DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — La gestion des incendies de forêt
10 juin 2025
Honorables sénateurs, c’est avec un grand sentiment d’urgence que je prends aujourd’hui la parole, un sentiment qui est à son plus vif parmi les familles qui ont perdu leur entreprise, leur maison et leur milieu de vie dans les incendies de forêt qui sévissent maintenant à la grandeur du pays.
Dans le Nord et dans le Centre de la Saskatchewan, 24 incendies demeurent actifs, dont 6 sont toujours hors de contrôle. Plus de 19 localités sont visées par un ordre ou une alerte d’évacuation. Plus de 15 000 personnes, dont bon nombre sont issues de communautés autochtones ou de régions éloignées, ont reçu l’ordre de quitter leur domicile, souvent sans avertissement et sans savoir s’il y aura quelque chose qui les attendra à leur retour.
D’un bout à l’autre du pays, 1 860 incendies de forêt ont déjà rasé plus de 3,1 millions d’hectares, ce qui est supérieur aux débuts de saison habituels. La fumée produite par ces incendies a gagné les États-Unis et l’Europe, provoquant le déclenchement d’alertes transfrontalières sur la qualité de l’air.
L’an dernier, le Comité sénatorial permanent de l’agriculture et des forêts a entendu le témoignage de fonctionnaires, d’écologistes spécialistes des incendies, de scientifiques, d’éleveurs et d’habitants du Nord. Que nous ont dit ces gens? Que ce phénomène les touche personnellement. Les incendies de forêt ne sont pas des événements abstraits pour eux, mais des catastrophes vécues dans leur chair. Les incendies de forêt arrachent les gens à la terre dont leurs racines spirituelles et culturelles sont issues. Ils détruisent des pâturages, font perdre leur gagne-pain aux gens et provoquent de l’insécurité alimentaire. Ils causent des traumatismes qui perdurent longtemps après l’extinction des flammes et, trop souvent, les mécanismes de soutien offerts aux personnes touchées sont fragmentaires et se font attendre, quand ils ne sont pas tout simplement inexistants.
Selon les témoins entendus par le Comité de l’agriculture et des forêts, nous devons mieux nous préparer. De nos jours, c’est année après année que les incendies de forêt coûtent des milliards de dollars à l’économie canadienne. Nous devons investir dans les opérations de brûlage dirigé, protéger les infrastructures essentielles des régions éloignées et regarnir les rangs des intervenants de première ligne.
Nous devons intégrer le savoir autochtone à la science moderne. Il ne s’agit pas d’idées radicales, mais plutôt de bon sens et d’outils éprouvés.
Les États-Unis ont la Federal Emergency Management Agency. L’Australie a la National Emergency Management Agency. Nous avons besoin d’un mécanisme d’intervention national propre au Canada et tout aussi solide. Nous devons être à la hauteur du courage des personnes qui combattent les incendies. Nous devons agir pour le bien des gens qui vivent sous un ciel enfumé et qui ne savent pas si leur maison survivra à la destruction.
Rendons hommage à l’excellent travail accompli par nos collègues du Comité de l’agriculture et des forêts, qui ont travaillé d’arrache-pied pour jeter les bases nécessaires à la mobilisation de la volonté politique requise pour répondre aux défis actuels. J’encourage le comité à terminer son étude.
Nous vivons à une époque marquée par des catastrophes climatiques. Ne restons pas les bras croisés. Agissons dans un esprit d’édification nationale. Merci.