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DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — Le regretté Gregory Brass

16 juin 2026


Honorables sénateurs, je prends la parole aujourd’hui pour célébrer la vie de Gregory Brass, père de famille, survivant des pensionnats autochtones et fier membre de la Première Nation crie de Peepeekisis, un homme qui a servi le public et dont le legs est bien vivant dans les générations qu’il a inspirées.

M. Brass est né en septembre 1939 à Fort Qu’Appelle, en Saskatchewan. Comme tant d’enfants des Premières Nations de sa génération, il a été contraint de fréquenter un pensionnat. Sa fille, la juge Michelle Brass, a écrit que le pensionnat « […] a été une période sombre pour lui […] », durant laquelle il a subi « […] des abus extrêmes de toutes sortes […] », a dû endurer la séparation d’avec sa famille — notamment ses sœurs bien-aimées — et a connu « […] une solitude que seul le retour au foyer pouvait guérir ».

Pourtant, Gregory Brass a refusé de laisser cette expérience déterminer l’ensemble de sa vie.

Il a reconstruit sa vie et sa famille. Il s’est joint à la GRC à une époque où les agents autochtones devaient surmonter des obstacles considérables et subissaient de la discrimination. Sa fille raconte :

Dans les années 1970, la situation n’était pas facile pour les membres de la GRC qui provenaient des Premières Nations, et il s’est heurté à ce qui était nettement du racisme dans son milieu de travail.

Son plus beau cadeau fut sans doute la foi qu’il avait dans ses enfants. Selon la juge Brass, il a « planté les graines de la connaissance dans leur esprit » et leur a enseigné qu’il est « possible de faire carrière ». Il leur demandait constamment ce qu’ils voulaient faire quand ils seraient grands, semait toutes sortes d’idées d’avenir et de pistes à explorer et les encourageait à rêver au-delà des limites que les autres leur imposaient.

Il chérissait en outre les liens qu’il entretenait avec sa famille. Il a tout fait pour que ses enfants connaissent leurs grands-parents, leurs oncles, leurs tantes, leurs cousins et cousines et le reste de leur entourage.

J’ai travaillé avec M. Brass à l’époque où j’étais directrice juridique pour le Conseil tribal de Saskatoon. Il occupait les mêmes fonctions que moi, mais pour le Conseil tribal de File Hills Qu’Appelle, sur le territoire du Traité no 4. Notre travail consistait à faire connaître la justice réparatrice afin d’éviter que les enfants ne finissent en prison. Greg était tellement respecté et admiré par ses collègues et par la population en général. Ses conseils, qu’il puisait dans ses nombreuses années d’expérience, étaient toujours judicieux.

Aujourd’hui, nous nous souvenons d’un homme qui a souffert, qui a choisi la guérison, qui a servi la collectivité et qui s’est dévoué pour sa famille.

Grâce à sa persévérance, il a transformé la douleur en possibilités et il a veillé à ce que les générations suivantes puissent jouir des débouchés dont il a lui-même été privé.

Au nom du Sénat du Canada, j’offre mes condoléances à la famille Brass et à tous ceux qui l’ont aimé. Reposez en paix, M. Gregory Brass.

Meegwetch. Merci.

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