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La valeur du tourisme pour l'édification du pays

Interpellation--Suite du débat

21 avril 2026


Honorables sénateurs, c’est sur les terres non cédées de la nation algonquine anishinabe que je prends la parole aujourd’hui au sujet de l’interpellation de la sénatrice Sorensen sur la valeur du tourisme pour l’édification du pays.

Ma contribution à cette interpellation portera — vous l’aurez deviné — sur ma province, la Nouvelle-Écosse, également connue sous le nom de paradis maritime du Canada et de Mi’kma’ki. La sénatrice Sorensen nous ayant mis au défi, quand elle a présenté cette interpellation, d’examiner l’ensemble de l’écosystème touristique, j’ai décidé de me concentrer sur le secteur des arts et de la culture de la Nouvelle-Écosse, qui est très important. L’offre artistique et culturelle riche et variée de la Nouvelle-Écosse constitue un attrait majeur pour les touristes locaux, nationaux et internationaux, en plus de contribuer de manière significative à notre économie locale, provinciale et nationale.

Chers collègues, la Nouvelle-Écosse est réputée pour la beauté de ses paysages et ses sites historiques emblématiques : les eaux les plus chaudes au nord des Carolines, le long du détroit de Northumberland; le parc national Kejimkujik, où j’adore faire du canot en pleine nature; le parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton, où la vue sur l’océan depuis le sentier Skyline, au bord de la falaise, est à couper le souffle, tout comme la rencontre occasionnelle avec un orignal; le majestueux phare de Peggy’s Cove, perché sur une formation rocheuse d’une beauté tout aussi unique que dangereuse, sur la célèbre côte Sud de la Nouvelle-Écosse; le site du patrimoine mondial des falaises pleines de fossiles de Joggins; l’ivresse du rafting sur le mascaret de la rivière Shubénacadie, où l’on peut faire l’expérience des marées les plus hautes du monde dans la baie de Fundy.

Ou encore, venez à Antigonish, et je vous ferai visiter les endroits où mes trois filles se sont mariées. Nous irons d’abord au mont Cameron, qui offre une vue de l’estuaire qui mène au port d’Antigonish. Ensuite, nous irons sur un terrain au bord de la mer situé dans la baie St-Georges, où on trouve une plage ainsi que l’établissement Crystal Cliffs de l'Université St. Francis Xavier, et où des vedettes d’Hollywood ont passé leur lune de miel. Pour terminer, nous irons au phare de Cape George, qui offre une vue magnifique sur la baie St-Georges — où on peut voir les bateaux des pêcheurs de homard, de crabe et de thon, ainsi que des dauphins ou des baleines à l’occasion — et sur les hautes terres du Cap‑Breton.

J’ai eu la chance de recevoir la visite des sénatrices Anderson, Sorensen, Marty Deacon et Greenwood, du sénateur Kutcher, et, bien sûr, de mon voisin de l’autre côté de la baie, le sénateur Prosper.

Nous disposons de beaucoup de sites historiques emblématiques, notamment la forteresse de Louisbourg, la citadelle d’Halifax, Port-Royal, le Black Loyalist Heritage Centre, à Bridgetown, Grand-Pré, le célèbre lieu historique national acadien, et bien d’autres. La Nouvelle-Écosse est une province d’une richesse naturelle et historique remarquable.

La Nouvelle-Écosse regorge d’artistes exceptionnels ainsi que d’institutions et d’attraits artistiques et culturels, qui sont présents aussi bien dans ses centres urbains que disséminés dans ses régions rurales et qui sont étroitement liés à son majestueux environnement naturel ainsi qu’à ses histoires riches et diversifiées, dont ils s’inspirent souvent.

Les nations mi’kmaqs de la Nouvelle-Écosse partagent leur culture et leurs arts lors de mawiomis, des rassemblements traditionnels, et de pow-wow.

Grâce à cette beauté naturelle remarquable et à la richesse de nos histoires, nos artistes en arts visuels créent des œuvres qu’ils partagent avec le monde entier. Les artistes en arts visuels de la Nouvelle-Écosse comme Maud Lewis, Alex Colville et l’artiste mi’kmaq Alan Syliboy sont peut-être bien connus de beaucoup d’entre vous, mais je peux vous assurer que les visiteurs de notre province seront impressionnés par l’abondance des divers talents artistiques qu’ils rencontreront en Nouvelle-Écosse, ainsi que par les nombreuses possibilités de voir, de découvrir, d’apprécier et d’acquérir de nombreuses formes d’œuvres d’art. Dans un article récent sur la Nouvelle-Écosse intitulé « Cette petite province à l’étonnante richesse créative », l’auteur écrit ceci : « Cette minuscule province est REMPLIE d’artistes. »

On trouve dans ma petite ville, Antigonish, plus d’artistes que je ne pourrais en compter. Certains sont diplômés de la Nova Scotia College of Art and Design University. Deux galeries situées dans notre ville, les galeries Lyghtesome et Red Sky, sont maintenant fermées après des décennies d’activité. Nous avons la chance d’avoir encore la galerie Down to Earth. De plus, la galerie de l’Université St. Francis Xavier, située dans l’édifice du Brian Mulroney Institute of Government, est une ressource remarquable pour le campus, la collectivité et les visiteurs. Une œuvre magnifique et émouvante de la partenaire du sénateur Prosper, l’artiste visuelle Antoinette Karuna, a été exposée récemment à la galerie de l’Université St. Francis Xavier.

Même le plus populaire des cafés de la ville, le Tall and Small Café de la rue Main, accueille régulièrement des expositions. Ma petite-fille Maia, dont l’art figure sur les cartes du temps des Fêtes que je vous envoie, y a présenté une exposition quand elle était encore à l’école secondaire. Cette exposition lui a rapporté 800 $.

On peut aussi voir les célèbres graffitis de Pete Norman sous des ponts et dans d’autres coins intéressants de la ville et du comté. Notre bibliothèque locale, baptisée People’s Place, resplendit grâce aux œuvres de sa collection permanente et aux expositions temporaires qu’elle présente régulièrement. Mentionnons aussi que la nouvelle maison des Sœurs de Sainte-Marthe, à Parkland, contient une magnifique peinture de l’artiste d’Antigonish Anna Syperek en hommage aux sœurs. Intitulé The Journey, ce chef‑d’œuvre attire également les visiteurs.

Le Musée des beaux-arts de la Nouvelle-Écosse, à Halifax, ainsi que de nombreuses autres galeries privées réparties dans toute la province constituent des lieux exceptionnels où les visiteurs peuvent admirer et acquérir des œuvres d’art. L’aéroport d’Halifax met en valeur les œuvres de l’artiste mi’kmaw Loretta Gould sur toutes les baies vitrées extérieures de la zone d’enregistrement des départs. Ses œuvres, ainsi que celles de nombreux autres artistes autochtones, sont également exposées à la galerie Friends United, au Cap-Breton. La zone des arrivées internationales de l’aéroport est éblouissante grâce aux œuvres de l’artiste mi’kmaw Alan Syliboy. Inspiré par la peinture rupestre mi’kmaw, il possède son propre atelier-galerie à Millbrook.

La Nouvelle-Écosse est également réputée pour ses écrivains de talent, ses lectures publiques et ses festivals littéraires. La plupart des gens associent la Nouvelle-Écosse à des auteurs comme Kate Beaton, Alistair MacLeod, Sheree Fitch, Daniel MacIvor, Linden MacIntyre, Lesley Choyce, Sheldon Currie, Leo McKay Jr., Sue Goyette, Elliot Page, Donna Morrissey, originaire de Terre-Neuve — oui, nous la revendiquons désormais —, et Rachel Reid, l’auteure à succès ayant figuré sur la liste du New York Times, dont les livres ont inspiré la série « Rivalité passionnée ». La Nouvelle-Écosse regorge également de poètes, de George Elliott Clarke, originaire de notre coin de pays, à Anne Simpson, d’Antigonish, lauréate du prix Griffin de poésie, en passant par l’artiste de la poésie parlée El Jones.

Les visiteurs comme les gens du coin sont attirés par les festivals littéraires et les événements de lecture, comme le Cabot Trail Writers Festival, le Booktoberfest à Halifax et le Read by the Sea à River John.

À propos des de festivals, l’été est le moment où les collectivités de la Nouvelle-Écosse s’animent grâce à une programmation théâtrale professionnelle. Chaque été, je me joins à mes concitoyens de la Nouvelle-Écosse et aux visiteurs de la province pour partir à la découverte des représentations théâtrales, des spectacles en plein air de Two Planks and a Passion à Ross Creek, près de Wolfville, au théâtre Ship’s Company à Parrsboro, au théâtre Baddeck, à Shakespeare by the Sea au parc Point Pleasant à Halifax, au Chester Playhouse, au festival Fringe et au Festival Antigonish au théâtre Bauer. C’est à un jet de pierre de chez moi. Le théâtre estival de calibre est en plein essor et constitue un attrait majeur pour les touristes dans notre province.

Bien sûr, nous avons la chance d’avoir beaucoup d’autres groupes de théâtre et salles de spectacle qui fonctionnent tout au long de l’année. J’ai hâte d’emmener ma petite-fille Violetta au théâtre Neptune, le théâtre le plus prestigieux d’Halifax, pour voir Come From Away en juin.

Les visiteurs et les personnes qui aiment passer les vacances chez elles trouveront les spectacles de danse proposés en Nouvelle-Écosse très agréables, qu’il s’agisse de la représentation de The Nutcracker par Halifax Dance avec le théâtre Mermaid et l’orchestre symphonique de la Nouvelle-Écosse au théâtre Rebecca Cohn, des nombreux spectacles et compétitions de danses écossaises dans toute la province ou des soirées qu’on peut passer à pratiquer la danse carrée au West Mabou Hall ou, sur la même route, au pub Red Shoe ou au pub Pipers, quand il rouvrira à Antigonish. Il y a toujours de quoi plaire aux amateurs de danse en Nouvelle-Écosse.

Impossible de danser sans musique et, à cet égard, la Nouvelle-Écosse en met plein les oreilles aux mélomanes de passage. Quand ma famille s’est installée en Nouvelle-Écosse il y a 29 ans, j’étais ravie d’assister aux Jeux écossais d’Antigonish et de découvrir la puissance et la beauté des cornemuses et des tambours écossais. J’adore le jazz, alors j’étais ravie d’apprendre que l’Université St. Francis Xavier disposait d’un département d’études en jazz de classe mondiale, qui comptait au sein de son corps enseignant des musiciens de premier plan qui se produisaient localement. J’ai été bénévole au tout nouveau Stan Rogers Folk Festival, à Canso. Mark, le fils du sénateur Manning, y est un habitué, tout comme au très populaire Celtic Colours International Festival, au Cap-Breton.

Sarah McLachlan est originaire de Nouvelle-Écosse, tout comme le groupe de rock The Trews, qui vient plus spécifiquement d’Antigonish. Bien sûr, tous les Canadiens connaissent Anne Murray, la chanteuse de Springhill lauréate de Grammy et de prix JUNO. Mentionnons au passage Joel Plaskett, Classified, Sloan, Four the Moment, Holly Cole, Neon Dreams, Natalie MacMaster, Anna Ludlow, Mary Beth Carty, Ashley MacIsaac, Ian Sherwood, Emma Stevens, qui a repris « Blackbird » de Paul McCartney en langue mi’kmaq, et Morgan Toney, violoniste de la Première Nation de Wagmatcook et lauréat d’un prix JUNO. Ils font tous la renommée musicale de la Nouvelle-Écosse.

Tout le monde est le bienvenu en Nouvelle-Écosse pour assister à un concert en soirée de l’orchestre symphonique de la Nouvelle-Écosse; pour aller avoir la série de spectacles sur scène d’Antigonish, créée par Michael Steinitz; pour s’enivrer du Festival de jazz sur le front de mer d’Halifax; ou pour assister à un concert de Heather Rankin, d’Ian McKinnon, de Rawlins Cross ou encore de Heather MacIssac, récemment nommée aux prix Juno. Vous pouvez aussi vous rendre à Cheticamp pour écouter des chansons en direct au Doryman en compagnie du sénateur Aucoin.

Chers collègues, la musique a le pouvoir de nous transporter et de nous émouvoir profondément.

J’ai eu la chance d’assister hier au spectacle musical Le Rêve de la Lyre en compagnie de mes collègues sénateurs, d’ambassadeurs et d’invités, ici même dans cette enceinte. L’événement a été planifié et animé par notre collègue, le sénateur Housakos, et son équipe. La musique était sublime; ce fut un moment absolument magique.

Voici ce qu’a dit notre Président intérimaire, le sénateur Cormier, dans ses remarques liminaires :

Depuis l’Antiquité, la musique accompagne l’humanité comme une lumière dans l’obscurité. En Grèce ancienne, la lyre n’était pas seulement un instrument : elle symbolisait l’harmonie entre les êtres, entre la parole et le cœur, entre les peuples et la paix. Lorsque ses cordes vibraient, elles rappelaient que la beauté peut unir ce que la discorde cherche à séparer.

Et tandis que les cordes vibraient, elles rappelaient que la beauté peut unir ce que la discorde cherche à séparer. On raconte que pour les Grecs anciens, la musique n’était pas une simple source de divertissement, mais une forme de philosophie, un aspect de leur identité et une source de réconfort pour l’âme.

Voici ce qu’Andrea Boyd, directrice artistique du Festival Antigonish, notre théâtre d’été professionnel local, a déclaré dans un récent discours :

Les arts ne sont pas un luxe : ils constituent un puissant vecteur de bien-être, de cohésion et de résilience au sein de nos collectivités. Les recherches montrent que la musique, le théâtre, la danse et les arts visuels renforcent les liens sociaux et favorisent l’empathie et l’inclusion au sein de diverses populations.

Elle a poursuivi en disant :

Les arts, la culture et le patrimoine ne sont pas seulement des expériences réconfortantes. Ce sont des moteurs économiques essentiels [...]

Elle a ajouté :

À l’échelle nationale, le secteur des arts et de la culture représentait 131 milliards de dollars du PIB du Canada en 2024.

Les données nationales compilées par la Chambre de commerce du Canada montrent que chaque dollar investi dans les arts génère environ 29 $ d’activité économique. Les gens qui achètent des billets de théâtre vont au restaurant, dorment à l’hôtel et magasinent dans les commerces locaux.

Les arts sont notre façon de raconter nos histoires au monde entier. La Nouvelle-Écosse est reconnue sur la scène internationale pour sa culture unique et ses communautés dynamiques.

Selon Statistique Canada, en 2023, le secteur des arts de la Nouvelle-Écosse a contribué au PIB à hauteur de plus de 2 milliards de dollars, et il a généré une production économique brute de 3,5 milliards de dollars. Le secteur des arts représente plus de 16 000 emplois, et il compte plus de main-d’œuvre en Nouvelle-Écosse que l’agriculture, la pêche et la foresterie combinées.

Honorables sénateurs, le tourisme artistique et culturel joue un rôle déterminant dans l’édification du pays. Les arts et la culture contribuent de façon importante à l’économie, tant à l’échelle des ménages qu’à l’échelle locale, provinciale et nationale. Ils permettent de bâtir et de soutenir les collectivités. Les arts et la culture nous unissent et, surtout, ils enrichissent notre esprit et nous rappellent notre humanité.

Honorables sénateurs, y a-t-il quelque chose de plus important? Merci.

L’honorable Scott Tannas [ + ]

Honorables sénateurs, je suis ravi de prendre la parole au sujet de l’interpellation n o 8, qui attire l’attention du Sénat sur l’importance du tourisme pour le développement national au Canada. Je remercie la sénatrice Sorensen de nous avoir invités à voir le tourisme sous cet angle, en tant que moyen de développement national. Je souscris sans réserve à cette prémisse.

On parle souvent du tourisme en s’appuyant sur des chiffres, qu’il s’agisse des contributions au PIB, des statistiques sur l’emploi ou du nombre de visiteurs. Il ne fait aucun doute qu’il s’agit d’un moteur économique important. Il crée des centaines de milliers d’emplois, soutient les petites entreprises de toutes les régions et contribue à l’économie nationale à hauteur de plusieurs milliards de dollars. En Alberta seulement, plus de 28 000 entreprises du secteur touristique emploient près de 160 000 personnes.

Cependant, le tourisme n’est pas qu’un secteur économique. Il a une valeur plus profonde et plus durable.

Le tourisme repose fondamentalement sur une volonté de tisser des liens. Tous les habitants de ce pays ont des lieux géographiques, une culture et une histoire à faire découvrir. Cette expérience commune aide à façonner notre vision de l’identité canadienne. Bâtir un pays comme le nôtre ne peut pas se faire au hasard. Cela demande de la curiosité, de l’ouverture et une volonté de côtoyer ses concitoyens. Il faut aussi avoir l’esprit d’aventure et le désir d’explorer. Le tourisme offre justement les conditions propices à cela.

Pour de nombreux Canadiens, les vacances ne sont pas que des moments de repos et de détente, même si ces moments sont les bienvenus pour tout le monde. C’est aussi l’occasion de découvrir quelque chose de nouveau, de vivre quelque chose de différent et d’élargir ses horizons.

Aujourd’hui, chers collègues, j’aimerais mettre en avant deux types de tourisme qui illustrent parfaitement ce potentiel d’édification du pays : l’agritourisme et les visites des lieux de tournage de films et de séries télévisées au Canada. Ce sont des domaines où nous excellons déjà, mais où, à mon avis, nous pouvons faire encore mieux.

Commençons par l’agritourisme.

Comme le sénateur Black l’a souvent rappelé au Sénat, l’agriculture est l’une des industries les plus vitales du Canada. Elle nourrit notre population, ancre l’économie des régions rurales et façonne les paysages qui définissent notre pays. Pourtant, pour de nombreux Canadiens, en particulier ceux qui vivent dans les centres urbains, l’agriculture peut sembler être un concept lointain et abstrait.

L’agritourisme sert de pont entre ces réalités.

Partout au pays, les producteurs ouvrent leurs fermes, leurs ranchs, leurs vergers et leurs vignobles aux visiteurs. Ce faisant, ils sensibilisent non seulement les Canadiens à l’origine de leurs aliments, mais ils favorisent également un lien plus étroit entre les producteurs et les consommateurs. Les Canadiens peuvent rencontrer les personnes qui cultivent leurs aliments et mieux apprécier leur travail.

L’agritourisme offre une occasion précieuse aux agriculteurs de diversifier leurs revenus et d’ajouter de la valeur à leurs activités. Il contribue à la survie des exploitations agricoles familiales et encourage l’innovation et la résilience. Il permet aux visiteurs de mieux comprendre les pratiques agricoles, d’avoir accès à des aliments frais et locaux et de découvrir la vie en milieu rural, ses traditions et la culture locale. Il contribue ainsi à préserver et à célébrer le patrimoine régional.

Des études démontrent que l’agrotourisme contribue à la création d’emplois locaux, soutient le développement des petites entreprises, renforce l’assiette fiscale des municipalités et stimule l’activité économique dans les collectivités rurales et mal desservies. Bref, il profite aux Canadiens des régions urbaines et rurales sur les plans économique, social et culturel.

Chers collègues, la deuxième dimension que je souhaite aborder, c’est qu’un nombre croissant de visiteurs s’intéressent aux lieux, partout au pays, où ont été filmés des films et des émissions de télévision.

Le Canada est depuis longtemps un chef de file mondial de la production cinématographique et télévisuelle. Nos villes, nos paysages et nos collectivités servent de toile de fond à d’innombrables histoires vues dans le monde entier. Or, on constate de plus en plus que ces productions ne font pas que divertir : elles donnent aussi aux voyageurs l’envie de venir ici.

Les visiteurs sont attirés par les endroits qu’ils ont vus à l’écran. Ils souhaitent se tenir là où leurs scènes préférées ont été tournées, découvrir ces paysages en personne et faire le lien entre la fiction et la réalité. Souvent appelé « ciné-tourisme », ce phénomène est devenu un puissant moteur de fréquentation touristique.

Voici quelques exemples.

La série télévisée Heartland, filmée dans ma collectivité, High River, en Alberta, et dans les environs, en est maintenant à sa 19e saison, un record de longévité parmi les téléromans canadiens présentés en épisodes d’une heure. Elle est traduite dans des dizaines de langues et diffusée dans le monde entier. Depuis des années, des visiteurs se rendent à High River pour voir les endroits qui leur sont familiers, prendre des photos et passer du temps dans un lieu qu’ils ont appris à connaître à l’écran.

Dans notre ville, l’activité commerciale du centre-ville a diminué, et un grand nombre de magnifiques bâtiments anciens sont aujourd’hui vides. Il y a de nombreuses années, un génie a proposé de transformer l’une de ces rues en décor de cinéma permanent. Le premier point d’ancrage de cette rue est un bâtiment aménagé et baptisé « Maggie’s Diner, Tack and Feed Store », l’endroit où tout le monde se rend dans « Heartland » pour avoir ces conversations profondes et sincères que les jeunes femmes ont toutes eues au sujet des chevaux, de l’amour, de leurs parents, etc.

Je passe tout le temps par cette rue, et je ne saurais vous dire combien de fois j’ai vu une mère et sa fille — ou une grand-mère, une mère et sa fille — jeter un œil par la vitrine du Maggie’s Diner, Tack and Feed Store, qui est vide à part quelques lampes, quelques tables d’appoint et ainsi de suite.

Il m’arrive de croiser des gens dans la rue quand je me promène, et je leur demande d’où ils viennent. Ils viennent des Pays-Bas, d’Allemagne, mais aussi de partout au Canada et aux États-Unis. C’est vraiment remarquable. C’est incroyable de voir à quel point notre petite ville profite de l’affluence de ces gens qui viennent séjourner ici pour visiter les lieux de tournage de la série « Heartland ».

On peut trouver un autre exemple par l’intermédiaire de Travel Alberta, qui offre un itinéraire intitulé « The Last of Us Filming Locations: An Alberta Road Trip ». Ce voyage de sept jours emmène les visiteurs d’Edmonton à Calgary, Fort Macleod, Lethbridge, Waterton, puis Canmore, en présentant les lieux du tournage de la série The Last of Us. C’est une illustration convaincante de la façon dont un récit peut se traduire par l’exploration du monde réel.

La ville de Vulcan, en Alberta, offre un des exemples les plus imaginatifs de ciné-tourisme. Connue à l’échelle internationale comme la capitale officielle de Star Trek au Canada, Vulcan a embrassé son lien avec la franchise emblématique. Avec des attractions thématiques et la convention annuelle VulCON, la collectivité a créé une destination unique qui attire des visiteurs du monde entier. Comme on peut le lire sur le site Web de la municipalité pour indiquer où celle-ci se trouve : « [...] Vulcan, troisième planète à partir du Soleil, continent de l’Amérique du Nord, pays du Canada, province de l’Alberta [...] »

Voici deux autres emplacements reconnus pour le ciné-tourisme au Canada à l’extérieur de l’Alberta : le restaurant Molly’s Reach, à Gibsons Landing, vu dans l’émission The Beachcombers, ainsi que Cavendish, à l’Île-du-Prince-Édouard, très couru par les passionnés d’Anne... la maison aux pignons verts, autant du roman que de ses adaptations à l’écran.

Molly’s Reach est un café à Gibsons Landing, en Colombie-Britannique. C’est là où se trouve le bureau que loue Nick pour son entreprise de récupération dans l’émission. Le restaurant est le lieu central où se joue l’intrigue. De nos jours, des passionnés de l’émission continuent de visiter Molly’s Reach, qui est la principale attraction touristique de Gibsons Landing.

Des mordus d’Anne... la maison aux pignons verts de partout dans le monde viennent à l’Île-du-Prince-Édouard pour visiter des endroits comme le site patrimonial Green Gables, à Cavendish, et arpenter les rues empruntées par les personnages.

Honorables sénateurs, le ciné-tourisme soutient les économies locales et profite aux établissements d’hébergement, aux restaurants et aux petites entreprises tout en rendant les gens fiers que les histoires et les paysages de leur coin de pays soient connus de par le monde. Il solidifie également la réputation du Canada en tant que pays créatif et dynamique et il crée des expériences communes. Pour le spectateur occasionnel ou l’amateur inconditionnel, pouvoir dire « j’y suis allé » crée une connexion.

Grâce au tourisme agricole, nous renouons avec la terre et entre nous. En misant sur le ciné-tourisme, nous faisons découvrir nos histoires au monde entier et nous invitons les autres à les vivre sur place. En faisant du tourisme un pilier de l’édification du pays, nous renforçons les liens qui unissent le pays.

Merci, sénatrice Sorensen, d’avoir lancé cette interpellation.

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