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Le rôle essentiel de l’activité physique et du sport

Interpellation--Fin du débat

5 mai 2026


Honorables sénateurs, je prends la parole aujourd’hui au nom de notre collègue l’honorable Yonah Martin, qui m’a chargée de prononcer son discours dans le cadre de la présente interpellation.

Voici ce qu’elle a à dire.

Honorables sénateurs, c’est un honneur de contribuer à cette importante interpellation sur le rôle de l’activité physique et du sport pour améliorer notre bien-être, resserrer le tissu social et façonner l’identité canadienne.

Je tiens à remercier les sénatrices M. Deacon, McBean et Petitclerc d’avoir lancé ce débat. Leur initiative nous rappelle de manière émouvante que le sport est bien plus qu’un simple loisir : il est profondément intégré à la trame de notre identité nationale.

Le sport reflète ce que nous sommes en tant que Canadiens: résilients, optimistes et unis. Il nous rassemble au-delà des vastes distances géographiques qui nous séparent et de nos origines diverses, créant ainsi des moments de fierté partagée qui continuent de résonner longtemps après que les lumières du stade se sont éteintes.

En février 2026, nous avons vu cet esprit se manifester sur la scène internationale. Lors des Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina, la délégation canadienne a fait preuve d’une constance remarquable en remportant 21 médailles, soit 5 d’or, 7 d’argent et 9 de bronze. C’est la 6e édition consécutive des Jeux olympiques d’hiver où notre pays franchit le cap des 20 médailles, ce qui témoigne d’une culture d’excellence soutenue.

Les athlètes paralympiques canadiens ont perpétué cette tradition en remportant 15 médailles, soit 3 d’or, 4 d’argent et 8 de bronze. Leurs performances n’ont pas seulement été des prouesses athlétiques, mais aussi de véritables leçons de persévérance qui ont consacré le triomphe de l’esprit humain.

Des anneaux de patinage de vitesse aux pentes de ski abruptes, ces athlètes ont fait plus que participer à des compétitions; ils nous ont rapprochés les uns des autres. Des familles se sont rassemblées dans des salons, des salles de classe ont explosé de joie et des collectivités se sont unies derrière un sentiment commun de fierté canadienne. Nous avons célébré non seulement ceux qui sont montés sur le podium, mais aussi tous les athlètes qui ont arboré la feuille d’érable avec honneur et fierté.

Honorables sénateurs, ces réalisations ne se produisent pas en vase clos. Derrière chaque athlète se trouve un réseau de soutien — entraîneurs, parents et collectivités — dont les contributions sont trop souvent invisibles, mais essentielles.

Les entraîneurs sont les architectes du caractère, car ils façonnent non seulement l’athlète, mais aussi le citoyen.

Les parents sont les moteurs silencieux du système sportif, défini par le « rituel de l’aube » — les réveils au petit matin, les longs trajets en voiture dans les tempêtes de neige et les sacrifices financiers et émotionnels faits dans le silence, qui constituent le fondement du rêve d’un enfant.

Nous avons constaté le pouvoir de cet effort collectif lors des Jeux d’hiver de 2010 à Vancouver. Ces 17 jours dans ma belle province natale, la Colombie-Britannique, restent gravés dans notre mémoire collective. Qu’il s’agisse des premières médailles remportées par Jennifer Heil et Alexandre Bilodeau en ski de bosses, du but en or de Sidney Crosby ou de la domination de notre équipe féminine de hockey, ces moments inoubliables aux Jeux olympiques de Vancouver ont créé des moments nationaux de fierté, de joie et d’appartenance.

Cet héritage perdure parce qu’il évoque quelque chose de plus profond : la capacité du sport à nous unir, à nous élever et à nous rappeler qui nous sommes.

Le sport a profondément influencé mon propre parcours. En tant qu’ancienne athlète — et j’insiste sur le mot « ancienne » avec un peu de nostalgie —, ma jeunesse s’est définie au rythme des saisons. De janvier à décembre, j’ai vécu sur les terrains et les pistes de toutes sortes.

Mes parents, comme de nombreux immigrants coréens, accordaient une importance primordiale à l’éducation. La participation à des activités sportives a été un privilège que j’ai gagné en obtenant de bonnes notes. Le sport m’a appris très tôt une leçon essentielle : la discipline n’est pas cloisonnée. La concentration requise pour exceller en classe était la même que celle requise pour s’entraîner sous la pluie lorsque personne ne regardait. La persévérance se forge dans ces moments hors des projecteurs, bien avant le premier coup de sifflet.

Je constate la même résilience dans mon propre bureau. Mon conseiller aux affaires parlementaires, Mikhail Choi, s’est joint à mon équipe en 2025, mais son parcours a commencé sur la glace. En 2010, Mikhail est devenu champion du monde junior aux 500 mètres sur courte piste, le premier Canadien à détenir ce titre en plus d’une décennie.

Toutefois, le véritable mérite de l’histoire de Mikhail, ce n’est pas sa médaille d’or. Son mérite est à Courmayeur, en Italie, en 2011, au moment où une terrible blessure à la cheville a failli mettre fin à sa carrière. Au lieu d’abandonner, il a choisi de s’adapter. Avec détermination et courage, il s’est mis à pratiquer le patinage de vitesse sur longue piste, a réappris son art et a décroché une place au sein de l’équipe nationale canadienne de ce sport, poursuivant ainsi son rêve olympique.

Il en fallait de peu pour qu’il se qualifie aux Jeux olympiques, mais la discipline qu’il avait acquise sur la glace s’est parfaitement transposée dans son travail sur la Colline du Parlement.

Son histoire nous rappelle qu’on n’évalue pas l’incidence réelle du sport selon un nombre de médailles, mais selon le caractère qu’il forge bien après la fin de la compétition.

Contrairement aux athlètes professionnels, les athlètes amateurs comme Mikhail sont l’essence même du sport canadien et du sport amateur en général. Ils s’entraînent sans songer à la reconnaissance, participent à des compétitions sans la moindre certitude et font des sacrifices sans aucune garantie de récompense. Leur motivation n’est ni la gloire ni le gain financier, mais un amour profond du sport et un engagement envers l’excellence.

À bien des égards, ils incarnent les valeurs que nous nous efforçons de défendre en tant que nation : la résilience, l’humilité et la persévérance.

Honorables sénateurs, nous devons reconnaître que le sport est un élément essentiel des politiques publiques. Il est étroitement lié à la santé, à l’éducation et au développement social de l’Arctique et du Nord canadien.

Cela dit, soyons francs : la participation n’est pas encore un droit universel. Les obstacles liés aux coûts, à la géographie et à la représentation persistent. Les conclusions préliminaires de la Commission sur l’avenir du sport au Canada sont sans équivoque : nous devons adopter un système où le bien-être des athlètes est fondamental et où le sport communautaire est reconnu comme un élément essentiel à la haute performance.

Notre responsabilité au Sénat est de promouvoir des politiques qui comblent ces lacunes. Nous devons veiller à ce que les enfants qui vivent dans une collectivité rurale ou les nouveaux arrivants qui vivent dans un centre urbain aient autant accès au pouvoir transformateur des jeux que les gens qui vivent dans les quartiers les plus riches.

Aux athlètes de 2026 : vous êtes les artisans de notre histoire nationale. Que vous soyez revenus avec une médaille ou avec la satisfaction intérieure d’avoir battu votre record personnel, vous renforcez le tissu social du Canada. Aux entraîneurs, aux familles et aux bénévoles : vous êtes le cœur battant de ce mouvement. Que ce discours, qui sera versé dans les archives de notre histoire et transmis à nos athlètes, serve de promesse. La promesse que le Sénat et le pays tout entier continueront de vous soutenir, non seulement pendant le cycle olympique, mais aussi à chaque moment hors des projecteurs qui mène à la ligne de départ. Allez, Équipe Canada! Merci.

L’honorable Michael L. MacDonald [ - ]

Honorables sénateurs, avant que la sénatrice Deacon prenne la parole, j’aimerais dire quelques mots sur ce projet de loi, que j’appuie sans réserve. J’allais prendre la parole il y a des mois, mais je ne l’ai pas fait. Je tiens donc à dire quelques mots.

Les jeux d’argent ont beaucoup changé dans ce pays. Je ne suis pas un grand adepte du jeu. Quand j’étais enfant, dans les années 1960, je me souviens que mon père rentrait à la maison avec un billet de loterie dans sa poche. On aurait cru qu’il se promenait avec un sachet d’héroïne. Les jeux d’argent étaient vraiment mal vus, et à juste titre. Le jeu peut engendrer une horrible dépendance. Au cours des dernières années, j’ai remarqué que les jeux d’argent ont envahi les matchs de hockey sur les ondes au Canada. Mes propres fils me disent qu’ils trouvent cela intrusif et offensant, et c’est le cas.

Le jeu peut engendrer une horrible dépendance, et beaucoup de jeunes se laissent prendre au piège. Les jeunes garçons, en particulier, regardent beaucoup de parties de hockey.

Son Honneur la Présidente [ - ]

Sénatrice McBean, invoquez-vous le Règlement?

L’honorable Marnie McBean [ - ]

Je ne sais pas exactement comment procéder pour ce recours au Règlement. Votre Honneur, est-il approprié de préciser qu’il ne s’agit pas d’un projet de loi, mais d’une interpellation sur la valeur du sport et ce qu’il apporte aux Canadiens. Il ne s’agit pas d’une interpellation sur les jeux d’argent. Est-ce approprié de le dire?

Son Honneur la Présidente [ - ]

Merci, sénatrice McBean. Il s’agit bel et bien d’une interpellation. Je crois que le sénateur s’est mal exprimé. Il voulait peut-être dire qu’il s’agissait d’une interpellation. Le cas échéant, je pense qu’il peut poursuivre son discours.

Le sénateur MacDonald [ - ]

Je suis conscient que le débat ne porte pas sur le jeu, mais je tenais à ce que ce point figure au compte rendu parce que nous en avons déjà débattu ici. Je tenais à dire quelque chose à ce sujet, alors c’est ce que j’ai fait. Lorsqu’on aura enfin tranché la question du jeu et de sa promotion au Canada, je vous invite à garder à l’esprit l’incidence considérable de cette activité sur le sport et sur ceux qui en sont amateurs.

Son Honneur la Présidente [ - ]

Honorables sénateurs, j’informe le Sénat que, conformément à l’article 6-12 du Règlement, si l’honorable sénatrice M. Deacon prend la parole maintenant, son intervention aura pour effet de clore le débat sur cette interpellation.

L’honorable Marty Deacon [ - ]

Honorables sénateurs, depuis que nous avons lancé cette interpellation, le 4 décembre dernier, nous avons pris un grand plaisir à écouter chacun d’entre vous nous faire part de pans de son passé et de son présent, que ce soit en lien avec la collectivité, la famille, le sport, la santé ou vos activités personnelles.

Merci de votre vulnérabilité et de votre ouverture. Je pense que les sénateurs seront d’accord avec moi pour dire que nous nous connaissons maintenant un peu mieux.

Nous sommes ravis que 18 sénateurs aient choisi de parler de l’importance du sport, alors que nous savourions les Jeux olympiques, les Jeux paralympiques et les Jeux d’hiver de l’Arctique. Au nom de la sénatrice McBean, de la sénatrice Petitclerc et en mon nom personnel, je vous remercie. Nous avons regardé et encouragé les athlètes et les entraîneurs canadiens, alors que les Jeux olympiques et paralympiques à Milan-Cortina nous ont conquis et nous ont tenus en haleine, rivés à nos écrans à des heures indues. Nos athlètes nous ont remplis de fierté et de joie. Pour moi, c’était particulièrement spécial d’encourager Équipe Canada dans un gymnase bondé à Yellowknife, puis de soutenir nos paralympiens avec des centaines d’autres personnes à Whitehorse, lorsque le Yukon a accueilli les Jeux d’hiver de l’Arctique en mars. Ces jeux ont été incroyables. On y a célébré le sport, la tradition, la culture et l’histoire d’une manière que je n’ai jamais vue auparavant. En souvenir des Jeux d’hiver de l’Arctique, je porte aujourd’hui fièrement cette épinglette ornée du numéro 91. Ce numéro fait référence à l’appel à l’action no 91 de la Commission de vérité et réconciliation, qui demande que, lorsque nous planifions des jeux et organisons des manifestations sportives, nous veillons à ce que les protocoles territoriaux des peuples autochtones soient respectés et à ce que les collectivités autochtones locales participent à tous les aspects de la planification et de la tenue de ces événements.

Je suis très fière du travail accompli.

L’interpellation avait pour but de créer un espace où les sénateurs pourraient faire part de leurs expériences en matière de sport et d’activité physique, ainsi que de l’incidence communautaire et nationale du sport et de l’activité physique, du rôle qu’ils jouent dans le renforcement des collectivités et du pays. Nous avons parlé de l’importance du sport dans nos vies, nos familles et nos collectivités. J’aimerais prendre quelques minutes pour revenir sur ce que vous nous avez appris. Nous avons entendu à maintes reprises que le sport ne se résume pas à la compétition. Il rassemble les Canadiens au-delà des langues, des religions, des cultures et des croyances.

Vous nous avez dit que le sport renforce le sentiment d’appartenance à une collectivité et qu’il joue un rôle d’infrastructure sociale, en particulier en milieu rural et dans les communautés nordiques et isolées.

Vous avez aussi dit, par exemple, que le sport est le pilier de la vie sociale dans la collectivité du Cap-Breton, où réside le sénateur Aucoin, mais que l’incidence du sport est particulièrement évidente non seulement sur les terrains de sport, mais aussi dans nos salons et dans les rues bondées de nos villes, où nous encourageons les athlètes canadiens qui s’affrontent sur la scène internationale. Les Jeux olympiques et paralympiques nous ont rassemblés autour de notre identité canadienne commune et de notre fierté pour ceux qui arborent la feuille d’érable et nous représentent si bien. Voilà le pouvoir des événements sportifs internationaux.

Nous en avons eu un aperçu dans le discours du sénateur Al Zaibak, alors que lui et sa famille — en tant que nouveaux arrivants au Canada — célébraient la victoire olympique de l’équipe canadienne de hockey féminin en 2002.

Ils se sont sentis partie intégrante de cette foule de Canadiens qui acclamaient les athlètes et faisaient la fête dans les rues. Je tiens à rappeler ses paroles au Sénat, car elles étaient très puissantes. Il nous a dit :

[...] grâce au sport, notre famille a eu une équipe à encourager avant même de maîtriser pleinement la langue. Le sport nous a donné un sentiment d’appartenance quand nous n’avions pas encore les mots pour l’exprimer.

Chers collègues, nous avons également entendu parler de la fierté que ressentent les athlètes à l’idée de donner aux Canadiens une raison de se réjouir.

Je repense à la gratitude ressentie par la sénatrice McBean envers un couple qui venait d’obtenir la citoyenneté canadienne et qui, après les Jeux olympiques de Barcelone, l’a remerciée de leur avoir donné une raison de se réjouir dans leur nouveau pays. Je repense également au discours de la sénatrice Petten, lorsqu’elle nous a parlé de Liam Hickey, un joueur de hockey sur glace paralympique originaire de sa province, qui est fier de porter les armoiries de Terre-Neuve-et-Labrador sur sa manche.

Nous avons également entendu dire que le sport a profondément marqué bon nombre des personnes présentes dans cette enceinte. Le sénateur Smith, qui a récemment pris sa retraite, a évoqué une défaite déchirante en finale de la Coupe Grey face aux Eskimos d’Edmonton, alors qu’il jouait dans la Ligue canadienne de football pour les Alouettes de Montréal, une expérience qui lui a appris à accepter l’échec et — c’est peut-être encore plus important — à en tirer des enseignements. Quant au sénateur David Wells, l’alpinisme en haute montagne lui a enseigné l’importance de la préparation, de la résilience et de l’humilité.

La sénatrice Moncion nous a parlé de son mode de vie actif, qui comprend le patinage, la course, la natation et le vélo, et de la façon dont ce mode de vie lui a appris l’importance de travailler fort et de persévérer. Chers collègues, quel que soit le sport qu’on pratique ou à quel niveau on le pratique, nous avons entendu plusieurs fois au cours de cette interpellation que le sport nous aide à acquérir des aptitudes qui nous sont utiles tout au long de notre vie, comme la discipline, la résilience, le travail d’équipe, le leadership et le courage malgré la peur et l’incertitude. À bien des égards, il a façonné les personnes déterminées, compétentes et efficaces qui siègent dans cette enceinte aujourd’hui.

Comme nous sommes ici en tant que législateurs, je m’en voudrais de ne pas mentionner que nous avons été très nombreux à souligner que le sport et l’activité physique ne sont pas que des loisirs. Ils font aussi partie des politiques. Le sénateur Kutcher nous a dit que l’activité physique fait partie des politiques en matière de santé.

Le fait d’être actif est associé à une meilleure santé mentale, à des interactions sociales accrues et à une réduction du stress. Bref, comme le sénateur Kutcher l’a dit, « ce qui est bon pour les biceps est bon pour le cerveau ». J’aimerais d’ailleurs dire que nous vous remercions, sénateur Kutcher. Vous me manquez déjà et je vous offre mes meilleurs vœux. La sénatrice McBean nous a dit que le sport fait partie des politiques sociales, car il contribue à former des dirigeants confiants et résilients et à bâtir des collectivités fortes. Dans mon propre discours, j’ai dit que le sport et l’activité physique font partie des politiques économiques. Chers collègues, le sport est un moteur économique très important. Par exemple, on prévoit que la prochaine Coupe du monde de la FIFA injectera 2 milliards de dollars dans l’économie canadienne.

Ce qui est également ressorti clairement tout au long des discours, c’est que nous ne pouvons pas tirer parti des bienfaits du sport et de l’activité physique à nous seuls. Les athlètes sont en effet le fruit de leur entourage et de leur communauté. En tant qu’ancienne enseignante, l’anecdote de la sénatrice Petitclerc concernant l’influence qu’un ancien enseignant d’éducation physique a eue sur sa vie m’a profondément touchée. Refusant de l’abandonner après son accident, il l’a initiée à la natation, un sport qui a changé sa vie. Elle n’a jamais ralenti depuis.

Cela me rappelle la gentillesse dont a fait preuve mon entraîneur en me dispensant de payer des frais qu’il savait hors de mes moyens. Au-delà des entraîneurs, on nous a beaucoup parlé de parents et de bénévoles qui rendent tout cela possible en s’occupant de la logistique, en amenant les athlètes aux entraînements matinaux et en travaillant lors de grands événements comme les Jeux du Canada.

N’oublions pas que, parmi les nombreux chapeaux que le sénateur Loffreda a portés, il y a celui de papa de joueuse de soccer. En effet, il a été président du club de soccer élite Montréal-Concordia.

Par ailleurs, nous avons été informés des retombées positives du sport sur nos collectivités. Les grands événements sportifs donnent lieu à la construction d’installations qui constituent un patrimoine durable pour les localités d’accueil. Le sénateur Duncan nous a notamment parlé du Centre des Jeux du Canada à Whitehorse, qui accueille désormais plus de 3 000 personnes de la collectivité chaque jour.

La semaine dernière, j’ai omis de mentionner que le sénateur Duncan avait remporté une médaille aux Jeux du Canada. C’était en curling, en 1979.

On a affirmé que le sport et l’activité physique sont inestimables. Cependant, comme on nous l’a dit tout au long de l’interpellation, il y a aussi des défis. Nos collègues ont souligné que la participation de plusieurs groupes est inégale, voire en déclin : les filles, les personnes handicapées, les familles à faible revenu et les communautés rurales ou éloignées. Ce qu’il faut surtout souligner, c’est que cette participation moindre n’est pas le résultat d’un manque d’intérêt. Elle est plutôt le produit d’inégalités systémiques dans les infrastructures sportives : le peu d’installations accessibles, des préjugés sexistes et des programmes qui ne sont peut-être pas conçus de manière inclusive. Par ailleurs, les sénateurs ont souligné l’importance des sports inclusifs pour que les Canadiens aient l’impression de faire partie du groupe.

La sénatrice Petitclerc nous a parlé de Milan, le fils de sa cousine, et de la façon dont sa participation au sport lui a fait sentir qu’il avait sa place, parce que cela lui permet de se définir non pas comme une personne atteinte de paralysie cérébrale, mais comme un athlète.

La sénatrice Pupatello a parlé des avantages du sport pour renforcer l’estime de soi, la confiance en soi et l’image corporelle chez les femmes. Voilà, chers collègues, le pouvoir du sport. Par contre, pour les exploiter à leur plein potentiel, nous devons nous assurer que les sports et les activités physiques sont accessibles à tous. Heureusement, on progresse et le sport devient plus inclusif.

Le sénateur Kristopher Wells a donné l’exemple du ruban de hockey arc-en-ciel, que les joueurs pourraient utiliser pour indiquer que les athlètes de la communauté 2ELGBTQIA+ sont les bienvenus dans le sport.

La semaine dernière, nous avons entendu les discours remarquables de la sénatrice Hay, de la sénatrice Pate et du sénateur Cormier. La sénatrice Hay nous a livré un témoignage à la fois fort et émouvant sur la manière dont la communauté sportive s’est mobilisée autour de la mémoire de son frère, ainsi que sur le rôle vital que la course à pied a joué dans sa propre vie. La sénatrice Pate nous a quant à elle expliqué le rôle que le sport peut jouer dans les processus de réadaptation et de réinsertion sociale au sein des établissements pénitentiaires. Quant au sénateur Cormier, il nous a parlé de l’importance de la participation plutôt que de la performance. Comme il l’a dit, « […] la joie du mouvement avec d’autres êtres humains est le plus beau des trophées ». Sénateur Cormier, vous nous avez offert une image inoubliable de vous sur la glace.

Nous venons d’entendre le discours de la sénatrice Martin, que la sénatrice Ataullahjan a eu l’amabilité de nous présenter. Ce discours nous a rappelé la fierté que représente la feuille d’érable, la magie d’accueillir les Jeux olympiques dans son propre pays et l’importance du sport dans notre vie.

Merci, chers collègues, de nous avoir fait part de vos témoignages. Ils sont importants et font écho à ce que nous avons entendu sur le pouvoir et la valeur du sport aux quatre coins du pays.

Vers la mi-parcours de cette interpellation, les sénatrices McBean et Petitclerc ainsi que notre équipe se sont entretenues avec les quatre membres de la Commission sur l’avenir du sport au Canada. Il en est ressorti un rapport exhaustif qui vise à répondre à certaines des questions soulevées au cours de cette interpellation, en explorant les moyens de bâtir un système sportif solide, d’assurer un encadrement sécuritaire et inclusif, d’encourager tous les Canadiens à être actifs et de trouver des solutions pour rendre le sport abordable pour tous.

Sur ce dernier point, nous avons été ravis d’apprendre récemment, dans la mise à jour économique du printemps, que 755 millions de dollars seront alloués au sport. Le chemin à parcourir est encore long, mais nous sommes extrêmement reconnaissants de cette contribution historique. Nous poursuivons nos efforts pour accompagner les jeunes du terrain de jeu jusqu’au podium, puis de retour au terrain de jeu.

Permettez-moi de revenir aux sénateurs réunis dans cette enceinte. Je vous invite d’ores et déjà à réfléchir à la Journée nationale de la santé et de la condition physique sur la Colline, qui aura lieu en juin. Il s’agit d’un héritage des Jeux olympiques de Vancouver et d’un projet de loi que le Sénat a appuyé il y a 10 ans. La Journée nationale de la santé et de la condition physique invite toutes les collectivités canadiennes à offrir gratuitement des activités sportives et physiques. Nous aspirons toujours à devenir le pays le plus en forme et le plus actif au monde, et nous avons besoin de votre soutien pour y parvenir. Je vous encourage, bien sûr, à être actifs et à transposer dans vos communautés l’esprit avec lequel vous avez abordé cette interpellation, afin de vous assurer qu’elles disposent de ce dont elles ont besoin pour mener une vie active et saine. Je vous invite à continuer d’échanger des photos de la Journée nationale de la santé et de la condition physique avec votre réseau de connaissances.

Au fil des ans, nous avons pris plaisir à les regarder. Quelques moments forts : la sénatrice LaBoucane-Benson qui coupe et transporte du bois; le sénateur Black qui plante des arbres; le sénateur Smith pendant ses entraînements intenses tôt le matin au Château Laurier; le sénateur Francis qui démontre son engagement envers l’activité physique; la sénatrice Pate qui fait du ski de fond; la sénatrice Greenwood qui s’adonne à ses longues randonnées méditatives; les sénateurs Woo et Dean qui effectuent de longues sorties de courses à pied; le sénateur Cormier, mon partenaire lors de la Course de l’Armée du Canada qui a lieu chaque mois de septembre; le sénateur Boehm, dévoué à ses séances de gym; les sénatrices McBean et Robinson, fidèles à leurs entraînements hebdomadaires; le sénateur C. Deacon et les sénatrices Coyle et Duncan qui effectuent de longues marches rapides pour regagner leur appartement, surtout en plein hiver; le sénateur David Wells qui s’affiche avec son groupe de hockey parlementaire hebdomadaire; la sénatrice Clement qui démontre son engagement à la Course à la vie CIBC; et le sénateur Olsen, oui, qui s'amuse sur les terrains de badminton.

Je suis sûre que vous êtes nombreux à avoir des anecdotes à raconter sur l’activité physique. Il y a bien longtemps, le sport occupait une place importante sur la Colline du Parlement. Imaginez le terrain devant le Parlement et les terrains de Rideau Hall, où se déroulaient chaque année des matchs de soccer opposant les députés aux pages de la Chambre. Aujourd’hui, ces matchs ont lieu sur la pelouse devant l’édifice du Centre.

En 1938, le Président a organisé des parties de balle molle dans l’enceinte de Rideau Hall, et des rencontres ont également eu lieu contre le personnel de sécurité et les membres de la tribune de la presse. En 1948, il existait même une ligue de quilles de la Chambre des communes.

Lorsque j’ai commencé mon mandat, il y a neuf ans, c’était très agréable de participer à l’activité Yoga sur la Colline. En 2012, il y avait des matchs de rugby. Bon nombre d’entre vous se souviendront peut-être qu’en 2017, une énorme patinoire a été construite sur la Colline dans le cadre des célébrations du 150e anniversaire du Canada.

Chers collègues, la Colline du Parlement est plus qu’une arène politique : elle est aussi un espace de camaraderie, de rassemblement communautaire et de manifestation pour diverses causes. Assurons-nous que des générations de parlementaires continuent de trouver le temps de jouer, de marcher et de discuter ensemble sur la Colline.

En terminant, je vous invite à porter votre attention sur les Jeux du Commonwealth qui se tiendront cet été à Glasgow, du 23 juillet au 2 août. La cheffe de mission Erica Wiebe — médaillée d’or olympique en lutte libre et double championne des Jeux du Commonwealth — mènera l’équipe canadienne dans le stade. Ces jeux seront composés d’un programme de 10 sports, dont 6 parasports pleinement intégrés. C’est ce qui est si spécial dans les Jeux du Commonwealth : la réunion de personnes non handicapées et de paraathlètes qui offrent ensemble des performances remarquables. Ils feront preuve d’unité, de diversité et de durabilité aux plus hauts niveaux.

Le relais du Bâton du roi, organisé dans le cadre de ces jeux, traversera le Canada cette semaine, avec des arrêts à Vancouver, à Toronto et à Burlington. Le magnifique bâton conçu par des Autochtones et portant le message du roi poursuivra ensuite sa route jusqu’à Glasgow.

La semaine prochaine, les premiers OneAbility Games débuteront à Richmond, en Colombie-Britannique, où 900 jeunes handicapés concourront à l’anneau de Richmond, un héritage des Jeux olympiques. Par ailleurs, dans le volet PLAY, 300 athlètes de compétition tenteront de remporter l’or lors des championnats nationaux de goalball, de basketball en fauteuil roulant et de hockey sonore.

Alors que nous mettons fin au débat sur cette interpellation, nous avons beaucoup de motifs de réjouissances et de matière à réflexion. Au nom de la sénatrice McBean, de la sénatrice Petitclerc et en mon nom personnel, je remercie du fond du cœur tous ceux qui ont contribué à cette interpellation. Le sport, l’activité physique, la compétition — peu importe le nom qu’on lui donne — améliore la vie; c’est aussi simple que cela. Tout le monde devrait y avoir un accès équitable. Travaillons à rendre cela possible pour tous les Canadiens, car, même si les scores s’oublient un jour, la personne que vous serez devenue demeurera.

Merci, meegwetch.

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