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DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — L'accord de libre-échange entre le Canada et le Mercosur

3 juin 2026


Honorables sénateurs, je prends la parole aujourd’hui pour souligner un problème urgent qui aura une incidence sur nos relations commerciales nord-américaines en lien avec le bœuf et sur la souveraineté alimentaire du Canada.

Le gouvernement du Canada tente de conclure rapidement de nombreux accords commerciaux. Cependant, il précipite les négociations avec les pays du Mercosur, qui comptent parmi les plus grands producteurs de bœuf à faible coût du monde. Cependant, ces faibles coûts reflètent les normes différentes en matière de soins des animaux, de main-d’œuvre, de salubrité des aliments et de durabilité dans les pays du Marché commun du cône sud, ou Mercosur.

Les producteurs de bœuf et les éleveurs canadiens ne peuvent pas rivaliser avec ces prix inférieurs et ils ne devraient pas sacrifier nos normes élevées parce qu’ils se font supplanter par les importations de bœuf du Mercosur.

Le bœuf canadien est l’un des plus durables au monde. Selon l’Association canadienne des bovins, le bœuf produit au Canada génère 52 % moins d’émissions que la moyenne mondiale.

Augmenter les importations de bœuf au moyen d’un accord commercial avec le Mercosur non seulement réduira la production de bœuf au Canada, mais nuira à l’atteinte des objectifs environnementaux du pays.

En outre, les pays du Mercosur présentent des risques importants de maladies animales exotiques qui pourraient avoir des conséquences catastrophiques pour le cheptel national et les collectivités rurales. Les importations à bas prix sont une solution à court terme et trompeuse à la hausse du prix des aliments. Si nous ne protégeons pas l’industrie canadienne du bœuf, nous découragerons la reconstitution du cheptel, réduirons l’offre nationale et augmenterons ainsi la volatilité des prix à long terme, ce qui affaiblira la sécurité et la souveraineté alimentaires du Canada.

Par ailleurs, nous ne pouvons pas risquer de fragiliser davantage nos relations commerciales avec les États-Unis en ajoutant un nouvel irritant à l’approche de l’examen de l’Accord Canada—États-Unis—Mexique. Vu la forte intégration des marchés canadien et américain, les États-Unis pourraient considérer l’accord Canada-Mercosur comme un moyen détourné pour faire entrer du bœuf du Mercosur sur leur marché.

Tous les agriculteurs canadiens, y compris les éleveurs de bovins de boucherie, jouent un rôle indispensable dans la sécurité alimentaire du pays, dans la croissance économique et dans la transmission des traditions agricoles de longue date qui façonnent les communautés des quatre coins du pays. Ce rôle, nous nous devons de le reconnaître.

Il est essentiel d’évaluer avec rigueur les répercussions d’un éventuel accord commercial avec le Mercosur sur tous les secteurs au Canada. Je le répète : il est hors de question de mettre en péril le secteur bovin et la souveraineté alimentaire du pays pour des gains éphémères.

Honorables collègues, le secteur agricole est souvent relégué au second plan lorsque l’on conclut des accords commerciaux ou que l’on modifie des politiques. J’espère que vous vous joindrez à moi pour mieux faire connaître cette industrie essentielle et pour défendre des politiques favorables aux agriculteurs et aux éleveurs du Canada.

Merci. Meegwetch.

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