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DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — Les Jeux olympiques et paralympiques d'hiver de 2026

10 mars 2026


Honorables sénateurs, c’est aux côtés de ma collègue et amie la sénatrice Petitclerc que j’ai aujourd’hui l’honneur de célébrer les Jeux paralympiques.

Pendant qu’ici, à Ottawa, nous vaquons à nos occupations habituelles, les athlètes paralympiques de partout dans le monde s’affrontent qui au curling en fauteuil roulant, qui au parahockey, qui au paraski alpin, pour ne donner que quelques exemples. Avez-vous vu l’incroyable double sortie de Jon Thurston?

J’aime beaucoup regarder les Canadiens compétitionner sur la scène internationale. J’aime la splendeur des cérémonies d’ouverture, l’intensité des compétitions, avec leurs joies et leurs moments crève-cœur. Ce sont tous ces hauts et ces bas qui font que j’y reviens sans cesse — les larmes de joie qui couronnent des années de labeur, de détermination et de dépassement de soi.

Mon papa, un immigrant trinidadien qui a élevé trois enfants à Montréal, n’a jamais réussi à aimer, ou même à apprécier l’hiver. Il m’a déjà confié à quel point il avait été étonné d’avoir conçu des enfants capables de se lancer du haut d’une pente enneigée chaussés de simples bouts de bois attachés à leurs pieds.

Papa ne le voyait peut-être pas ainsi, mais il a bel et bien réussi à conquérir l’hiver. Après tout, il a été des années à prendre la route malgré les tempêtes pour conduire mon frère Joe dans un aréna frigorifié ou un autre pour que son fils puisse pratiquer le sport national du Canada. Je lui suis moi-même reconnaissante de nous avoir attendus comme il le faisait au bas des pentes, sourire aux lèvres. Il a su ouvrir des portes à ses enfants, des portes vers le talent, le plaisir et l’amour de l’hiver.

Nous étions parmi les très rares jeunes Noirs à dévaler les pentes de ski des Laurentides.

La représentation est importante, et on a tôt fait de constater, en regardant les Jeux paralympiques de cette année, qu’il reste du chemin à parcourir pour que les personnes handicapées noires du Canada puissent participer aux compétitions sportives. Vous me croirez si vous le voulez, mais il n’y a aucun Canadien noir aux Jeux paralympiques de cette année.

Le mois dernier, pourtant, j’étais immensément fière de voir, pour la première fois, trois femmes noires sur la glace pendant un match de hockey olympique — je parle bien sûr de l’Américaine Laila Edwards et des Canadiennes Sophie Jaques et Sarah Nurse. De les voir en action m’a permis d’apprécier le sport national du Canada d’un nouvel œil et m’a fait sentir que c’était aussi mon sport à moi.

Je tiens évidemment à saluer et à célébrer le paraskieur nordique canadien Leo Sammarelli, qui est d’origine philippine. J’espère que, dans quatre ans, aux prochains Jeux paralympiques, je pourrai vous parler des exploits d’un plus grand nombre d’athlètes canadiens racisés et noirs.

Comment faire, alors, pour que mon souhait se concrétise?

La présidente de l’Inclusion in Canadian Sports Network, Shauna Bookal, m’a expliqué que l’équipement est coûteux, que les essais et les entraînements ont souvent lieu loin de la maison, que la diversité n’est pas assez présente parmi les têtes dirigeantes des différents sports, et qu’il faudrait que les familles qui auraient besoin d’accès et d’information soient davantage exposées au sport. Bref, il y a beaucoup à faire.

Honorables sénateurs, je vois le manque de représentativité aux Jeux paralympiques comme une occasion ratée de permettre à davantage de jeunes de pratiquer des activités stimulantes et compétitives susceptibles d’aiguiser leurs talents et de leur donner l’occasion de s’amuser et d’aimer l’hiver.

J’ai vraiment hâte d’encourager plusieurs autres Canadiens et Canadiennes noirs aux prochains Jeux paralympiques. En attendant, je soutiendrai tous nos athlètes jusqu’au 15 mars.

Merci. Nia:wen.

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