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DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — Renée Blanchar

30 mars 2022


Chers collègues, permettez-moi d’abord d’offrir mes plus sincères condoléances à la famille et aux proches de l’honorable Claudette Bradshaw, femme politique acadienne et canadienne qui nous inspire tous.

Honorables sénateurs, alors que se termine le Mois de la Francophonie et que le rôle des artistes est plus important que jamais dans notre monde incertain, je prends la parole aujourd’hui pour rendre hommage à une cinéaste et scénariste acadienne qui utilise son formidable talent pour faire œuvre utile.

Première Canadienne à entrer à la célèbre école Fémis en France, Renée Blanchar était en 1989 la plus jeune jurée de l’histoire du prestigieux Festival du film de Cannes.

Alors qu’elle aurait pu faire carrière dans un grand centre, après ses études, Renée Blanchar revient dans sa ville natale de Caraquet, en Acadie, fonde une maison de production, et réalise depuis de nombreux films documentaires et de fiction, dont les deux plus récents sont d’une très grande importance pour notre cinématographie canadienne.

Profondément habitée par une quête de la vérité, Renée Blanchar réalise Le silence, une production de l’Office national du film du Canada (ONF) qui met en lumière les abus perpétrés par des prêtres catholiques sur de jeunes garçons dans plusieurs villages francophones du Nouveau-Brunswick, des années 1950 aux années 1980. Dans ce documentaire fracassant, des hommes aujourd’hui cinquantenaires racontent avec émotion les sévices infligés par des prêtres catholiques durant des décennies d’abus.

L’ONF indique ce qui suit, et je cite :

Avec le film Le silence, elle nous amène au plus près de l’humanité de ces hommes brisés, et révèle ce qui unit et désunit, hier comme aujourd’hui, les communautés acadiennes.

Il s’agit d’une production cinématographique qui lève le voile sur des abus indescriptibles et qui laisse à penser que seule une commission d’enquête nationale permettrait de réellement briser le silence entourant ces événements qui continuent de marquer nos communautés.

La deuxième œuvre télévisuelle toute récente de cette réalisatrice remarquable est une série télévisée sur la vie de la fascinante et prolifique auteure franco-manitobaine Gabrielle Roy. Inspirée et adaptée de l’œuvre de cette auteure, la série Le monde de Gabrielle Roy qui se déploie en huit récits raconte ce qui suit, et je cite :

[...] la construction de l’écrivaine à travers des moments signifiants de son enfance à Saint-Boniface, dont l’épicentre est la maison familiale de la rue Deschambault.

C’est une série entièrement tournée au Manitoba et regroupant une équipe d’artistes et d’artisans talentueux de l’Acadie, du Québec et du Manitoba.

L’œuvre littéraire de Gabrielle Roy, constituée d’une trentaine de romans, de recueils, de contes et de nouvelles à la fois romanesques, intimes et autobiographiques, est aujourd’hui un pilier incontournable de la littérature canadienne. Grâce au talent de la cinéaste Renée Blanchar, Gabrielle Roy revit sous nos yeux pour le plus grand bonheur de tous.

Avec ces deux œuvres cinématographiques, Renée Blanchar nous offre, en ces temps difficiles, matière à réflexion et à célébration, deux cadeaux inestimables qui font œuvre utile et qui permettent de mieux comprendre le pays dans lequel nous vivons.

Merci, Renée Blanchar, de contribuer avec tant de passion et de talent au cinéma d’ici. Continuez de nous secouer et de nous émouvoir par votre cinéma.

Merci.

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