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DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — La situation à Cuba

26 février 2026


L’honorable Leo Housakos (leader de l’opposition)

Honorables sénateurs, une tragédie est en train de se dérouler à quelques heures de vol de nos frontières, une crise qui constitue autant une catastrophe humanitaire qu’une condamnation accablante d’une idéologie brutale qui a échoué. Cuba est en train de s’effondrer. La situation se détériore à un niveau jamais vu auparavant.

Le régime de La Havane rejette toute responsabilité sur les autres, mais soyons clairs : le principal responsable des souffrances du peuple cubain est le régime cubain lui-même. Il y a 67 ans, il a enterré la démocratie pour lui substituer une machine répressive. Il emprisonne les citoyens qui osent réclamer du pain. Il écrase toute dissidence pour protéger une élite corrompue.

Alors que les Cubains ordinaires font la queue sur des kilomètres pour obtenir une poignée de riz, les généraux et les bureaucrates du parti s’enrichissent grâce aux pénuries qu’ils ont eux-mêmes créées. Ils ont transformé un pays jadis dynamique en prison. Ils maintiennent ce système en place grâce à un réseau obscur d’alliances avec la Russie, la Chine et le Venezuela, des puissances qui considèrent le peuple cubain comme un simple pion stratégique dans leurs manœuvres géopolitiques.

Honorables sénateurs, nous devons nous regarder dans le miroir, nous, les Canadiens. Nous voulons peut-être en parler maintenant en raison de l’actuel sentiment antiaméricain, mais où étaient ces voix au cours des 67 dernières années? Nous ne devrions pas avoir le cœur brisé pour le peuple cubain uniquement lorsque cela nous arrange politiquement. Chaque hiver, des milliers de Canadiens affluent vers des plages qui sont sans aucun doute les plus belles du monde. Mais à quel prix, honorables sénateurs?

Nous devons dénoncer les voyagistes qui font l’autruche pour s’enrichir. Ils vendent un rêve tout en restant indifférents au cauchemar. Pendant que les Canadiens sirotent des cocktails dans des enclaves protégées, le serveur qui les sert n’arrive pas à trouver de lait pour ses enfants. L’argent dépensé par les vacanciers ne profite pas au peuple cubain. Il va directement dans les poches du régime, le conglomérat militaire qui finance le joug qui pèse sur les dissidents.

Nous avons entendu les avertissements. De nombreux Cubains courageux qui ont fui cette répression ont parcouru les couloirs du Parlement. Ils viennent ici pour nous mettre en garde, pour nous informer et pour témoigner du fait que l’emprise du régime ne s’arrête pas au détroit de Floride. Ils sont les témoins directs d’une répression qui les poursuit même ici, en sol canadien. Il est peut-être impossible de faire entendre raison à un régime qui considère ses propres citoyens comme des ennemis de l’État, mais nous pouvons espérer que ceux d’entre nous qui siègent ici et ailleurs et qui ont le pouvoir de faire entendre leur voix auront le courage de se ranger du bon côté de l’histoire.

Il est temps que le gouvernement canadien et nos entreprises cessent de soutenir ce régime brutal. Mettons fin au statu quo et commençons à soutenir directement le peuple cubain, par l’intermédiaire de la société civile ainsi que du secteur privé émergent du pays, et pas seulement maintenant, par opportunisme politique, au moment où l’antiaméricanisme est brandi comme un bouclier. Nous devons redonner espoir et confiance au peuple cubain grâce à nos valeurs démocratiques et à la libre entreprise.

Si je rencontrais l’ambassadeur cubain, je le supplierais de transmettre un message simple à son gouvernement : le peuple cubain mérite de jouir de la liberté et de la dignité dont il est privé depuis beaucoup trop longtemps. Le monde entier nous observe, et le temps n’est plus au silence et à l’acquiescement.

Merci, chers collègues.

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