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PÉRIODE DES QUESTIONS — La sécurité publique

Les études en milieu carcéral

10 février 2026


Sénateur Moreau, j’ai appris par les excellents journalistes de La Presse que des compressions budgétaires sont prévues en enseignement au Québec, plus précisément dans la formation collégiale offerte dans les prisons fédérales du Québec. Mon bureau a ensuite découvert que, partout au pays, des bibliothécaires, des enseignants et des coordonnateurs de l’emploi dans la collectivité risquent également de perdre leur emploi en raison des compressions budgétaires. On nous dit que le personnel sera remplacé par l’intelligence artificielle et des logiciels. Cela semble difficile à imaginer, étant donné que les établissements correctionnels du Canada utilisent encore des disquettes.

Cela dit, voici ce qui me préoccupe le plus. Les personnes incarcérées veulent s’améliorer, penser à leur avenir et planifier leur réinsertion dans la société. Il leur faut cette possibilité. Or, cela leur est impossible si on leur enlève les outils nécessaires pour s’éduquer.

Sénateur Moreau, jusqu’où ces compressions iront-elles?

L’honorable Pierre Moreau (représentant du gouvernement au Sénat) [ + ]

Je vais vous donner l’information dont je dispose provenant du ministère.

Les détenus peuvent effectivement poursuivre des études postsecondaires pendant leur incarcération. Le Programme d’enseignement postsecondaire permet aux détenus d’apprendre un métier ou une profession ou de mettre à jour leurs titres professionnels. Les détenus qui veulent suivre des cours postsecondaires doivent satisfaire aux exigences de l’université ou du collège en matière de scolarité. Les cours sont généralement suivis par correspondance auprès de collèges communautaires ou d’universités. Cela comprend notamment l’offre d’un enseignement adapté aux réalités culturelles, qui est essentiel à la réinsertion réussie des détenus pris en charge et détenus par le Service correctionnel du Canada. Voilà l’information dont je dispose à ce jour.

Merci, sénateur Moreau. Au Canada, le discours public est de plus en plus axé sur l’incarcération. Nous savons que la réforme du système de cautionnement est imminente, avec le projet de loi C-14. Les politiciens font croire que le fait de mettre les gens en prison résoudra tous nos problèmes.

On parle nettement moins de réhabilitation. Or, c’est l’un des principaux objectifs de l’incarcération. Ce gouvernement croit-il vraiment que ces compressions supplémentaires au Service correctionnel du Canada favoriseront la réhabilitation?

Le sénateur Moreau [ + ]

Je vous remercie, madame la sénatrice. Selon les informations que j’ai, une partie des cours qui sont dispensés vise particulièrement la réhabilitation. Or, le gouvernement croit à un système carcéral visant la réhabilitation plutôt que de se concentrer uniquement sur l’incarcération. C’est l’information que j’ai reçue de la part du ministre responsable.

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