audience où elle témoignait.

Les établissements d’enseignement postsecondaire réagissent à cette omission, à cette exclusion et à cette absence de signes de l’identité autochtone par la défense les droits, l’établissement de liens et, plus important encore, l’autochtonisation des campus. L’autochtonisation comprend l’identification, la reconnaissance et l’inclusion dans le système des visions du monde, des connaissances et des perspectives des Autochtones.

Peter Stoicheff, recteur de l’Université de la Saskatchewan, a présenté la réconciliation au sein de son établissement comme un engagement fondamental à être « des participants et des leaders, non des témoins, de la plus grande initiative culturelle que le Canada ait jamais eu l’occasion de lancer ».

L’Université de la Saskatchewan donne l’exemple en élaborant des politiques axées sur la collaboration, en établissant des exigences en matière d’apprentissage et en mettant en œuvre des mesures de protection de l’identité autochtone. Sa stratégie autochtone à l’échelle de l’établissement a été élaborée uniquement par des Autochtones, notamment des aînés, des gardiens des savoirs et des membres du personnel. Les nouveaux étudiants du plus grand collège de l’université, le College of Arts and Science, suivent désormais une formation autochtone obligatoire dans le cadre de leur programme d’études. D’autres collèges de l’Université de la Saskatchewan préparent actuellement leurs propres cours et exigences.

L’Université de la Saskatchewan a mis en œuvre une politique et un cadre visant à « [...] protéger les peuples, les cultures, les valeurs et les langues autochtones [...] » au moyen d’un processus de vérification de l’identité qui reconnaît pleinement le droit inhérent à l’autodétermination. Aujourd’hui, plus de 3 300 étudiants autochtones sont inscrits à l’Université de la Saskatchewan, soit près de 13 % de la population étudiante. Ce pourcentage est semblable à celui qu’on retrouve dans l’ensemble de la population de la province.

Chers collègues, joignez-vous à moi pour rendre hommage à l’Université de la Saskatchewan et à tous les établissements d’enseignement postsecondaire du Canada qui s’emploient activement à intégrer la vision autochtone à leurs campus, alors que nous participons à la meilleure expérience culturelle que le Canada ait jamais connue. Merci.

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