DÉCLARATION D’UN SÉNATEUR — La Journée internationale pour l'abolition de l'esclavage
2 décembre 2020
Honorables sénateurs, je prends la parole aujourd’hui à l’occasion de la Journée internationale pour l’abolition de l’esclavage. Lorsqu’ils entendent le mot « esclavage », la plupart des Canadiens pensent à l’esclavage qui a marqué l’histoire : la répugnante traite des personnes et, plus particulièrement, le trafic de plus de 12 millions d’Africains, du XVIe au XIXe siècle. Ces gens ont été arrachés à leur famille et à leur foyer pour être vendus en Europe et dans le Nouveau Monde comme de simples marchandises. Les séquelles de ce crime contre l’humanité se font toujours sentir aujourd’hui, et nous devons reconnaître les souffrances qui en découlent.
Malheureusement, l’esclavage de ce genre perdure encore dans certaines régions du monde. Le concept d’esclavage moderne nous rappelle toutefois que le même déni des droits fondamentaux, de la liberté et de l’autonomie des personnes existe toujours, et ce, même au Canada. La Journée internationale pour l’abolition de l’esclavage est axée sur l’éradication de la traite des personnes, de l’exploitation sexuelle, du travail inacceptable des enfants, des mariages forcés et de l’exploitation des personnes vulnérables, de force ou sous la menace de la violence.
Notre collègue la sénatrice Julie Miville-Dechêne a abordé de front d’importants pans de l’esclavage moderne dans le projet de loi S-216.
Elle s’est exprimée avec éloquence sur le sujet dans cette Chambre, et je salue son initiative.
La traite et l’exploitation sexuelle visent principalement les femmes et les enfants, qui comptent pour plus de 90 % des victimes de cette pratique barbare. Selon les estimations des Nations unies, 4,8 millions de personnes sont soumises à l’exploitation sexuelle. C’est un chiffre stupéfiant, et bon nombre des victimes sont canadiennes. Ce lucratif marché est contrôlé par des organisations du crime organisé, dont les Hells Angels. J’ai personnellement été témoin de cette horrible réalité clandestine qui touche notre pays et qui fait de nombreuses victimes, y compris de jeunes filles vulnérables.
C’est une tragédie humaine alimentée par la pauvreté, le sexisme, le racisme, les inégalités salariales, le manque de sensibilisation et la peur. Les forces de police du pays, en partenariat avec le Centre national de coordination contre la traite de personnes de la GRC, s’efforcent de protéger les victimes et de trouver et poursuivre les exploiteurs à l’échelle nationale et internationale. Les préjudices causés sont troublants et difficiles à voir, mais il est aussi extrêmement difficile de poursuivre les auteurs de ces actes criminels en raison de l’immense vulnérabilité des personnes affectées.
J’exhorte le Sénat à saisir toutes les occasions et à prendre tous les moyens à sa disposition pour soutenir la Stratégie nationale de lutte contre la traite des personnes. Je félicite les membres des services de police du pays qui travaillent avec ardeur pour combattre cette forme de criminalité. C’est un travail épuisant et éprouvant sur le plan émotionnel.
Merci. Meegwetch.