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DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — Hommages

L'honorable Larry W. Smith

23 avril 2026


L’honorable Leo Housakos (leader de l’opposition)

Honorables sénateurs, c’est un véritable honneur pour moi aujourd’hui de rendre hommage à un géant du Québec et de notre ville d’origine à tous les deux, Montréal. Cet homme était un titan de la Ligue canadienne de football, c’est aujourd’hui un excellent collègue et un ami précieux, j’ai nommé le sénateur Larry Smith, qui prend sa retraite du Sénat.

À Montréal, le nom de Larry Smith est synonyme d’excellence. Certains seront peut-être surpris d’apprendre qu’il a passé près de 10 ans sur le terrain comme joueur professionnel de football pour les Alouettes de Montréal. Il y a encaissé les coups et réussi les jeux qui lui ont valu le respect d’une ville qui ne l’accorde pas facilement.

Après sa carrière de joueur, il est devenu commissaire de la Ligue canadienne de football, puis président des Alouettes. On peut dire sans hésiter que le football professionnel à Montréal lui doit en grande partie sa survie, un apport qui lui a ouvert les portes du Panthéon des sports du Québec.

Le sénateur Smith s’est ensuite aventuré dans le monde des médias, à titre de président et éditeur de la Gazette de Montréal, où il a permis à l’une des grandes voix historiques de notre ville de continuer à se faire entendre.

C’est l’expérience diversifiée de toute une vie que le sénateur Smith a apportée avec lui quand il a été convoqué ici en 2011.

Pendant son passage à la tête du caucus conservateur, Larry a dirigé notre équipe en mettant rigoureusement l’accent sur l’intégrité à long terme de notre institution et sur la protection assidue des intérêts des contribuables canadiens. Il nous a appris à ne pas nous attarder aux escarmouches politiques qui se déroulent sous notre nez et à nous concentrer plutôt sur les objectifs plus nobles des législateurs que nous sommes.

Pour Larry, l’expression « travail d’équipe » n’a jamais été un cliché, mais une dynamique nécessaire à la saine gouvernance, en toutes circonstances.

Maintenant, comme dans le domaine des sports, il vient toujours un bref moment où les joueurs étoiles qui connaissent une carrière prolifique qui s’étend sur la durée ont envie d’aller voir ce qui se trame sur le marché des agents libres.

Je dois vous le dire, Larry : de vous voir là, avec le Groupe des sénateurs canadiens, c’était un peu comme de voir une légende...

La sénatrice Batters [ + ]

Mais il est revenu.

Bien sûr, et les partisans n’ont pas cessé d’admirer leur idole, mais c’était comme de voir une légende des Alouettes de Montréal jouer pour les Argonauts de Toronto, ou Guy Lafleur enfiler le chandail des Nordiques, ou Gretzky prendre sa retraite avec le chandail des Rangers sur le dos.

Larry, je crois que nous n’aurions pas pu être plus heureux que lorsque vous avez décidé de réintégrer la famille et le caucus conservateurs du Sénat en juin dernier, et nous vous en remercions. Sincèrement, de savoir que vous avez passé le dernier droit à nos côtés est un véritable privilège. En fait, nous étions juste heureux de savoir que notre meilleur centre-arrière était à sa vraie place, dans notre caucus.

Larry, vous avez passé votre vie à servir une institution qui forme l’âme du Québec et du Canada. Que ce soit dans les sports, dans le milieu des affaires ou celui de la presse ou ici même, au Parlement, vous étiez là.

Je tiens également à souligner, chers collègues, qu’il a remporté quatre Coupes Grey. C’est presque autant de bagues, sénatrice Batters, que la franchise des Argonauts de la Saskatchewan en ont...

La sénatrice Batters [ + ]

Ce sont les Roughriders de la Saskatchewan.

C’est vrai. Mais il en a quand même gagné autant que les Roughriders.

La sénatrice Batters [ + ]

C’est faux.

Pour bien des gens ici présents, vous avez été un mentor, mais aussi la voix de la raison. Nous sommes tous en meilleure position parce que vous avez choisi de servir votre pays.

Larry, je tiens à vous souhaiter, à vous, à Leesa et à votre magnifique famille une bonne retraite, beaucoup de temps sur les verts de golf et un peu aux Barbades. Je suis toutefois convaincu que vous passerez beaucoup de temps à servir de mentor aux jeunes, comme vous m’avez servi de mentor au fil des ans, et que vous demeurerez un champion pour Montréal, le Québec et le Canada.

Que Dieu vous bénisse. Que Dieu bénisse votre famille et je vous souhaite le meilleur.

Le sénateur Smith [ + ]

Merci.

L’honorable Pierre Moreau (représentant du gouvernement au Sénat) [ + ]

Honorables sénateurs, c’est avec beaucoup d’émotion que je prends la parole aujourd’hui pour rendre hommage au sénateur Smith.

Pour moi, le sénateur Smith est, avant tout, une idole de jeunesse. Je suis né à Verchères et j’étais un amateur de football. Le Québec se souvient de Larry Smith, cet extraordinaire joueur de football. Le Canada devrait s’en souvenir aussi, malgré les succès des autres équipes.

Au-delà du joueur de football, pour la ville de Montréal, Larry Smith a été bien plus qu’un sénateur : il a été un ambassadeur.

Larry Smith est un francophile. En tant que francophone, je vous salue pour cela, sénateur Smith. Lorsque j’étais étudiant, j’entendais fréquemment les entrevues que vous avez eu la générosité de donner. Chaque fois, vous avez fait l’effort de vous adresser aux Québécois tant en anglais qu’en français. Encore aujourd’hui, lorsque j’ai le plaisir de vous croiser, vous avez toujours la gentillesse et la reconnaissance de vous efforcer de parler français. Je dois vous dire que vous avez d’ailleurs un très bel accent français.

Le sénateur Housakos disait que vous aviez été un mentor pour plusieurs jeunes. Je ne me qualifierais pas de « jeune », mais vous m’avez mentoré en taï-chi en me disant : « Cesse d’essayer de lever des poids, vas-y au taï-chi, c’est mieux pour la souplesse. » C’était probablement pour me faire reconnaître que je commence à vieillir moi aussi.

En préparant mes notes pour vous saluer, je me disais que les gens allaient sûrement faire référence à vos très grandes qualités de sportif. C’est ce qui m’a beaucoup marqué aussi. Toutefois, j’ai tenté de faire la synthèse de ce que vous m’inspirez lorsque je vous vois. Lorsque je vous vois, sénateur Smith, ce que je vois, c’est un gentilhomme. La définition de ce qu’est un gentilhomme, d’abord et avant tout, c’est quelque chose qu’on ne peut expliquer que très rarement, mais que l’on constate immédiatement lorsqu’on en croise un. C’est de la courtoisie sans affectation. Vous êtes courtois avec tous les gens que vous croisez.

C’est aussi la retenue dans l’exercice du pouvoir ou de l’influence. Vous êtes, sans contredit, un sénateur qui a eu beaucoup d’influence ici en raison des rôles que vous avez joués au Sénat. Lorsque vous avez exercé des fonctions dans des postes d’influence, vous l’avez fait avec retenue. C’est également le respect d’autrui sans égard à son statut; pour vous, il n’y a pas de rang social. Vous regardez tous les Canadiens de la même façon. C’est extraordinaire. Enfin, ce qui est pour moi le plus important, c’est l’élégance morale faite de discrétion et de dignité. Vous êtes l’un des hommes les plus dignes que j’ai eu l’honneur de rencontrer. Je vous souhaite une très agréable retraite, avec le plaisir d’en profiter et la santé pour le faire avec votre famille, vos amis et vos proches. Merci beaucoup.

L’honorable Lucie Moncion [ + ]

Honorables sénateurs, le sénateur Smith sait que je suis, moi aussi, je suis une amatrice de football. Le seul sport que je regarde est le football canadien depuis longtemps.

Honorables collègues, je souhaite aujourd’hui, au nom du Groupe des sénateurs indépendants, rendre hommage au sénateur Larry Smith. Commençons par énoncer une vérité toute simple : les sports d’élite ne sortent jamais vraiment de la vie de ceux qui les ont pratiqués. Ces athlètes peuvent bien changer de terrain, de chandail ou de stratégie, mais au fond d’eux, ils demeurent des compétiteurs, des joueurs d’équipe, des stratèges, bref, ce sont des athlètes dans l’âme. Le sénateur Smith est l’un deux : un joueur d’équipe dans l’âme — et tout un à part de ça.

Avant d’entrer dans cette Chambre, il a foulé d’autres types de terrains, notamment ceux du monde des affaires et de la direction du quotidien The Gazette. Il a été également commissaire de la Ligue canadienne de football. Enfin, il a évidemment foulé ce terrain gazonné de 110 verges où chaque jeu exigeait vision, rapidité d’exécution et sens du collectif.

D’une certaine façon, il a simplement déplacé cette discipline ici, au Sénat du Canada. D’ailleurs, vous en conviendrez, chers collègues : le Sénat, à sa manière, ressemble parfois à un terrain de football. Il faut y savoir lire le jeu à long terme, anticiper les impacts, protéger les lignes les plus vulnérables, écouter ses coéquipiers et, surtout, garder à l’esprit la zone des buts, celle du bien commun.

C’est précisément ce que le sénateur Smith a su accomplir tout au long de sa carrière au Sénat, en y ajoutant une remarquable capacité à comprendre le Canada dans toute sa complexité. Cette compréhension lui a permis de défendre avec conviction de meilleures conditions de vie pour les Canadiens, sans jamais perdre son calme ni perdre de vue la mesure et la diplomatie nécessaires pour rassembler plutôt que diviser.

Une question nous brûle toutefois les lèvres : le sénateur Smith prendra-t-il réellement sa retraite? Permettez-moi d’en douter. En effet, les athlètes d’exception ne quittent jamais vraiment le jeu; ils redéploient simplement leur énergie ailleurs, là où elle peut faire une différence.

Nous ne reverrons peut-être pas le sénateur Smith dans l’enceinte de l’institution unique qu’est le Sénat du Canada, mais il continuera sans doute à faire sa marque ailleurs. Sa présence inspirera les générations futures. Il les amènera à avoir confiance en leur destin et à épouser pleinement des causes qui dépassent leurs intérêts personnels.

Sénateur Smith, au nom de mes collègues du Groupe des sénateurs indépendants, je voudrais vous dire toute ma gratitude pour votre dévouement, votre vision, votre tact et, surtout, pour nous avoir rappelé que, dans le sport comme en politique, ce qui compte avant tout n’est pas de prendre part simplement à l’affrontement, mais de se battre pour les autres et pour une cause plus grande que soi.

Merci, Larry.

L’honorable Scott Tannas [ + ]

Honorables sénateurs, j’ai l’honneur de pouvoir rendre hommage à un homme dont les contributions au Canada appartiennent au domaine des légendes : notre collègue et ami le sénateur Larry Smith.

Avant même de mettre les pieds dans cette enceinte, Larry était déjà une figure emblématique en tant que joueur intronisé au Temple de la renommée du football canadien et dirigeant sportif. Mais Larry ne s’est pas contenté d’être une légende du sport; il est également devenu une légende politique. Il a l’honneur d’être l’un des rares sénateurs, en plus de 150 ans d’histoire politique canadienne, à avoir été nommé au Sénat non pas une, mais deux fois. Je ne sais pas ce qu’il avait en tête. Il avait l’occasion de partir, mais nous l’avons ramené.

Il a été leader de l’opposition et il a occupé la présidence et la vice-présidence de nombreux comités. Il a joué un rôle déterminant pour mener à bien des travaux parlementaires réalisés judicieusement et rigoureusement. Par ses qualités de chef de file, il a marqué le Sénat d’une empreinte qui perdurera bien au-delà de son départ à la retraite. Au cours de ses 5 561 jours passés au Sénat, il a servi cette institution avec dévouement et distinction.

Avant de devenir une vedette de la scène politique et sportive, il a déjà eu comme ambition de devenir une vedette de la scène artistique. Lui et son groupe de musique rock se sont produits à l’Expo 67, ce qui nous montre que les talents de Larry ont toujours dépassé largement l’univers des terrains de football, des salles de réunion et de la Chambre rouge.

Larry est un vrai gentleman qui se montre gentil et aimable envers tous les sénateurs. J’espère que vous savez, Larry, que nous vous considérons tous comme un gentleman.

J’ai eu l’occasion de collaborer étroitement avec Larry au Sénat, à l’époque où nous étions tous les deux membres du caucus conservateur et plus tard, lorsqu’il a été brièvement membre du Groupe des sénateurs canadiens, dont je fais partie. À chaque occasion, Larry s’est comporté en parlementaire qui n’avait pas peur de se retrousser les manches et de poser des questions difficiles, mais qui les posait toujours avec respect.

Au cours de la période des questions, il affichait un esprit compétitif, mais néanmoins gracieux et élégant. Il a toujours cherché à obtenir des réponses en lien avec la responsabilité gouvernementale.

Le sénateur Smith sera désormais beaucoup plus présent au foyer, alors je suis certain que sa femme, Leesa, se réjouira de la nouvelle passion de notre collègue. Certains d’entre nous ont appris que Larry est aussi une légende chez lui, apparemment comme fervent amateur des aspirateurs Dyson. Larry est le seul qui soit capable de se montrer aussi enthousiaste à l’idée de se servir d’un appareil électroménager que de jouer un match de football.

Pour terminer, j’ai une bonne nouvelle à communiquer à tous mes collègues sénateurs, à l’occasion du départ à la retraite de Larry. Il offre ses services comme conférencier capable d’entretenir son auditoire sur divers sujets, depuis le rôle d’entraîneur sportif jusqu’au sport en général, en passant par les grands enjeux de société, l’art de la stratégie et le monde du divertissement. J’ai consulté son site Web et j’ai constaté qu’il semblait y avoir quelques dates de libres dans son calendrier, au cas où nous aurions besoin de faire appel à lui pour nous servir un discours d’encouragement. Si nous avons de la chance, les amis sénateurs et la famille auront droit à un rabais.

Cher Larrry, au nom de vos amis du Groupe des sénateurs canadiens, je vous souhaite une retraite heureuse où vous pourrez passer beaucoup de temps avec votre famille, avec votre communauté à Montréal et à Hudson et, bien entendu, avec vos Alouettes.

L’honorable Peter Harder [ + ]

Honorables sénateurs, quand j’étais au secondaire, Dalton Camp a écrit un livre intitulé Gentlemen, Players and Politicians. J’aime le livre, mais j’aime encore plus son titre. Il encapsule d’ailleurs mes quelques observations sur le sénateur Smith.

D’autres ont dit que c’était un gentleman. Je tiens à le souligner. Qui n’a pas déjà apprécié son sens de l’autodérision et sa capacité à offrir un sourire chaleureux dans les moments difficiles? C’est un gentleman.

À bien des égards, c’est un esprit sportif. On a parlé de sa carrière au football, mais il joue aussi un rôle en politique et dans les médias, en plus de mordre dans la vie à pleines dents.

Enfin, c’est un politicien. C’est un conservateur récidiviste. Il s’est présenté aux élections pour finalement se retrouver au Sénat. J’ai le plus grand respect pour les politiciens, et donc pour vous, sénateur Smith.

Permettez-moi de réunir ces trois facettes, le gentleman, l’homme actif et le politicien, en une seule anecdote.

Il y a 10 ans, le nouveau gouvernement devait présenter son premier budget. Le sénateur Smith présidait le Comité des finances. Nicole Eaton était la porte-parole du budget pour les conservateurs. C’était une excellente Présidente intérimaire, mais elle était très partisane.

Nous procédions à l’étude article par article de ce premier budget tôt le matin. L’un des sénateurs « non conservateurs », si je puis dire, a estimé que c’était un peu trop tôt en journée pour lui. N’oubliez pas que les conservateurs étaient majoritaires. Nous procédions donc à l’étude article par article, et la sénatrice Eaton a proposé qu’un article soit supprimé, ce qui a été adopté. Bien sûr, je me demandais ce que j’allais faire avec ça maintenant.

Eh bien, le retardataire est arrivé, et nous avons terminé l’étude article par article. Alors que nous étions sur le point de lever la séance, le sénateur Smith, en tant que président, a dit : « Vous savez, je pense que nous devrions reprendre le premier vote. » Nous avons voté une nouvelle fois, et l’article n’a pas été rejeté. Le projet de loi a donc été adopté, et personne n’a vraiment remarqué ce qui s’était passé. Un gentleman, un esprit sportif et un politicien avaient toutefois veillé à ce que le Sénat fasse son travail et à ce que nous adoptions ce budget, malgré la nature du débat que nous avions eu à ce moment-là.

Je tiens à y revenir un instant, parce que cette anecdote en dit long sur le caractère de Larry Smith. C’est un homme partisan, un gentleman, mais aussi quelqu’un qui a un véritable esprit sportif.

Merci beaucoup.

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