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DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — Le Jour du souvenir acadien

13 décembre 2022


Honorables sénateurs, la présence de ma nièce Diane Pinet et de son époux Sudhir Nagpal dans cette enceinte aujourd’hui, grâce au sénateur Cotter — merci, sénateur Cotter —, revêt un caractère symbolique très important pour moi, pour ma famille et pour tant de mes compatriotes acadiens.

Le grand-père de Diane, Médard Léger, et mon père, Livin Cormier, étaient de fervents militants acadiens et saisissaient toutes les occasions de rappeler à notre mémoire la tragédie de la Déportation et son impact toujours présent dans nos vies.

Survenu au XVIIIe siècle, le Grand Dérangement est un épisode exceptionnellement tragique de notre histoire collective qui est toujours ancré dans nos cœurs et nos esprits. Plus de 10 000 Acadiennes et Acadiens ont été déportés durant le Grand Dérangement, entre 1755 et 1763.

Nous commémorons aujourd’hui, en ce Jour du souvenir acadien, les innombrables victimes du Grand Dérangement et particulièrement celles qui ont péri à bord du Violet, du Ruby et du Duke William en décembre 1758. Arrachés de leurs terres contre leur gré et entassés à bord de navires britanniques, plus de 750 femmes, hommes et enfants sont morts noyés ou de maladies dans les eaux glaciales de l’océan Atlantique ces jours-là.

Ces événements sombres restent vivants dans notre mémoire collective, mais sont aussi une occasion de se projeter avec détermination vers l’avenir, car le peuple acadien ne vit pas dans le passé, mais bien dans la modernité. Il est toujours vivant par l’entremise de sa culture, de sa langue française, de ses institutions fortes et de ses citoyennes et citoyens engagés.

Or, chers collègues, qu’en est-il de la reconnaissance politique du peuple acadien sur la scène fédérale? Ce peuple qui a débarqué sur les côtes atlantiques il y a plus de quatre siècles ne trouve aucun ancrage explicite dans nos textes constitutionnels et législatifs hormis une reconnaissance du 15 août comme Fête nationale de l’Acadie, du 28 juillet comme Journée de commémoration du Grand Dérangement et de ce jour tragique du 13 décembre. Étonnamment, le peuple acadien possède moins de leviers de pouvoir que des municipalités comme ma ville natale de Caraquet.

Chers collègues, alors que la population acadienne du Nouveau‑Brunswick vit actuellement des défis majeurs quant à la modernisation de la Loi sur les langues officielles de cette province en raison de décisions politiques, alors qu’ici, à Ottawa, la modernisation de la Loi sur les langues officielles se fait attendre depuis trop longtemps, n’est-il pas temps que ce peuple francophone canadien soit enfin pleinement reconnu dans nos institutions démocratiques et qu’il soit doté d’instruments législatifs et politiques lui permettant de s’épanouir décemment?

La question reste entière et mérite que nous y travaillions. C’est ce que je m’engage à faire dans cette Chambre, avec votre appui, chers collègues, en ce 13e jour de décembre 2022.

Je profite de cette prise de parole pour vous souhaiter à tous et à toutes une période des Fêtes réjouissante et reposante. Je nous encourage à poursuivre notre travail pour améliorer le sort des plus démunis de notre pays et je nous invite à être de plus en plus solidaires afin d’assurer aux prochaines générations un avenir en santé et en sécurité, sur une planète saine et toujours habitable.

Je vous remercie.

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