DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — Kirsten Hillman
24 février 2026
Honorables sénateurs, dans une démocratie, le service public est une responsabilité sacrée : il s’agit d’un lien entre la personne, son pays et sa population. À mon avis, c’est la plus grande vocation qu’on puisse avoir. Assumer cette responsabilité à l’étranger est un véritable honneur et un privilège.
Aujourd’hui, je rends hommage à l’une des meilleures fonctionnaires du Canada, l’ancienne ambassadrice du Canada aux États-Unis, Kirsten Hillman.
Beaucoup de mythes entourent le travail d’un ambassadeur. À mon grand regret, ce n’est pas, ou pas toujours, la vie de luxe intrigante que l’on voit à la télévision et dans les films. Il s’agit d’un travail difficile, où il faut être disponible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, pour régler des problèmes inattendus, prendre des décisions en une fraction de seconde et faire rayonner efficacement les intérêts nationaux dans les secteurs privé et public. Un ambassadeur est le visage de son pays dans une capitale étrangère.
Exceptionnellement, notre ambassade à Washington est comme une direction générale du Bureau du Conseil privé située au sud de la frontière, qui est responsable des relations de tous les ministères et organismes fédéraux avec les États-Unis. Ajoutez à cela les intérêts des provinces, des territoires et des autres intervenants, et vous voyez le tableau.
Mme Hillman a mis à profit son expérience, son savoir-faire et son dévouement pour s’acquitter de son long mandat d’ambassadrice. Elle a découvert sa vocation alors qu’elle était en Manitoba, sa province natale. Elle a également fait des études et passé du temps en Alberta et à Montréal. Elle s’est distinguée en tant qu’avocate et négociatrice commerciale de haut niveau à Genève, au sein de l’Organisation mondiale du commerce, mais surtout en tant que négociatrice en chef pour le Canada dans le cadre des négociations sur l’Accord de partenariat transpacifique global et progressiste.
Il m’est arrivé très souvent, dans le cours de mes déplacements, que des gens me disent que derrière l’attitude aimable et ouverte de Mme Hillman se cachait l’une des négociatrices les plus redoutables qui soient.
Elle a brisé le plafond de verre, chers collègues, en devenant la première femme à occuper le poste ambassadrice du Canada aux États-Unis, en mars 2020, soit au début de la plus récente « période sans précédent » à laquelle nous ne sommes désormais que trop accoutumés.
Elle a été en fonction pendant une partie du premier mandat de Donald Trump, pendant la totalité du mandat de Joe Biden et pendant la première année du deuxième mandat de Donald Trump. Elle a tout vu : une pandémie mondiale, une suite constante de divergences stratégiques bilatérales, des menaces contre la souveraineté canadienne de la part d’un allié dont on croyait l’amitié inébranlable et une guerre commerciale qui pourra seulement compliquer la révision prochaine de l’Accord Canada—États-Unis—Mexique.
Il y a une dernière chose qui illustre bien le caractère de Kirsten Hillman : sachant que j’avais déjà travaillé pour le Canada à Washington, Mme Hillman est venue me voir au début de 2017 pour me demander si j’accepterais le poste de chef de mission adjoint à l’ambassade du Canada à Washington. Je m’attendais à ce qu’elle me pose des questions sur les politiques en vigueur ou encore sur les relations avec le Congrès, le département d’État, le Pentagone, la Maison-Blanche, ce genre de chose. Elle m’a plutôt posé une seule question : ma famille pourrait-elle s’accommoder de ma nomination?
Une chose est sûre, qui dit « service extérieur » dit « service à l’étranger », et Mme Hillman n’a jamais oublié l’élément profondément humain qui est associé à ces fonctions. Qu’elle soit aujourd’hui accompagnée de sa famille en est probablement le meilleur exemple.
Kirsten Hillman a excellé dans l’art de servir le Canada malgré des temps incroyablement difficiles, et les Canadiens devraient lui en être reconnaissants.
Bon retour au pays, Kirsten. Je vous souhaite le meilleur à vous, à Duncan, à Jack et à Ewen.
Merci, chers collègues.