DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — Des faits intéressants sur Terre-Neuve
6 juin 2023
C’est avec plaisir que je vous présente aujourd’hui le chapitre 76 de « Notre histoire ».
Chers collègues, dans les chapitres 42 et 43, je vous ai appris certains faits particuliers à ma province, Terre-Neuve-et-Labrador. Aujourd’hui, je souhaite en ajouter quelques-uns.
Je suis convaincu que beaucoup d’entre nous, autant dans cette enceinte qu’ailleurs sur la planète, d’ailleurs, se demandent comment on a pu vivre et travailler sans les communications sans fil, qui ont radicalement changé notre monde, ce dont nous pourrons débattre à un autre moment du point de vue des avantages et des inconvénients. Toutefois, aujourd’hui, je veux que vous sachiez que, le 12 décembre 1901, Guglielmo Marconi a dressé, au moyen d’un cerf-volant, une antenne de 150 mètres de hauteur au sommet de Signal Hill, à St. John’s, Terre-Neuve, pour capter les premiers signaux transatlantiques jamais envoyés par ondes radio.
Notre façon de voyager dans le monde entier est un autre changement fondamental survenu au cours du siècle dernier. Encore là, notre province a joué un rôle essentiel dans l’origine de l’aviation.
Le 14 juin 1919 à 13 h 45, John Alcock et Arthur Whitten Brown décollaient de Lester’s Field à St. John’s, à bord d’un bombardier Vickers Vimy modifié. Ce ne fut pas un vol de tout repos. Dès le décollage, les aviateurs durent traverser un épais brouillard et l’appareil rasa littéralement la cime des arbres. Une fois dans les airs, ils perdirent rapidement tout contact radio et à cause d’une défaillance du groupe électrogène, ils perdirent ensuite toute source de chaleur et la capacité de communiquer au moyen du système d’intercommunication. Les deux pilotes affrontèrent ensuite une violente tempête de neige. On rapporte que Brown dut grimper sur les ailes de l’appareil pour enlever la glace qui s’y trouvait. J’imagine que ce furent également les tout premiers balbutiements du déglaçage des aéronefs.
Envers et contre tout, les pilotes persévérèrent et surmontèrent les obstacles. Le 15 juin 1919 à 8 h 40, au terme d’une envolée de moins de 16 heures, ils atterrirent dans le comté de Galway, en Irlande, réalisant ainsi le tout premier vol transatlantique sans escale. Comme l’appareil transportait également une petite quantité de courrier, on considère que ce fut aussi le premier vol transatlantique de service aéropostal. Tous ces exploits ont commencé sur les hauteurs rocheuses de la partie insulaire de la province de Terre-Neuve-et-Labrador, que nous aimons tant.
Preuves à l’appui, puisqu’il existe des documents attestant la tenue de courses de bateaux dès 1816, la Royal St. John’s Regatta est le plus vieil événement sportif annuel d’Amérique du Nord. Aussi surnommée la plus grande fête champêtre du monde, elle attire chaque année des foules pouvant atteindre 50 000 personnes sur les rives du lac Quidi Vidi. Le jour des régates est également le seul jour férié d’Amérique du Nord dont la date est déterminée par la météo, puisque le vent doit souffler dans la bonne direction et avoir la bonne force. La sécurité d’abord.
C’est aussi à Terre-Neuve-et-Labrador qu’on trouve la plus grosse petite rue d’Amérique du Nord. La réputation de la rue George, dans le centre de St. John’s, n’est plus à faire. Des gens de partout dans le monde ont parcouru les deux pâtés de maisons qui la composent, où l’on trouve la plus grande concentration de pubs au pied carré du Canada. Vous n’aurez pas besoin de Google Maps ni de votre téléphone pour faire la tournée des bars de la rue George. On y trouve de tous les styles de musique et de restaurants, et c’est aussi là que vous trouverez quelques-uns des meilleurs artistes de la province. Si vous avez un talent musical et que vous être d’humeur festive, vous pourriez bien vous retrouver sur scène à chanter avec l’un des musiciens du coin. Si ma mémoire est bonne, mon bon ami le sénateur Gold est très bien placé pour parler savoir qu’on a toujours sa place sur les scènes de la rue George, puisque les gens parlent encore de la performance éblouissante à laquelle ils ont eu droit il y a quelques années.
Autour de l’an 0, les Béothuks ont migré du Labrador à l’île de Terre-Neuve, dont ils ont été les premiers habitants. Leur disparition constitue l’une des pages sombres de notre histoire, et je vous en reparlerai un de ces jours.
En 1907, le Royaume-Uni a accordé le statut de dominion à Terre-Neuve, ce qui en faisait un pays indépendant. Elle est restée un dominion jusqu’à ce que le reste du Canada décide de se joindre à elle en 1949. Les détails de cette page de l’histoire devront aussi attendre un autre jour, alors restez à l’écoute. Je vous remercie.