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DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — Le Mois de l'histoire des Noirs

26 février 2026


Honorables sénateurs, je prends la parole aujourd’hui pour souligner le Mois de l’histoire des Noirs ou, comme nous l’appelons en Nouvelle-Écosse, le Mois du patrimoine africain. Cela fait 30 ans que nous soulignons ce mois important.

Cette année, nous rendons hommage à l’excellence des personnes noires, et nous avons la chance d’avoir parmi nous des collègues qui incarnent cette excellence, dont deux sont de ma province, la Nouvelle-Écosse, soit la sénatrice Wanda Thomas Bernard et le sénateur Tony Ince.

Aujourd’hui, je vous invite également à rendre hommage à deux autres brillants Néo-Écossais d’origine africaine, George Elliott Clarke et Viola Desmond. George Elliott Clarke, ancien poète officiel de Toronto, ancien poète officiel du Parlement, professeur d’anglais à l’Université de Toronto et ancien attaché politique du député Howard McCurdy, est né à Windsor, en Nouvelle-Écosse, et a grandi à Halifax.

Viola Desmond, également de la Nouvelle-Écosse, figure sur le billet de 10 $ du Canada, et elle a fait preuve d’excellence et de leadership en matière de droits civils, d’abord dans une salle de cinéma de New Glasgow, puis devant un tribunal.

Pour leur rendre hommage à tous les deux ainsi qu’à l’excellence et au leadership des personnes noires au Canada, je vais vous lire le poème que George a écrit au sujet de Viola.

Témoignage pour Viola Desmond

La scène s’ouvre sur une bagarre, comme au cinéma,

Comme dans un film en noir ébène et blanc polaire, n’est-ce pas?

Le placeur et le flic agrippent cette esthéticienne qui se débat

Tels des fossoyeurs qui veulent s’emparer à tout prix

Du Corpus Christi.

Ce trio chancelant et titubant,

Composé de cette femme et des deux hommes qui l’empoignent brutalement,

Jure avec le tableau environnant,

Des affiches annonçant les films à voir prochainement,

Des photos en noir et blanc des vedettes du moment,

Des publicités pour vendre maïs soufflé, sodas et autres rafraîchissements.

Passés le kiosque d’aliments et la billetterie,

Viola est emmenée dehors, par un soir de novembre, manu militari,

Sous les feuilles d’érable qui s’abattent sur elle comme une pluie de flèches rouges aux pointes acérées,

Pour être jetée dans une cellule comme un ivrogne trop aviné.

Quel était donc son crime? Celui d’avoir voulu tout simplement

Voir ce que Hollywood avait à lui offrir comme divertissement

Dans un cinéma néo-écossais de New Glasgow,

Et d’avoir choisi, malgré le teint sépia de sa peau,

De s’asseoir sur un siège réservé aux Blancs

Et d’y rester, même après avoir été informée promptement

De son geste compromettant.

Le quidam à l’origine de cette mauvaise tragicomédie,

Appela la police en catimini

Afin que l’importune soit emmenée aussitôt

Et jetée sans ménagement au cachot

Pour avoir enfreint les lois Jim Crow,

À en croire la fausse justice du Pierrot

Mais le passage de Viola en prison

Fut la voie de sa canonisation,

Qui la mena jusqu’au panthéon de la libération

Où trônent Harriet Tubman, la reine des marrons,

Josephine Baker, Rosa Parks, et maintenant à leurs côtés,

Elle,

La première militante noire (canadienne) pour l’égalité.

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