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DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — Hommages

L'honorable Bev Busson, C.M., C.O.M., O.B.C.

17 juin 2026


L’honorable Raymonde Saint-Germain

Honorables sénateurs, j’ai aujourd’hui le privilège, au nom du Groupe des sénateurs indépendants, de rendre hommage à la sénatrice Beverly Ann Busson, une femme dont la présence au sein de cette assemblée, comme pendant toute sa carrière, qu’elle a vouée au service public, a été marquée par une force tranquille, une grande humilité et un profond dévouement envers les autres.

Le respect : tel est le sentiment qu’elle nous a inspiré dès sa prestation de serment au Sénat.

La sénatrice Busson a déjà raconté au Sénat ce qui s’est passé le jour où elle est devenue commissaire de la GRC. Sa mère s’est penchée vers elle et lui a dit : « Tu sais, ma chérie, je n’arrive pas à croire que tu te sois rendue jusqu’ici. »

Elle a raconté cette anecdote avec humour et délicatesse, mais aussi avec une grande perspicacité. Ce qu’elle en retient n’est pas l’honneur en soi, mais la leçon à en tirer : « Il faut se souvenir d’où l’on vient, ne pas oublier le courage de celles et ceux qui se sont sacrifiés pour nous offrir une vie meilleure et ne jamais perdre une occasion de donner au suivant. »

La sénatrice Busson n’a jamais oublié d’où elle venait et, une chose est sûre, elle n’a jamais perdu une occasion de donner au suivant. Grâce à son leadership, à son mentorat et à son attitude exemplaire, elle a ouvert les portes des services policiers, de la fonction publique et des postes de haute direction à des générations de femmes. Voilà pourquoi nous sommes aussi nombreux à lui faire confiance et à l’admirer.

La sénatrice Busson a compris quelque chose d’essentiel à propos du leadership. Comme elle l’a elle-même déjà dit : « Ce qui compte, ce sont les gens qui nous entourent. » Tout au long de sa carrière, elle n’a jamais cherché à attirer l’attention sur sa personne. Elle s’est au contraire employée à soutenir les autres, à bâtir des équipes dynamiques et à aider son prochain à réussir.

Les plus grands sont souvent les plus humbles.

Il y a à peine quelques semaines, j’étais assise juste à côté d’elle pendant une réunion du Comité du Règlement. Je la vois qui devient nerveuse, tout à coup —, j’ai eu le privilège d’assister à une manifestation en direct de son attitude.

Soudainement, j’ai entendu un grand bruit : boum! En levant les yeux, j’ai vu que la sénatrice Busson avait donné un grand coup de son téléphone sur la table. Eh bien, la sénatrice Busson n’était pas en train de faire connaître son mécontentement aux autres. Elle venait tout simplement de voir une araignée et elle s’était servie de son téléphone pour l’éliminer avant que nous puissions comprendre ce qui se passait. Elle est alors revenue au contenu de la réunion, comme s’il ne s’était absolument rien passé.

Cette simple anecdote m’a semblé extrêmement révélatrice. Après une carrière distinguée à évaluer des situations et à réagir de manière décisive, elle n’a de toute évidence rien perdu de ses instincts.

Sénatrice Busson, ma chère Bev, merci de votre courage, de votre humanité et d’une carrière au service du Canada. Tout au long de votre remarquable passage à la Chambre haute, vous avez mérité l’immense respect que vous nous inspirez depuis le tout premier jour.

Prenez soin de vous, profitez de la vie, et la meilleure des chances pour la suite des choses.

L’honorable Iris G. Petten [ + ]

Honorables sénateurs, j’aimerais aujourd’hui rendre hommage, en mon nom et au nom du Bureau de représentant du gouvernement, à une collègue remarquable et à une amie très chère, la sénatrice Bev Busson.

J’ai appris à connaître la sénatrice Busson quand le Comité sénatorial permanent des pêches et des océans s’est rendu à Terre-Neuve-et-Labrador pour son étude sur l’industrie du phoque. Les histoires captivantes qu’elle nous a racontées pendant le repas que je donnais chez moi ont marqué nos mémoires à tout jamais. Je me souviens d’avoir pensé, ce soir-là, que la sénatrice Busson était quelqu’un avec qui je pourrais développer une profonde amitié.

Cette impression s’est révélée tout à fait exacte. Nous avons partagé un nombre incalculable de fous rires et de moments magiques, toutes les deux. Parmi mes souvenirs les plus chers figurent les soirées remplies de chaleur, d’humour et d’histoires amusantes à n’en plus finir que j’ai passées avec elle.

Je dois aussi admettre que, dès que la sénatrice Busson était près de moi, je me sentais un peu plus en sécurité. Connaissant ses antécédents, je savais qu’en cas de besoin, elle pourrait neutraliser n’importe quel inconnu en moins de deux. Voilà qui devrait nous rappeler qu’il ne faut jamais sous-estimer la sénatrice Busson.

Il n’y a rien d’étonnant à ce qu’elle ait été la première femme à diriger la Gendarmerie royale du Canada. La sénatrice Busson possède une rare combinaison de force et d’intelligence émotionnelle. Elle se lie sans effort avec des gens de tous les horizons, et bien que ses réalisations commandent le respect, c’est son authenticité et l’intérêt sincère qu’elle porte à autrui qui frappent le plus chez elle.

L’an dernier, les Canadiens ont assisté à l’ouverture de la 45e législature par Sa Majesté le roi Charles III. Le Carrousel de la GRC et ses magnifiques montures étaient beaux à voir. Ce que beaucoup ne savent peut-être pas, c’est que l’un de ces chevaux s’appelle Bev, en l’honneur de la sénatrice Busson, un hommage tout à fait approprié à une femme dont les contributions à la GRC et au Canada ont été vraiment extraordinaires.

Il y a deux choses que j’associerai toujours à la sénatrice Busson : une série infinie d’émojis, d’où son titre bien mérité de « reine des émojis », et la peur de rater quelque chose d’intéressant, de divertissant ou d’important, vous savez, le fameux syndrome fomo. Voilà qui témoigne bien de son esprit ludique et de sa détermination à saisir toutes les occasions et à vivre toutes les aventures. Elle a fait tomber des barrières et elle a inspiré d’autres personnes à faire de même.

Sénatrice Busson, je salue votre service au Canada et vous remercie de votre leadership, de votre amitié et de l’exemple que vous nous avez donné. Que la retraite vous apporte tout le bonheur possible. Même si je soupçonne que, vu que vous êtes atteinte du syndrome fomo depuis toujours, la retraite ne sera qu’une autre façon pour vous de trouver encore plus de choses à faire.

Merci, sénatrice Busson.

L’honorable Leo Housakos (leader de l’opposition) [ + ]

Honorables sénateurs, je prends la parole aujourd’hui pour rendre hommage à notre estimée collègue, la sénatrice Bev Busson, qui s’apprête à prendre sa retraite bien méritée du Sénat.

Depuis son assermentation au Sénat en 2018, la sénatrice Busson a apporté au Sénat le même dévouement, la même intégrité et la même grâce qui ont défini sa carrière légendaire bien avant son arrivée sur la Colline du Parlement.

Il n’est pas exagéré de qualifier la sénatrice Busson de pionnière. Il ne s’agit que d’une déclaration de faits extrêmes. Originaire de la Nouvelle-Écosse, où elle a fréquenté le Nova Scotia Teachers College, elle a choisi par la suite une carrière qui allait littéralement changer le visage des forces de l’ordre au Canada.

La sénatrice Busson a fait partie de la toute première cohorte de femmes qui est entrée dans la Gendarmerie royale du Canada. Depuis ses débuts en uniforme jusqu’à l’époque où elle a été l’une des premières femmes à travailler en tenue civile pour enquêter sur des fraudes complexes, des affaires de trafic de drogues et des crimes graves, elle ne s’est pas contentée de briser le plafond de verre; elle l’a complètement fait éclater.

Grâce à son travail méritoire, à son expertise et à sa volonté indéfectible d’assurer la sécurité des Canadiens, Bev n’a cessé de gravir les échelons. Sa carrière a été une démonstration magistrale des qualités et du travail d’une cheffe de file exemplaire, en plus d’être jalonnée d’une série de premières historiques : première officière brevetée, première officière responsable des Enquêtes criminelles, première commandante d’une division provinciale, première sous-commissaire chargée d’une région et, enfin, première femme à diriger la GRC, en tant que 21e commissaire de notre service de police nationale. Cela fait beaucoup de premières, et ce ne sont que celles que j’ai pu trouver.

Le sénateur Housakos [ + ]

L’extraordinaire carrière qu’elle a menée pour lutter contre les obstacles fondés sur le sexe lui a valu une place légitime parmi les femmes les plus influentes du Canada selon le Réseau des femmes exécutives, mais son départ à la retraite de la GRC ne signifiait nullement qu’elle allait cesser de servir le public. La sénatrice Busson a continué de conseiller les gouvernements sur des questions cruciales liées à la sécurité nationale, elle a siégé au Conseil de mise en œuvre de la réforme à la GRC et elle a généreusement donné son temps à des organisations comme le Justice Institute of British Columbia et l’Okanagan College Foundation.

Elle a également passé des années à assurer la relève des femmes influentes grâce au mentorat. Elle a reçu, à juste titre, certains des plus grands honneurs du pays en reconnaissance de sa longue contribution à la vie publique, notamment le titre de Commandeur de l’Ordre du mérite des corps policiers, la Mention élogieuse du vice-chef d’état-major de la Défense, l’Ordre de la Colombie-Britannique, sans oublier sa nomination à titre de membre de l’Ordre du Canada. La liste est longue.

Honorables collègues, le Sénat a eu la chance inouïe de bénéficier de la présence de la sénatrice Busson, de sa grande expertise, de son sens de la collaboration, de son esprit et de sa sagesse, ainsi que de son calme inébranlable et de son attitude sereine.

La sénatrice Saint-Germain a dit qu’elle avait l’air un peu nerveuse, mais je n’ai jamais vu cette femme avoir l’air nerveuse. Je peux vous dire, chers collègues, que je ne suis pas facilement sujet à la nervosité, mais lorsque le regard perçant de la sénatrice me scrutait pendant les réunions du comité, je prenais le temps de bien réfléchir.

S’il est vrai que les interventions de la sénatrice Busson n’ont pas été très nombreuses, elles étaient néanmoins chargées de sens. Vous deviez écouter attentivement et vous assurer que ce n’était pas vous qui étiez rappelé à l’ordre. Vous m’avez même rappelé à l’ordre à quelques reprises, sénatrice Busson, et j’en ai pris note.

Sénatrice, en notre nom à tous, je vous remercie de votre dévouement exemplaire, et le pays que vous avez si ardemment et loyalement servi vous remercie. Que Dieu vous bénisse.

L’honorable Rebecca Patterson [ + ]

Honorables sénateurs, je prends la parole aujourd’hui pour rendre hommage à une collègue, une amie, une ancienne combattante comme moi, ma marraine d’assermentation — qui d’autre cela aurait-il pu être? — et une pionnière dont l’apport pour le Canada se fera sentir pendant des générations : la sénatrice Bev Busson.

Je vous rends hommage, Bev, en lisant un texte écrit par des gens qui sont ici aujourd’hui et qui vous connaissent bien mieux que n’importe lequel d’entre nous : Ruth Roy et Jane Hall, du Conseil des vétéranes de la GRC. Voici leur message à votre intention :

En mai 1974, Bev, qui venait d’avoir son diplôme d’enseignante, se rendait au travail lorsqu’elle a entendu une annonce selon laquelle la GRC allait commencer à recruter des femmes. Elle s’est aussitôt rendue au détachement le plus près et a présenté sa candidature le jour même.

En tant que membre de la troupe 17, la première troupe de femmes de l’histoire de la GRC, elle s’est lancée dans une carrière marquée par le courage et la détermination.

Bev était jeune, mais pas naïve. Elle savait qu’elle et ses camarades devraient non être à la hauteur de ce qu’on attend de la police montée, mais dépasser les attentes. Mais, conformément à la première loi de Newton sur le principe d’inertie, les normes sociétales ont tendance à résister au changement jusqu’à ce qu’une force externe leur soit appliquée. Les femmes ont été cette force externe, et Bev était en première ligne.

Bev est l’incarnation même des forces que les femmes ont apportées à la GRC : l’intelligence émotionnelle, la compassion, l’empathie et le désir de concilier travail et vie personnelle.

Elle a gravi les échelons et réalisé du même coup une série impressionnante de « premières », en plus de favoriser un changement de culture. En tant que sous-commissaire, elle est devenue en 1999 la première femme à la tête de la Division E, la même division où elle avait commencé sa carrière à la GRC 25 ans plus tôt. On pourrait croire que c’était l’apogée d’une carrière remarquable, du moins jusqu’à ce que le premier ministre lui demande de ne pas prendre sa retraite comme prévu en 2006 pour rétablir la crédibilité du poste de commissaire de la GRC.

Au moment de sa nomination au poste de commissaire, elle bénéficiait d’un vaste appui chez les membres de la GRC. Personne ne doutait que Bev pouvait relever le défi; ils craignaient seulement qu’elle ne l’accepte pas.

Au cours de ses années au Sénat, Bev a maintenu ses liens avec les personnes et les organisations qu’elle a servies en soutenant des initiatives pour les anciens combattants, dont l’étude majeure Plus jamais invisibles. Les expériences des vétéranes canadiennes du Comité permanent des anciens combattants.

À titre personnel, je me souviens que nous avons pris la parole ensemble devant des vétéranes et que, comme tout bon duo humoristique qui se respecte, nous leur avons transmis un message commun sur la façon d’avoir des femmes dans des rôles de leadership et à des postes non traditionnels en plus de leur brosser le portrait que cela peut donner. Je pense que nous leur avons aussi montré qu’elles ont bel et bien une voix.

Votre travail au Sénat s’est inscrit dans votre tradition de service. Vous avez continué d’être un modèle exemplaire et une personne de confiance. Votre assurance tranquille et votre autorité naturelle ont fait en sorte qu’on vous écoute.

Même si votre départ à la retraite conclut un autre brillant chapitre, au Sénat celui-là, ceux qui vous connaissent savent que vous ne pourrez pas simplement arrêter de servir. Vous connaissant, tout le monde est convaincu que vous continuerez à prodiguer sagesse, encouragements et leadership dans la quête incessante d’une société juste et équitable.

Sénatrice Busson, au nom de nous tous et du Groupe des sénateurs canadiens, nous vous remercions d’avoir consacré votre vie au service du Canada.

Madame, vous pouvez maintenant partir et profiter de ce nouveau chapitre de votre vie.

L’honorable Marty Klyne [ + ]

Honorables sénateurs, je prends la parole pour rendre hommage à la sénatrice Busson, qui a incarné l’intégrité, le discernement et la collégialité dans notre Chambre de second examen objectif. Nous sommes chanceux d’avoir partagé avec elle ce qui n’est que le plus récent chapitre de son histoire remarquable.

En 1974, alors qu’elle était une jeune enseignante en Nouvelle-Écosse — on en a déjà parlé —, elle se rendait au travail en voiture lorsqu’elle entendit à la radio une nouvelle qui allait changer le cours de sa vie et l’histoire des services de police au Canada. La GRC annonçait qu’elle acceptait des femmes dans des rôles opérationnels. La jeune enseignante s’est immédiatement rendue au détachement de sa région pour présenter sa demande, qui a été refusée dès son arrivée. Cependant, un de ses futurs collègues a confirmé la nouvelle, qu’il venait lui-même d’entendre.

Cette jeune femme était Beverley Busson, qui a été l’une des premières femmes à se joindre à la GRC, au moment où l’organisation tentait encore de comprendre ce que cela signifiait. L’uniforme se composait d’une jupe, de souliers à talons hauts et d’un chapeau, et il était même question que les femmes transportent leur revolver de service dans un sac à main. Bev a toutefois traversé ces premiers jours avec l’humour, la confiance et la détermination qui allaient la caractériser.

Ce qui est le plus frappant quand on écoute la sénatrice Busson parler de ces années, c’est qu’elle ne s’attarde jamais aux obstacles qu’elle a dû surmonter ni aux barrières qu’elle a fait tomber. Si on se fie à son récit, elle était simplement une policière qui voulait bien faire son travail.

Cette perspective lui a permis de mener une carrière exceptionnelle. Elle est devenue la première officière brevetée, la première commandante d’une division provinciale et, en fin de compte, la première femme à occuper le poste de commissaire de la Gendarmerie royale du Canada. Et je suppose qu’à l’époque où elle était commandante, elle était à la tête de la Division F, n’est-ce pas? Oui.

Il est tout à fait approprié que la carrière de la sénatrice Busson au sein de la GRC soit racontée au Centre du patrimoine de la GRC, un édifice majestueux de la Division Dépôt à Regina, où tous les agents de la GRC reçoivent leur formation initiale. J’ai eu le privilège d’être PDG de ce centre, qui est consacré à la sauvegarde de l’histoire de l’une des institutions les plus emblématiques du Canada et qui est en voie de devenir un musée national, grâce à des gens comme Bev Busson.

Après sa retraite de la GRC, la sénatrice Busson a continué à servir le Canada, mais cette fois, au Sénat, où elle a été un excellent modèle pour nous tous. Elle y a apporté son savoir dans le domaine des services de police, de la sécurité publique et de la sécurité nationale ainsi que son profond respect pour les gens, les institutions et le service public.

Nous lui sommes reconnaissants d’avoir parrainé le projet de loi S-12 en 2023, afin de renforcer le registre des délinquants sexuels du Canada et de défendre les victimes d’actes criminels. Nous la remercions aussi de son travail de chef de file dans le groupe Busson-Massicotte sur la réforme du Sénat.

La sénatrice Busson s’est fait de nombreux amis en Saskatchewan. Certains d’entre eux ne seront plus jamais les mêmes. Elle est parvenue à infiltrer la famille Barber. Je parle de la famille de Lloyd Barber, ancien président de l’Université de la Saskatchewan, une famille emblématique de la région de Regina Beach qui s’est dévouée corps et âme pour celle-ci. La sénatrice Busson a aidé cette région à grandir.

Sénatrice Busson, je vous remercie d’avoir éliminé des obstacles, d’avoir renforcé les institutions, d’avoir été une mentore pour les futurs dirigeants et d’avoir inspiré des générations de Canadiens. Nous vous souhaitons beaucoup de bonheur dans les années à venir et nous vous assurons de notre plus profonde gratitude pour vos années de travail au service des Canadiens. N’oubliez jamais que vous et moi avons été assermentés le même jour, en présence de notre meilleur ami de la GRC. Merci.

L’honorable Marty Deacon [ + ]

Honorables sénateurs, c’est avec beaucoup de fierté et une grande tristesse que je prends la parole pour rendre hommage à ma voisine de pupitre, ma collègue et amie, la sénatrice Busson.

Pendant les trois minutes dont je dispose, je m’abstiendrai de parler de son impressionnant curriculum vitæ pour me concentrer sur la chance qui m’a été donnée de l’avoir à mes côtés dans cette enceinte pendant près de 10 ans.

Lorsque Bev a été nommée, j’ai été intriguée par son parcours et ravie de devenir sa voisine de pupitre par la suite. Il nous a fallu peu de temps pour nous rendre compte que nous étions des âmes sœurs. La carrière de Bev a été marquée par le courage, l’intégrité et un leadership avant-gardiste. Nous avons partagé notre expérience, car nous avions toutes les deux assumé des rôles de leadership qu’aucune femme n’avait assumé avant nous, et nous avions parfois été la seule femme présente dans la pièce avant notre nomination au Sénat.

Nous nous poussions mutuellement à réfléchir. Nous n’étions pas toujours d’accord sur les projets de loi — et c’était très bien ainsi —, mais nous nous assurions d’être toujours bien informées dans le cadre des débats. J’ai également observé comment ma consœur a réagi pour soutenir discrètement la famille de notre chère Josée Forest-Niesing. La perte d’une collègue à cause de la COVID a été dévastatrice. Bev fait partie des sénateurs qui ont rencontré Josée à distance pendant la pandémie de COVID. Leur objectif était d’optimiser le travail des comités sénatoriaux alors que nous nous adaptions à la pandémie. Robert, le mari de Josée, faisait confiance à Bev, et cette dernière a travaillé dans les coulisses pour que les souhaits de la famille soient respectés dans un moment aussi triste. Bev est vraiment une femme géniale.

Nous avons vite appris à compter l’une sur l’autre. Nous avons relu et commenté nos déclarations et discours respectifs. Nous avons même été assises côte à côte un peu partout au Sénat. Nous n’avons jamais compris pourquoi, mais, quand nous étions assises de l’autre côté du Sénat, nos places étaient juste derrière le sénateur Plett — directement dans le champ de la caméra —, et, de ce côté‑ci, nous avons été en plein dans le champ de la caméra pour deux représentants du gouvernement.

Mes amis, cette situation a exigé beaucoup d’attention de notre part pour veiller à ce que nos expressions faciales soient toujours appropriées et que nous soyons correctement assises avec un air sénatorial. C’était parfois difficile. Nous avions souvent envie de pouffer de rire, et nous avons partagé bien des moments de rigolade sans dire un seul mot ni même esquisser un sourire.

Bev s’est toujours assurée que nous étions bien nourries. Elle a déjà apporté un saumon congelé de trois pieds de long qu’elle avait pêché dans le Nord de la Colombie-Britannique. Cette prise avait battu celles des hommes en termes de taille. Elle l’a apporté à Ottawa. C’est le meilleur saumon que j’ai jamais mangé. Cela tombe bien puisqu’elle m’a plusieurs fois demandé de la remplacer au Comité sénatorial permanent des pêches et des océans.

Quand mon mari, Bruce, et moi avons voyagé dans l’Ouest en VR, nous avons tenté de rejoindre la sénatrice Busson à sa magnifique maison en bord de lac. Malheureusement, elle était à l’extérieur de la ville, mais elle a tout de même pris le temps de s’arranger pour que nous soyons installés dans un site de camping parfait et que nous puissions manger dans un restaurant au bord du lac, gracieuseté de notre collègue.

Le mandat de ma chère amie est sur le point de prendre fin, mais son influence se fait sentir partout au Sénat, bien au-delà de ce pupitre. Grâce à son travail aux comités et à ses questions qui donnent toujours matière à réflexion, Bev a grandement orienté les efforts du Sénat en vue de se moderniser et devenir plus efficace.

Bev, profitez bien de chaque moment à Salmon Arm avec votre mari, Phil, votre sœur, Janice, vos enfants et vos merveilleux petits-enfants — les photos de Madison, Brooklyn, Jordyn et Ethan ne manquent certainement pas. Les filles du Sénat vont garder un œil sur vous pendant la prochaine étape de votre vie. Ce n’est pas un adieu, ce n’est qu’un au revoir, chère voisine de pupitre.

L’honorable Fabian Manning [ + ]

Honorables sénateurs, quand j’étais enfant dans le petit village de pêcheurs de St. Bride’s, à Terre-Neuve-et-Labrador, j’entendais souvent mes parents dire des choses du genre « Mme White est une grande dame » ou « Mme Conway est vraiment une grande dame » quand ils faisaient allusion à une femme du village en particulier.

Pendant que je préparais mes observations hier soir, j’ai décidé de consulter mon bon ami le dictionnaire pour savoir ce qu’on entendait exactement par « grande dame ». Il s’avère qu’une grande dame est une femme qu’on admire pour ses qualités morales ou intellectuelles, pour ses talents artistiques, pour sa distinction.

Chers amis, c’est avec des sentiments partagés que je prends la parole au Sénat aujourd’hui pour dire quelques mots en hommage à l’une des plus belles âmes que j’ai eu l’honneur et le privilège de connaître et de côtoyer.

Le sénateur Housakos [ + ]

Bravo!

Le sénateur Manning [ + ]

Excellente vice-présidente du Comité sénatorial permanent des pêches et des océans, sénatrice passionnée et travaillante, personne dévouée à sa famille, amie très proche et, oui, véritable exemple de la « grande dame », j’ai nommé notre collègue et mon amie, Bev Busson.

Pour quelqu’un comme moi qui ai passé la majeure partie de ma vie à éviter tout membre de la GRC que je voyais venir vers moi, j’ai trouvé très étrange la relation de travail étroite et plaisante que j’ai établie avec la sénatrice Busson, la grande dame qui représente la Colombie-Britannique ici, au Sénat.

Il ne m’a pas fallu beaucoup de temps pour comprendre pourquoi Bev était une personne si unique et si authentique. J’ai appris qu’elle était née en Nouvelle-Écosse et qu’elle possédait donc de l’ADN du Canada atlantique en grande quantité. Je sais maintenant pourquoi elle est si spéciale.

Ne vous fiez pas aux apparences : même si Bev est d’un naturel très discret et qu’on l’entend à peine quand elle entre dans une pièce, c’est une main de fer dans un gant de velours. Comme je l’ai appris au fil des années que j’ai passées à ses côtés à la présidence et à la vice-présidence du Comité sénatorial permanent des pêches et des océans, Bev est toujours bien informée et extrêmement bien préparée, quelle que soit la réunion à laquelle elle assiste, même après une soirée, si je peux me permettre, à partager une bouteille de vin ou deux avec notre bonne amie la sénatrice Petten.

Plus sérieusement, je tiens à remercier personnellement Bev d’avoir pris la relève et d’avoir présidé le comité pendant les nombreux mois où je n’ai pas pu venir à Ottawa à cause des opérations aux yeux que j’ai dû subir. Je ne crois pas avoir besoin de préciser qu’elle ne convoitait pas la présidence, contrairement à certains de mes autres collègues du comité, mais cette discussion sera pour un autre jour.

Aujourd’hui, nous sommes là pour rendre hommage à une femme qui a profondément marqué le Sénat du Canada et qui a laissé un héritage précieux et significatif à tous ceux qui l’ont côtoyée.

Au Sénat, les gens vont et viennent, et il y a quelques personnes qui sont parties qui ne me manqueront jamais. Mais quand je pense à la sénatrice Bev Busson, je me rappelle une petite note que ma mère m’avait envoyée il y a longtemps :

On peut oublier le numéro de téléphone de quelqu’un. On peut oublier son adresse. On peut même oublier son nom. Mais on n’oublie jamais sa gentillesse.

Bev, votre humilité, votre bienveillance, votre sens de l’humour décapant et, oui, votre gentillesse.

La vie, c’est comme une rampe d’escalier : on s’assoit dessus et on glisse. Je vous souhaite que les échardes ne pointent jamais du mauvais côté.

Je ne dis pas au revoir à ma bonne amie Bev. Je vais plutôt lui offrir cette vieille bénédiction irlandaise :

Que la route monte à ta rencontre,

Que le vent soit toujours dans ton dos,

Que la lumière du soleil réchauffe ton visage,

Que la pluie tombe doucement sur tes champs.

Et, jusqu’à ce que nous nous revoyions,

Que Dieu te porte dans la paume de sa main.

Merci.

L’honorable Baltej S. Dhillon [ + ]

Honorables sénateurs, je ne sais pas si j’ai autre chose à ajouter.

J’ai le privilège et l’honneur de prendre la parole aujourd’hui dans cette auguste Chambre pour rendre hommage à notre collègue, l’honorable sénatrice Bev Busson, qui s’apprête à prendre sa retraite du Sénat.

Bev, je tiens d’abord à vous remercier — merci d’avoir servi votre pays, d’avoir su jouer le rôle de cheffe de file, d’avoir été une amie et d’avoir été un modèle à suivre tout au long de votre remarquable parcours.

Bien avant votre passage au Sénat, vous aviez déjà marqué l’histoire du Canada. Comme on l’a déjà dit, vous avez fait partie de la première cohorte de femmes qui s’est jointe à la GRC. C’était en 1974. J’ajoute maintenant une précision à ce sujet. Lorsque la sénatrice Busson s’est rendue au détachement pour y soumettre sa candidature, l’agent qui l’a reçue lui a dit : « Nous n’embauchons pas de femmes. » Puis, le sergent qui est venu accepter sa candidature a versé quelques larmes. Déjà, avant même de se joindre à la GRC, Bev faisait pleurer des hommes.

En tant que première femme à occuper le poste de commissaire de la GRC, vous avez ouvert des portes que d’autres franchissent maintenant avec fierté.

Cependant, ce qui ressort autant que l’histoire que vous avez écrite, c’est la personne que vous avez toujours été.

Donna Morse, votre collègue de la troupe 17, se souvient de vous avoir d’abord connue sous le nom de Beverley MacDonald, une personne fière et intègre aux réalisations remarquables. Elle nous a également rappelé votre sourire inoubliable, votre sens de l’humour et peut-être même une certaine réputation derrière le volant, y compris, comme le veut l’histoire, une Corvette de couleur or qui pourrait avoir attiré l’attention à Vancouver. Elle a dit hier soir : « Elle vivait pour la vitesse. »

Ces histoires nous font sourire, mais elles révèlent aussi quelque chose de plus profond. Vous n’avez jamais utilisé votre poste pour vous placer au-dessus des autres. Vous avez dirigé avec humilité, équité et humanité.

Karen Adams a également partagé une belle réflexion sur votre générosité à l’occasion du 50e anniversaire des premières policières à la GRC, lorsque vous lui avez donné, à elle et à sa sœur, ce qu’elle a appelé l’expérience Bev Busson réservée aux personnalités de marque. C’est tout à fait vous : donner pleinement de votre temps, faire en sorte que les autres se sentent les bienvenus et ne jamais faire en sorte que le service soit considéré comme une obligation.

Personnellement, siéger à vos côtés au Sénat a été une grande leçon d’humilité. Je vous admire depuis de nombreuses années, mais le fait de vous avoir pour marraine dans cette institution a été plus important que je ne peux l’exprimer adéquatement.

L’appel du premier ministre pour m’annoncer ma nomination a été un moment très important. Or, votre appel a été tout aussi important, sinon plus. Vous m’avez félicité avec une joie sincère, pas seulement parce que vous étiez une collègue, mais parce que vous compreniez ce que signifiait la nomination au Sénat d’un autre membre de la GRC.

Je n’oublierai jamais cet appel.

Bev, vous avez servi le Canada en portant l’uniforme, en manifestant votre leadership et en siégeant au Parlement. Vous avez fait tomber des barrières, aidé des gens à se surpasser et prouvé que la vraie force se trouve dans le courage, la compassion et la sollicitude.

Je tiens à dire que, même si vous prenez votre retraite du Sénat, je continuerai à compter sur votre sagesse, votre expérience et votre amitié. En fait, j’ai la ferme intention de garder votre numéro à portée de la main, alors j’espère que votre plan de retraite comprend un bon plan de service cellulaire.

Je vous félicite pour votre carrière extraordinaire au service d’autrui. J’espère que ce nouveau chapitre de votre vie sera rempli de bonheur, de santé, d’aventures et de la satisfaction profonde de savoir que votre influence continuera de se faire sentir pendant des générations.

À mon amie, à ma collègue et à ma mentore, je dis merci.

L’honorable Yonah Martin (leader adjointe de l’opposition) [ + ]

Honorables sénateurs, j’aurais dû prendre la parole avant le sénateur Manning et le sénateur Dhillon. Sincèrement, quel honneur pour moi de pouvoir ajouter ma voix et de prendre la parole pour rendre hommage à notre collègue et amie, l’honorable sénatrice Bev Busson, qui s’apprête à conclure ses années de travail exemplaire en tant que sénatrice représentant notre province, la Colombie-Britannique.

Même si elle prend sa retraite du Sénat du Canada quelques années seulement après sa nomination, en 2018, elle le fait au terme de plusieurs décennies consacrées à servir les Canadiens.

Avant sa nomination au Sénat, elle a mené une brillante carrière au sein de la Gendarmerie royale du Canada qui a commencé en 1974. Elle y a occupé un certain nombre de postes de haute direction et elle a fini par devenir la première femme à occuper le poste de commissaire de la GRC. Tout au long de sa carrière, elle a ouvert la voie aux futures générations de femmes dans les services de police et la fonction publique.

La sénatrice Busson a apporté au Parlement ses dizaines d’années d’expérience de dirigeante dans le domaine de la sécurité publique et des services à la population et elle a pu tirer parti de cette expérience dans son travail de sénatrice.

Les autres avant moi ont évoqué son immense sagesse et la profondeur qu’elle a su donner aux débats, que ce soit ici ou dans les comités. Ses opinions, toujours pondérées et réfléchies, sur les questions relatives à la sécurité publique, à la sécurité nationale, aux vétérans, à tout ce qui touche les pêches et de nombreux autres sujets susceptibles d’avoir une incidence sur la vie des Canadiens, ont toutes été consignées, si jamais les Canadiens veulent avoir une idée de l’effet qu’elle a eu, non seulement sur le Sénat, mais sur le pays tout entier.

Le service public peut prendre toutes sortes de formes, mais il est toujours ancré dans une volonté de contribuer à quelque chose de plus grand que soi. La carrière de la sénatrice Busson, que ce soit comme figure proéminente du secteur de la police et de la sécurité publique ou comme législatrice, a été marquée par ce dévouement à toute épreuve.

Nous représentons toutes les deux la Colombie-Britannique et, comme nos autres collègues, nous avions toutes les deux la responsabilité de faire entendre le point de vue et de faire valoir les intérêts de notre magnifique province auprès du Sénat. Vous avez servi les Britanno-Colombiens et, disons-le, tous les Canadiens avec un sens incroyable du devoir et de l’honneur.

Alors que vous vous apprêtez à quitter le Sénat, je tiens à vous remercier pour tout ce que vous avez fait pour le Sénat et pour l’exemple que vous avez montré en consacrant votre vie au service public. Ce fut un honneur de vous connaître et de siéger à vos côtés. Contrairement à d’autres, je n’ai jamais siégé avec vous à un comité, mais, comme nous venons de la même province et que nous l’aimons tout autant, ce fut un coup de foudre amical entre nous.

Je vous souhaite la meilleure des chances dans le prochain chapitre de votre vie. J’ai hâte de vous rendre visite au cours des étés rayonnants qui nous attendent. Merci.

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