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DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — Le jour du Non

28 octobre 2026


L’honorable Leo Housakos (leader de l’opposition)

Honorables sénateurs, que ce soit en Grèce, au Canada ou aux quatre coins de la diaspora, tous les enfants d’origine grecque grandissent en apprenant un mot avant même d’en comprendre le sens : Oxi — Non.

Aujourd’hui, je prends la parole pour vous expliquer pourquoi ce simple mot porte encore en lui le poids d’une civilisation tout entière.

Aux premières heures du 28 octobre 1940, l’ambassadeur de Mussolini a adressé un ultimatum au premier ministre de la Grèce, Metaxás : « Laissez entrer notre armée sur votre territoire, ou ce sera la guerre. »

La Grèce était petite et pauvre. Son ennemi comptait parmi les plus grandes puissances militaires d’Europe, soutenu par une Allemagne qui avait déjà envahi tout un continent.

Malgré cela, la réponse fut un seul mot, prononcé avec détermination : « Oxi. »

Ce mot n’était pas un choix calculé. Il ne relevait pas de la diplomatie. Il était l’expression d’un pays conscient de son identité.

Honorables sénateurs, ce pays était, et reste encore aujourd’hui, l’héritier d’Athènes, de Marathon, des Thermopyles, de ce peuple qui a été le premier à oser affirmer qu’un citoyen n’est pas un sujet, que les hommes libres peuvent se gouverner eux-mêmes, et que la raison et le débat sont plus puissants que l’épée.

La démocratie, la philosophie, la primauté du droit et l’architecture même de l’enceinte dans laquelle nous nous trouvons doivent leur origine à une colline d’Athènes.

Les Grecs n’ont pas simplement hérité de leur grandeur. Ils l’ont bâtie, et ils l’ont élevée vers les cieux, dans le marbre, dans la pensée et dans le droit. Vingt-cinq siècles plus tard, cette grandeur subsiste.

En 1940, les descendants des Grecs anciens ont montré que ces idéaux n’étaient pas des vestiges du passé. Dans les heures qui ont suivi, les rues d’Athènes étaient pleines de chants, d’acclamations et de gens prêts à se battre.

Des agriculteurs, des bergers et des étudiants se sont lancés dans les montagnes enneigées du Pinde et ont repoussé l’envahisseur.

C’était la première victoire terrestre des Alliés pendant la Seconde Guerre mondiale et elle a été remportée à un moment où le monde libre avait plus que jamais besoin d’espoir. Ce courage vaudrait à la Grèce l’occupation, la famine et la tragédie, mais son âme n’a jamais capitulé.

Chers collègues, je suis fier d’être un Canadien d’origine hellénique. J’ai grandi en entendant ces histoires, et je crois qu’elles nous appartiennent à tous. Je le dis parce que les idées que la Grèce a défendues dans les années 1940 sont les mêmes que celles qui ont bâti notre grand pays : la liberté, la dignité de la personne et la conviction qu’aucun tyran n’a le droit de dicter la façon dont les gens libres vivent.

Aujourd’hui, la tyrannie se répand de nouveau dans le monde. Les régimes autoritaires mettent à l’épreuve la détermination des démocraties et, trop souvent, trouvent une hésitation. Rappelons-nous que la liberté ne s’hérite jamais dans sa totalité. Elle doit être défendue par chaque génération, un « non » à la fois.

Aux Grecs et à la communauté hellénique du Canada, qui portent cette flamme avec tant de fierté et de générosité :

[Note de la rédaction : Le sénateur Housakos s’exprime en grec.

Merci, chers collègues.

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