PÉRIODE DES QUESTIONS — Le ministère des Services aux Autochtones
La santé de la mère et de l'enfant
7 mai 2026
Bienvenue au Sénat du Canada, madame la ministre. Nous, les parlementaires, parlons souvent avec fierté de ce que fait le Canada partout dans le monde pour améliorer la santé des mères et des enfants. Pourtant, à l’intérieur même de notre pays, de nombreuses communautés autochtones continuent d’avoir des résultats en matière de santé qui présentent des écarts inacceptables avec le reste de la population. Les taux de mortalité infantile dans les communautés autochtones sont beaucoup plus élevés que la moyenne nationale, alors que l’accès inadéquat à des soins prénataux, à des services d’urgence et à du soutien en santé pour les mères continue d’exposer les mères autochtones à de plus grands risques. Madame la ministre, ne devrions-nous pas faire preuve d’autant d’empressement à améliorer les résultats en matière de santé des mères et des enfants dans les communautés autochtones du Canada que nous le faisons à l’étranger? Quelles mesures concrètes votre ministère prend-il, en collaboration avec Santé Canada, pour régler ce problème?
Merci. Je suis heureuse de répondre à cette question. Selon moi, elle s’inscrit dans un dialogue plus vaste. Je fais partie des femmes qui ont accouché dans le système de santé. Je comprends donc très intimement ces obstacles. En ce qui concerne ce que j’envisage pour la prestation future de ce service à Services aux Autochtones Canada, je tiens à déclarer concrètement qu’investir en éducation pour faire en sorte que le service soit offert par les Premières Nations aux Premières Nations, de préférence dans la langue des Premières Nations, est un objectif que j’ai confié à mon ministère afin d’assurer sa concrétisation. Cette année, il y a eu un investissement important de plus de 750 millions de dollars dans le Programme des services de santé non assurés afin que, pendant que le système actuel demeure en place, les Autochtones puissent recevoir les soins de santé dont ils ont besoin. Je tiens également à dire que, selon moi, nous pouvons faire encore mieux. Il est de mon devoir, en tant que ministre, de m’assurer de ne pas trancher strictement selon mon point de vue, mais de tenir compte des besoins dont les gens me font part dans le cadre de leur rétroaction quand ils reçoivent le service. J’ai eu l’occasion de m’entretenir avec de nombreux groupes du domaine de la santé au cours des derniers mois pour vraiment cerner ce que les gens recherchent. Je crois fermement à la profession de sage-femme et je l’appuie, car j’estime que les enfants devraient mettre les pieds sur leur territoire traditionnel dès leur arrivée dans le monde. Je suis fière de venir d’une nation qui offre cela. Je suis fière de voir que de nombreuses communautés partout au pays offrent également...
Merci, madame la ministre.
Madame la ministre, le manque de données désagrégées récentes sur les résultats en matière de santé des mères et des enfants dans les communautés autochtones est également problématique. Les plus récentes données publiées par Statistique Canada sur la mortalité des enfants autochtones ne couvrent que la période entre 2004 et 2016, et les données qui concernent précisément la santé des mères autochtones sont limitées. Votre gouvernement s’engagera-t-il à améliorer la collecte et la publication de données sur la santé des mères et des enfants autochtones afin que les décideurs et les communautés puissent avoir un portrait clair de ces enjeux?
J’estime qu’il est impératif que nous travaillions avec nos partenaires pour la collecte de données. En effet, bien que nous, à Services aux Autochtones Canada, élaborions des politiques, nous devons être très ouverts à l’apport que les communautés peuvent avoir à cet égard. Il est essentiel d’avoir les données, mais il est aussi essentiel de donner de l’espace aux communautés afin qu’elles puissent travailler avec nous pour offrir les services et redéfinir cet espace. Je crois que la collecte de données est importante, pas seulement pour nous, mais aussi pour montrer comment les communautés autochtones se servent des données pour atteindre les objectifs qu’elles visent.