PÉRIODE DES QUESTIONS — Le ministère des Pêches et des Océans et la Garde côtière canadienne
L'industrie de la pêche au Nouveau-Brunswick
4 juin 2024
Bienvenue au Sénat, madame la ministre.
En ce qui concerne l’équilibre entre la protection de la baleine noire et la protection des intérêts des travailleurs et des pêcheurs commerciaux, vous avez dit à mon collègue le sénateur Cuzner qu’il y avait une manière différente de faire un calcul, selon qu’il était fait par les pêcheurs ou par votre ministère — ce qui est assez étonnant, me semble-t-il. Comment pouvez-vous assurer aux pêcheurs et à l’industrie que le Comité consultatif technique sur les baleines noires de l’Atlantique, que vous mettez en place, tient réellement compte des réalités des pêcheurs et de l’industrie, notamment de ma région de la Péninsule acadienne, au nord-est du Nouveau-Brunswick?
Le comité consultatif va se réunir au cours des prochaines semaines. Il est certain que lorsqu’on met des mesures en place, tant que les mesures ne nous affectent pas personnellement, on dit que les mesures sont là et que tout va bien, mais lorsque cela se passe chez nous, tout à coup, ce ne sont plus nécessairement les mesures que l’on voudrait voir.
C’est un processus évolutif. Comment s’assurer de calculer de la même façon et d’avoir les mêmes mesures? Les pêcheurs calculent les mesures en brasses, mais c’est un peu plus difficile pour Pêches et Océans Canada d’avoir l’image totale des fonds marins.
Pêches et Océans Canada calcule avec des lignes : entre telle et telle ligne, on ne devrait pas pêcher, d’où l’importance d’utiliser l’intelligence artificielle et la mer numérique. Les pêcheurs sont déjà au courant des orientations que l’on prend pour ne pas se retrouver dans une situation comme celle qui s’est produite il y a deux semaines.
Je suis étonné que le ministère calcule de cette façon. Cela m’amène à ma deuxième question. Un article récent de l’Acadie Nouvelle soulevait des préoccupations très importantes de la part d’experts et de parties prenantes de l’industrie, préoccupations qui vont à l’encontre de votre ministère.
Les termes utilisés sont assez éloquents; ils parlaient de « décisions déconnectées de la réalité », d’« ultra-centralisation du pouvoir sur l’ensemble des dossiers », d’un « fonctionnement en silo ». Ils utilisaient même le terme « bunker » pour parler de votre ministère.
Madame la ministre, que comptez-vous faire pour atténuer ces frustrations, qui sont récurrentes et décourageantes chez les pêcheurs de notre région? Comment allez-vous rétablir, établir, dirais-je même, un climat de confiance durable entre votre ministère et le secteur de la pêche chez nous?
Ce qui est important pour moi, c’est qu’au sein du Comité consultatif technique sur les baleines noires de l’Atlantique, il y ait des représentants des pêcheurs et de l’industrie. En ce qui concerne l’industrie de la transformation, les industriels de la transformation ont avisé les pêcheurs que s’ils ne respectaient pas les règles des certifications MSC ou les règles de protection des baleines, les transformateurs n’achèteraient pas leurs produits de la mer. L’objectif d’un transformateur n’est pas de faire une collection de produits de la mer dans son congélateur.
Il faut que les produits entrent et sortent du pays; pour que les produits sortent, il faut respecter des règles comme les règles en matière de protection des baleines, pour ne pas devoir fermer des marchés, tant du côté américain que du côté des marchés —