DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — La Journée internationale de la Francophonie
22 mars 2022
Honorables sénateurs, chaque année, le 20 mars, nous célébrons la Journée internationale de la Francophonie et nous nous rappelons que, selon l’Observatoire de la langue française, il y a plus de 300 millions de locuteurs français répandus sur les cinq continents.
Nous nous rappelons que la langue française est la cinquième langue la plus parlée au monde — ou la sixième, selon certains —, qu’elle est la quatrième langue d’Internet et que 59 % des locuteurs quotidiens du français sont en Afrique.
Chaque année, nous réaffirmons l’importance de cette langue pour les relations économiques, diplomatiques et culturelles du Canada. Nous la célébrons dans toutes ses expressions, non pas simplement pour défendre les droits linguistiques et culturels d’une minorité, mais pour la reconnaître à sa juste valeur, comme l’une de nos langues du vivre-ensemble dans ce pays, l’une de nos deux langues officielles enchâssées dans la Constitution canadienne.
Nous célébrons sa portée internationale et son caractère universel, inclusif et rassembleur comme un trésor national à chérir. Nous nous rappelons aussi que la Francophonie, ce n’est pas uniquement la langue française. C’est aussi une institution dont le Canada est membre et qui est vouée à la coopération politique, éducative, économique et culturelle entre les 88 pays membres de l’Organisation internationale de la Francophonie.
En 2022, le thème de la Journée internationale de la Francophonie est « La Francophonie de l’avenir » et vise à « souligner le soutien de la Francophonie à la Jeunesse et à ses aspirations », car, en 2060, chers collègues, plus de 700 millions d’êtres humains vivront dans des pays francophones, et les trois quarts d’entre eux auront moins de 30 ans et vivront en Afrique.
Alors, où en sommes-nous ici, au Canada? Pourquoi reste-t-il tant à faire pour que tous les Canadiens puissent apprendre cette langue? Pourquoi est-il encore difficile de se faire servir et de travailler en français au Canada? Pourquoi certains Canadiens perçoivent-ils encore la défense et la promotion de la langue française comme faisant ombrage à d’autres réalités linguistiques?
Il nous reste encore beaucoup à faire, en effet, pour que la langue française et la francophonie puissent s’épanouir pleinement au Canada.
De ce point de vue, le projet de loi C-13 intitulé Loi visant l’égalité réelle entre les langues officielles du Canada et qui vise à moderniser la Loi sur les langues officielles nous offrira, le jour où il sera à l’étude dans cette enceinte, une occasion formidable d’y travailler et de nous projeter dans l’avenir.
Le 20 mars, nous célébrons aussi la Journée internationale du bonheur, et le 21 mars, la Journée mondiale de la poésie.
Je conclurai, chers collègues, en laissant la parole au poète acadien Jonathan Roy qui a écrit ce qui suit dans une langue française colorée et lumineuse :
[…] je suis un pays en réseau
connecté qui jase à coup de blogues et de radios communautaires
tout ensemble la pensée ouverte
de mon pays en partage
et au bout de la route
autour d’un feu de joie ou dans un tintamarre sans lendemain
je jaserai tout ensemble de nous autres dans une
langue explosive et magnifique
comme nous autres
je parle tout ensemble
français chiac acadien acadjone
et mille autres langues aux couleurs qu’il reste encore
à nommer tous ensemble
mais qu’on comprend quand même
à cause de l’étoile qui brille dans les yeux […]
Merci.