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PÉRIODE DES QUESTIONS — Le commerce international

La diversification du commerce

28 octobre 2026


L’honorable Leo Housakos (leader de l’opposition)

Monsieur le leader du gouvernement, nous tous qui siégeons dans cette enceinte comprenons les efforts déployés par le premier ministre Carney pour diversifier nos échanges commerciaux. Nous en comprenons tout à fait la nécessité, en particulier à l’heure où nos relations avec notre principal partenaire commercial sont précaires. Cependant, vous devez admettre qu’il y a lieu de s’interroger lorsqu’on voit le premier ministre se rendre en Turquie pour rencontrer le président Erdogan, un homme qui rivalise avec le Corps des gardiens de la révolution islamique en Iran pour savoir qui violera le plus les droits et les libertés de la personne. Il emprisonne ses opposants politiques ainsi que des journalistes, qu’il réduit au silence. Il n’y a absolument aucune liberté de religion dans ce pays, et le traitement réservé à la communauté LGBTQ est tout à fait odieux. Pourtant, le premier ministre choisit de s’y rendre et d’accorder sa confiance à l’un des pires dictateurs et tyrans, qui ne respecte en rien les droits de la personne. En échange de quoi? D’une caisse de figues ou de baklavas en plus de ce que nous obtenons déjà de ce partenaire commercial?

Êtes-vous d’accord pour dire que vendre notre âme pour de petits gains...

Son Honneur la Présidente [ - ]

Merci, sénateur Housakos.

L’honorable Pierre Moreau (représentant du gouvernement au Sénat) [ - ]

Sénateur Housakos, je souligne d’abord toute l’importance de la diversification de nos échanges commerciaux, notamment avec la Türkiye. Je rejette toutefois les chiffres que vous avancez et votre vision de ce que nous en retirerons en contrepartie.

Le gouvernement soulève de manière constante et directe les questions relatives aux droits de la personne, notamment les droits du travail et la liberté d’expression, auprès de pays du monde entier, y compris auprès de partenaires commerciaux comme l’Arabie saoudite, la Türkiye et tous les autres partenaires. Lors des négociations commerciales, le gouvernement s’efforce de promouvoir le principe d’une conduite responsable des entreprises, qui est fondée sur les normes internationales. Le fait de dialoguer avec un éventail diversifié de partenaires permet au gouvernement de défendre les intérêts canadiens, mais ouvre également la voie à des échanges francs dans les domaines où nos points de vue divergent. La Türkiye en est un exemple.

Les personnes qu’on côtoie révèlent sa position en matière de droits fondamentaux, et la vérité, c’est qu’il y a des conséquences quand on franchit cette ligne et qu’on va trop loin. Au cours de la dernière journée et des dernières heures, nous en avons déjà vu les conséquences. Le premier ministre rêve que le Canada devienne membre associé de l’Union européenne. Nous avons vu très récemment, au cours des dernières heures, la France, l’Allemagne, l’Italie et la Grèce répondre au Canada : « Non, merci. »

Le sénateur Moreau [ - ]

Sénateur Housakos, l’ordre économique mondial a changé; il faut donc nous adapter, notamment en ce qui concerne nos partenaires commerciaux. Toutefois, cela ne signifie pas que le gouvernement renoncera à son engagement à l’égard des droits de la personne.

Je répète ce que j’ai dit : chaque fois que nous discutons avec des partenaires commerciaux, le gouvernement soulève des questions liées aux droits de la personne, notamment les droits des travailleurs et la liberté d’expression. Ces valeurs sont chères au premier ministre et à tous les Canadiens.

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