DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — Jimmy Lai
10 février 2026
Honorables sénateurs, hier, nous avons appris que Jimmy Lai, âgé de 78 ans, a été condamné à 20 ans de prison pour avoir simplement exercé ses droits fondamentaux garantis par la Déclaration conjointe sino-britannique.
Je prends la parole aujourd’hui pour dire ce que le Canada n’a pas dit, à savoir qu’il s’agit d’une persécution politique orchestrée par le Parti communiste chinois. Je la condamne avec la plus grande fermeté et je demande la libération immédiate de Jimmy Lai.
Cela devrait être évident. Pourtant, même les vérités les plus flagrantes semblent échapper à beaucoup de gens au Canada et dans le monde entier.
Alors que Jimmy Lai est emprisonné pour avoir défendu la liberté de la presse, le Canada a le culot de resserrer ses liens avec le régime qui emprisonne les journalistes, censure les médias et punit les dissidents, notamment en concluant des accords qui permettent aux journalistes chinois de se rendre au Canada et aux journalistes canadiens de se rendre en Chine.
Comme on pouvait s’y attendre, la réaction publique du Canada à la condamnation de M. Lai a été pathétique et faible. Anita Anand n’a pu que faire part de sa « déception » — il n’y a eu aucune condamnation ou aucune mention de la Chine ou du Parti communiste chinois. Il est inacceptable que la Chine se serve de considérations économiques pour faire accepter ses atteintes aux droits de la personne, à la démocratie et à la primauté du droit.
Chers collègues, ne nous faisons plus d’illusions. L’emprisonnement de Jimmy Lai devrait mettre une chose au clair : le Parti communiste chinois n’est pas un acteur rationnel ni un « partenaire stratégique » fiable. C’est un régime tyrannique et vindicatif qui bafoue la liberté, qui emprisonne les dissidents et qui fait fi du droit international. Il ne donne pas suite à la diplomatie discrète ou aux vagues déclarations de préoccupations. Voilà ce qu’est vraiment le Parti communiste chinois.
C’est avec ce régime que le gouvernement canadien semble déterminé à approfondir ses liens, ce qui fait du Parti communiste chinois le nouveau super allié du Canada. Chers collègues, au mieux, le gouvernement fait preuve de naïveté, et, au pire, il fait volontairement un compromis relativement aux valeurs et à la sécurité nationale du Canada pour des raisons politiques et économiques à court terme.
Lorsque nous traitons le Parti communiste chinois comme un partenaire stratégique plutôt que comme le régime vindicatif et autoritaire qu’il est, la crédibilité du Canada en matière de droits de la personne, notre autorité morale et la sécurité de nos institutions sont menacées. Le monde entier surveille notre réponse, ou plutôt notre absence de réponse. C’est ce qui définit qui nous sommes en tant que pays et ce que nous sommes prêts à tolérer pour des raisons pratiques.
Je ne prends pas la parole pour exprimer de la déception. Je suis solidaire de Jimmy Lai. Je condamne le Parti communiste chinois et j’exige que le Canada agisse avec clarté, courage et principes, et non qu’il joue l’apaisement.
Bravo!