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DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — Les habitants de Soueïda, en Syrie

11 décembre 2025


Honorables sénateurs, j’attire votre attention sur le sort des habitants de la province de Soueïda, dans le Sud de la Syrie. Les habitants de Soueïda sont des gens pacifiques qui sont présents dans la région depuis des siècles.

Aujourd’hui, ils vivent de terribles souffrances. À prédominance druze, ils sont connus pour les liens serrés qui les unissent à la terre, leurs traditions agraires et leur réputation de longue date de peuple pacifique et autonome. Depuis des générations, ils cultivent la terre, préservent leur patrimoine culturel et élèvent leurs familles dans les collines et les plaines paisibles de la région de Jabal al-Arab.

Pourtant, dernièrement, ils sont victimes de graves préjudices et voient leurs droits fondamentaux foulés aux pieds. De nombreux reportages, vidéos et témoignages montrent les mauvais traitements répétés que les forces du gouvernement syrien et leurs acolytes font subir aux civils de Soueïra. Exécutions sommaires, arrestations arbitraires, torture, destruction de domiciles familiaux et d’espaces culturels et violence sexuelle contre les femmes : autant d’actes haineux qui détruisent des familles et traumatisent des populations entières. Sans égard pour la politique ou les frontières, de telles souffrances doivent retenir l’attention du monde, susciter sa compassion et le pousser à agir.

Les habitants du Soueïda ont maintes fois tenté de défendre leur dignité et de trouver des solutions pacifiques. La non-violence et la protection de la population ont toujours été au cœur de leurs manifestations et des efforts qu’ils déploient dans leur région. Pourtant, au lieu de déboucher sur le dialogue, leurs actions leur ont valu d’être agressés. Tandis que l’effondrement de l’économie syrienne s’amplifiait, les familles de Soueïda — des agriculteurs, des enseignants, des commerçants et des aînés — se sont retrouvées à lutter tout à la fois contre l’insécurité, les menaces et la violence.

Le 13 novembre 2025, il y a à peine trois semaines, la commission des États-Unis sur la liberté religieuse internationale a entendu des témoignages dans le cadre d’une audience sur la liberté religieuse en Syrie pendant la période de transition ayant commencé après la chute du régime Assad. Des témoins sont venus confirmer l’existence des violences perpétrées, notamment des politiques sectaires de massacre des druzes et des alaouites, qui sont des minorités musulmanes, des agressions ciblant les chrétiens ou d’autres minorités religieuses, ainsi qu’une augmentation du nombre d’homicides, d’enlèvements et de disparitions forcées, tout cela sous le nouveau régime de transition.

De ce sombre portrait ressort clairement une chose : l’absence presque totale de protection venant de la communauté internationale. Parmi les acteurs de la région, Israël est le seul pays à avoir fourni de l’aide humanitaire et de la protection. Israël offre l’asile aux personnes et aux groupes qui courent un grave danger. Quelles que soient les allégeances politiques des uns ou des autres, il est indéniable que tout effort pour protéger des populations vulnérables qui sont en danger est humainement important.

Aujourd’hui, je ne vous demande pas de voir la population de Soueïda à travers le prisme de la géopolitique, mais plutôt avec un regard empreint d’humanité. Ses difficultés ne sont pas le résultat d’un conflit abstrait, mais la réalité vraie d’une population qui ne veut rien d’autre que vivre en sécurité, en paix et dans la dignité.

En m’adressant aujourd’hui au Sénat du Canada, je demande à tous ceux qui le peuvent de dénoncer le sort qui est fait aux habitants de Soueïda. Les auteurs de ces dérives doivent être tenus responsables de leurs actes. D’abord et avant tout, nous nous devons d’affirmer qu’aucune population ne doit être abandonnée à sa détresse, et encore moins lorsqu’il s’agit d’une population aussi pacifique.

Je vous remercie.

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