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DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — Le regretté Frank Mellish, C.D.

5 novembre 2025


Honorables sénateurs, alors que s’amorce la semaine du Souvenir, j’aimerais prendre un instant pour vous faire part d’une histoire très personnelle qui rappelle qu’il y a un prix à payer pour la paix. Je suis très honorée d’être la troisième intervenante aujourd’hui, car tous les discours sont interreliés.

Nous devons nous souvenir que ce prix ne se calcule pas uniquement en vies perdues, mais aussi en sacrifices discrets consentis par ceux qui portent l’uniforme et les familles et les collectivités qui subissent leur absence. Ce prix ne se limite pas aux pages de l’histoire ou aux films en noir et blanc de mauvaise qualité sur les guerres passées. Il se fait sentir à notre époque, au sein de nos collectivités et de nos familles qui continuent à vivre avec les conséquences d’une carrière militaire.

L’un des grands Canadiens dont je souhaite parler est l’adjudant Frank Mellish, qui a été tué au cours de l’attaque des insurgés du 3 septembre 2006, dans le cadre de l’opération Medusa, dans le district de Panjwai, en Afghanistan. Comme on l’a dit, il a été tué aux côtés de trois de ses compagnons d’armes : l’adjudant Richard Nolan, le sergent Shane Stachnik et le soldat William Cushley.

Comme l’a souligné la présidence, la mère de l’adjudant, Sandy Mellish, est à la tribune aujourd’hui. À ses côtés, en uniforme, se trouve l’adjudant-maître Gary Mitchell, qui servait aux côtés de l’adjudant Mellish lors de cette journée fatidique.

Le décès de l’adjudant Mellish s’est produit au cours de sa deuxième mission en Afghanistan et de son septième déploiement outremer, incluant une mission en Croatie, qui coïncidait avec le déploiement de son père dans ce pays avec la Gendarmerie royale du Canada.

Servir le pays est une tradition bien ancrée dans la famille Mellish. Quelques cousins de Frank ont aussi servi dans l’armée. Fait tragique, son cousin Michael, qui avait également été déployé en Afghanistan, s’est suicidé plus tard parce que, selon sa famille, il se sentait coupable d’avoir survécu alors que son cousin était mort. La veuve de Frank, Kendra, a été dans les forces armées pendant 27 ans, et a notamment pris part à des missions en Afghanistan. Ce sens du devoir s’est transmis à la génération suivante: leur plus jeune fils, Koven, a rejoint le Royal Canadian Regiment, dont Frank a fièrement été membre. Son unité doit être déployée en Pologne l’année prochaine.

Les camarades de l’adjudant Mellish se souviennent de son leadership, de sa compassion et de son dévouement sans faille envers les soldats dont il avait la charge.

Sa mère, Sandy, porte aujourd’hui la Croix d’argent, également connue sous le nom de Croix du Souvenir. Celle-ci est décernée aux mères, aux veuves et aux familles des membres des Forces armées canadiennes décédés en service actif, pour souligner la perte de leur proche et le sacrifice fait. Le nom de Frank est gravé sur la croix.

Avant leur déploiement, les membres des forces armées désignent les personnes qui recevront leur Croix d’argent. Cette dernière formalité administrative avant le déploiement ne laisse aucun doute au membre ou à sa famille quant aux risques qu’ils s’apprêtent à prendre pour le Canada.

Depuis la mort de son fils, Sandy se consacre à aider les membres et les familles endeuillés des Forces armées canadiennes; elle les aide à vivre leur deuil.

Si nous ne devons jamais oublier le passé, le souvenir n’est pas une question de nostalgie. Il s’agit de comprendre la valeur de la paix et de la démocratie dont nous bénéficions aujourd’hui et de veiller à ce que ceux qui servent sous les drapeaux et ceux qui les soutiennent ne soient jamais oubliés ni laissés pour compte.

En tant que sénateurs, nous avons la responsabilité de nous rappeler que chaque décision que nous prenons en matière de défense et de sécurité entraîne un coût humain.

Aujourd’hui, et chaque jour, souvenons-nous de ces personnes, non seulement parce que nous le devons à ceux qui sont tombés au champ d’honneur, mais aussi parce qu’en oubliant les leçons apprises à la dure, nous risquerions de répéter les mêmes erreurs.

Nous nous souviendrons d’eux.

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