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« Un océan de misère » : la crise des réfugiés rohingyas

Le gouvernement fédéral devrait faire pression sur la communauté internationale pour que les auteurs de crimes perpétré contre les Rohingyas au Myanmar soient tenus responsables de leurs actes.

Recommandations

RECOMMANDATION 1:
Le comité recommande que le gouvernement du Canada redouble d’efforts pour sensibiliser les Canadiens à la crise des réfugiés rohingyas. Le gouvernement devrait envisager d’accorder des fonds additionnels aux organisations canadiennes de la société civile qui défendent les droits de la personne des Rohingyas et à celles qui mènent des activités au Bangladesh et au Myanmar.

RECOMMANDATION 2:
Le comité recommande qu’Affaires mondiales Canada continue à appuyer le gouvernement du Bangladesh, par l’entremise d’organismes d’aide internationaux, dans ses efforts visant à répondre aux besoins humanitaires des réfugiés rohingyas sur son territoire, et ce en portant une attention particulière aux besoins des femmes et des filles. Affaires mondiales Canada devrait aussi travailler avec ses partenaires internationaux pour veiller à ce que les droits des Rohingyas soient respectés dans tous les pays.

RECOMMANDATION 3:
Le comité recommande qu’Affaires mondiales Canada travaille avec le gouvernement du Bangladesh pour s’assurer que l’on procède au rapatriement des Rohingyas seulement lorsqu’il sera sécuritaire de le faire, et cela de manière volontaire et dans la dignité, en conformité avec le droit international. Entre-temps, Affaires mondiales Canada devrait travailler avec le gouvernement du Bangladesh et les organismes d’aide internationaux afin de trouver des solutions à long terme pour les réfugiés, en accordant une attention particulière à l’éducation et à la formation professionnelle.

RECOMMANDATION 4:
Le comité recommande qu’Affaires mondiales Canada fasse encore plus pression sur le gouvernement du Myanmar pour qu’il cesse de persécuter les Rohingyas, qu’il donne libre accès aux organismes humanitaires et qu’il accorde la citoyenneté aux Rohingyas.

RECOMMANDATION 5:
Le comité recommande que le gouvernement du Canada continue de collaborer avec les États membres des Nations Unies pour s’assurer que le Conseil de sécurité des Nations Unies renvoie la question de la situation des Rohingyas au Myanmar à la Cour pénale internationale ou établisse un tribunal spécial onusien afin de s’assurer que les coupables soient tenus responsables de leurs crimes.

Communiqué

Ottawa – Le gouvernement fédéral devrait faire pression sur la communauté internationale pour que les auteurs de crimes reconnus en droit international, y compris le génocide perpétré contre les Rohingyas au Myanmar, soient tenus responsables de leurs actes. C’est ce que le Comité sénatorial des droits de la personne indique dans le rapport qu’il a publié jeudi après avoir tenu une série d’audiences sur la crise en cours.

Les Rohingyas sont un groupe ethnique et religieux minoritaire qui vit dans l’ouest du Myanmar depuis au moins 600 ans. Malgré cette longue présence dans la région, ils n’ont jamais été reconnus comme citoyens. De plus, ils font l’objet d’une oppression brutale depuis l’indépendance du Myanmar en 1948.

En août 2017, l’armée du Myanmar a lancé une nouvelle série d’attaques contre les Rohingyas. Le Parlement du Canada a reconnu que « ces crimes contre les Rohingyas constituent un génocide ». Depuis le début de ces attaques, plus de 730 000 Rohingyas ont trouvé refuge au Bangladesh, un pays voisin, où la plupart vivent dans des camps de réfugiés austères qu’un témoin a comparés à un « océan de misère ». Par ailleurs, plus d’un demi-million de Rohingyas vivent encore sous l’oppression au Myanmar, et plus de 125 000 sont confinés dans des camps pour personnes déplacées.

Les auteurs de crimes contre les Rohingyas doivent être tenus responsables de leurs actes. Le comité reconnaît le soutien actuel du gouvernement fédéral aux Rohingyas, mais il estime que nous pouvons – et que nous devons – faire plus.

À cette fin, le comité présente cinq recommandations qui ont pour but d’accroître le soutien humanitaire aux Rohingyas, de sensibiliser davantage les gens à leurs souffrances, et de collaborer avec les États membres des Nations Unies afin que le Conseil de sécurité de l’ONU s’assure que les auteurs de violations des droits de la personne n’échappent pas à la justice.

Faits en bref

  • Pendant ce dernier exode – le pire de l’histoire du pays –, plus de 730 000 Rohingyas ont fui le Myanmar.
  • Près d’un million de Rohingyas ont trouvé refuge au Bangladesh, et la majorité d'entre eux vivent dans des conditions inhumaines à Kutupalong, un archipel de camps à Cox’s Bazar; selon un témoin, ce serait « le plus vaste camp de réfugiés du monde ».
  • Les Rohingyas qui restent au Myanmar vivent dans la peur et sont sous surveillance constante; même les citoyens du Myanmar qui leur sont sympathiques sont tenus à l’œil et réduits au silence par l’État.

Citations

« La persécution violente des Rohingyas est des plus préoccupante et c’est pourquoi le Parlement a reconnu que ces attaques constituaient un génocide. Un nombre incalculable de femmes et de filles ont été victimes de violences sexuelles révoltantes et elles ont accès à très peu de ressources pour les aider à se rétablir. Le Canada peut – et doit – apporter son aide. »

- Sénatrice Wanda Thomas Bernard, présidente du comité

« Le gouvernement du Myanmar mène une campagne de haine et de violence contre les Rohingyas. Nous devons montrer aux Rohingyas que nous sommes avec eux et que la communauté internationale traduira en justice ceux qui cherchent à les détruire. »

- Sénatrice Salma Ataullahjan, vice-présidente du comité

« Les Rohingyas du Myanmar vivent – non sans raison – dans la peur de nouvelles attaques, et ceux qui ont fui au Bangladesh sont dans la misère. Nous ne pouvons pas laisser le monde fermer les yeux sur ces violations flagrantes des droits de la personne les plus fondamentaux. »

- Sénatrice Jane Cordy, vice-présidente du comité

Liens connexes

 

Renseignements :

Sonia Noreau
Agente, Relations publiques
Direction des communications
Sénat du Canada
613-614-1180 | sonia.noreau@sen.parl.gc.ca

Les sénateurs qui ont participé à cette étude

Wanda Thomas Bernard

Wanda Thomas Bernard
GPS - Nouvelle-Écosse (East Preston)

Salma Ataullahjan

Salma Ataullahjan
C - Ontario (Toronto)

Jane Cordy

Jane Cordy
GPS - Nouvelle-Écosse

Yvonne Boyer

Yvonne Boyer
GSI - Ontario

Patrick Brazeau

Patrick Brazeau
Non affilié(e) - Québec (Repentigny)

Nancy J. Hartling

Nancy J. Hartling
GSI - Nouveau-Brunswick

Thanh Hai Ngo

Thanh Hai Ngo
C - Ontario

Kim Pate

Kim Pate
GSI - Ontario

Donald Neil Plett

Donald Neil Plett
C - Manitoba (Landmark)

Membres d’office du comité : Les honorable sénateurs Peter Harder, C.P. (ou Diane Bellemare) (ou Grant Mitchell); Larry Smith (ou Yonah Martin); Joseph Day (ou Terry Mercer); Yuen Pau Woo (ou Raymonde Saint-Germain)

Autres sénateurs ayant participé à l’étude : Les honorable sénateurs Andreychuk, Coyle, Forest-Niesing, Martin et Simons

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