Aller au contenu

DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — L'honorable Dennis Dawson

7 février 2023


Honorables sénateurs, j’aimerais rendre hommage aujourd’hui à mon parrain. Je ne parle pas ici de mon parrain assigné par mes parents à mon baptême, mais de celui que j’ai volontairement choisi lors mon assermentation au Sénat. Je fais évidemment référence à mon ami et collègue sénateur, l’honorable Dennis Dawson.

Je le fais aujourd’hui, car à l’instar de plusieurs collègues membres du Comité sénatorial permanent de la sécurité nationale, de la défense et des anciens combattants, je serai en déplacement demain dans le cadre de notre visite des quartiers généraux du NORAD, au Colorado. Cela dit, j’ai bien hâte d’écouter demain soir, en différé, tous les hommages et anecdotes que vous allez partager à son sujet.

Pour ma part, au lieu de vous parler de sa carrière politique et de toutes ses réalisations ici, au Sénat, ou à l’autre Chambre en tant que député, j’aimerais plutôt vous parler des circonstances dans lesquelles j’ai connu le sénateur Dawson et de la façon dont notre amitié s’est développée au fil des années.

Même si le sénateur Dawson était déjà très connu tant à Ottawa qu’à Québec sur la scène politique, notre première rencontre remonte à l’été 2009, dans le cadre des fameux 5 à 7 au Club nautique du lac St-Joseph, dans la région de Québec. En tant que nouveau résidant de la ville de Lac-Saint-Joseph, la directrice générale de la ville était très fière de me présenter à l’honorable sénateur Dawson. Bien que notre première conversation ait été très courtoise, je dois admettre que nos champs d’intérêt et nos affiliations politiques respectives, à l’époque, étaient aux antipodes.

En effet, même si j’étais un nouvel élu libéral à l’Assemblée nationale du Québec, j’étais à l’époque un partisan conservateur de longue date au niveau fédéral. Qui plus est, j’arrivais tout juste d’Ottawa, où j’avais eu le privilège de travailler pendant plusieurs mois avec le ministre des Finances, l’honorable Jim Flaherty, à titre de conseiller spécial durant la crise financière de 2008-2009. Pas besoin de vous dire que j’ai changé rapidement de table au début du cocktail lorsque le sénateur libéral Dawson s’est mis à parler de politique et plus particulièrement du gouvernement Harper d’une façon un peu trop partisane à mon goût. Cela dit, mon attitude à l’égard du sénateur Dawson s’est mise progressivement à se réchauffer et à changer au cours des années subséquentes.

En effet, ayant constaté que le drapeau canadien flottant au haut du mât de ma propriété avait perdu de son lustre, le sénateur Dawson me laissa un beau drapeau canadien tout neuf sur mon quai l’été suivant, alors qu’il passait en bateau; c’est un geste que j’avais beaucoup apprécié et qu’il a répété au cours des 12 années subséquentes, jusqu’à ma nomination au Sénat.

En termes clairs, chers collègues, je peux raisonnablement affirmer que le drapeau canadien a été la bougie d’allumage pour trouver au moins un point en commun entre nous et, par la suite, développer une belle amitié au gré des invitations reçues et des soupers chez des amis communs.

À l’été 2021, après avoir reçu l’appel du premier ministre du Canada pour me dire que j’avais été retenu par le comité de sélection pour devenir sénateur, j’ai immédiatement téléphoné au sénateur Dawson afin de le rencontrer. Au gré d’une belle balade en ponton sur le lac avec quelques bières en réserve dans la glacière, j’ai eu le privilège alors de questionner le sénateur Dawson sur le mode de fonctionnement du Sénat et bénéficier de ses précieux conseils. Si certains d’entre vous ont trouvé que j’ai pu m’intégrer rapidement au Sénat, sachez que le mérite revient à mon parrain, mentor et ami, l’honorable Dennis Dawson.

Un gros merci, cher ami, d’avoir accepté de me parrainer ici, au Sénat, et d’avoir facilité mon intégration. Au cours des prochaines années, ce sera à mon tour de t’offrir un beau drapeau canadien lors de nos rencontres estivales.

L’honorable Jean-Guy Dagenais [ + ]

Je veux intervenir aujourd’hui, un peu en avance sur mes collègues parce que je serai demain absent, pour souligner à ma façon le départ à la retraite de l’honorable Dennis Dawson.

Se retirer à 73 ans, je vous l’avoue, je trouve cela un peu jeune, plus spécialement parce que c’est justement l’âge que j’ai eu jeudi dernier et que je ne me sens pas du tout prêt à partir, n’en déplaise à certains.

Que l’honorable Dennis Dawson ait choisi de le faire à ce moment-ci, c’est bien personnel, mais ça ne veut certainement pas dire qu’il va cesser d’être actif et qu’on ne le reverra plus dans les coulisses de la politique. L’inaction ne rime pas avec ce genre d’homme, capable de tout combat, même de celui qu’il a gagné contre un cancer de la gorge.

L’honorable Dennis Dawson est un homme politique au vrai sens du terme, parce que c’est ce qu’il a fait pendant près de 50 ans.

Voici un bref rappel de l’histoire. En sortant de l’école, Dennis Dawson s’est fait élire conseiller scolaire puis président de la Commission des écoles catholiques de Québec. À 27 ans, il était l’un des plus jeunes députés libéraux à se faire élire au Canada dans la circonscription de Louis-Hébert, qu’il a représentée pendant sept ans avant de perdre son comté face à la candidate progressiste-conservatrice, une enseignante originaire de Chicoutimi du nom de Suzanne Fortin-Duplessis qui, plus tard, est venue le rejoindre sur les bancs de cette Chambre comme sénatrice.

Ce dur revers n’allait certes pas éteindre la vigueur politique de l’honorable Dennis Dawson. Notre collègue et ami avait déjà compris qu’on pouvait faire de la politique très, très, très active sans être élu. Recyclé en spécialiste des relations gouvernementales, ce qu’on appelle communément un lobbyiste, il n’a jamais cessé de servir son parti, le Parti libéral, allant même jusqu’à oser un retour 20 ans plus tard, aux élections de 2004 dans la circonscription de Beauport. Battu par le Bloc Québécois, le candidat vedette s’est fait demander par le premier ministre Paul Martin de servir les Canadiens au Sénat.

Je dois dire qu’il l’a très bien fait depuis plus de 18 ans.

Aujourd’hui, je trouve important de reconnaître plus particulièrement l’engagement du sénateur Dawson dans l’interminable combat pour faire respecter la langue française dans notre pays, ici à Ottawa, et dans certains girons de la diplomatie internationale où le français et l’anglais sont des langues officielles égales. Bravo et merci pour cet engagement.

En dehors de cette enceinte, l’honorable Dennis Dawson a toujours été un rassembleur pour les francophones qui travaillent ensemble ici, sur la Colline du Parlement.

Je n’oublierai jamais les mémorables dîners des « luncheux » où il m’a chaleureusement accueilli dans son groupe sélect de politiciens, de membres du personnel politique et d’amis. Autour de la table du restaurant Le Parlementaire, que présidait avec doigté et humour l’honorable Dennis Dawson, tous pouvaient laisser aller et tomber momentanément leurs affiliations politiques pour tisser des liens d’amitié.

Merci pour ces moments magiques qui permettaient des échanges fantastiques et même des taquineries politiques comme celles qui ont suivi, en 2014, l’expulsion des sénateurs libéraux du caucus du parti par Justin Trudeau. Je ne doute pas que ce fut un moment certainement difficile pour un libéral qui a été forcé de terminer sa carrière en portant l’étiquette de progressiste, qui lui va d’ailleurs très bien.

Un grand merci, Dennis, pour ton engagement, ton dévouement et surtout, pour ton amitié. Bonne santé et bonne chance dans tes projets!

En terminant, si tu ne reviens pas nous voir ici, à Ottawa — ce dont je doute —, sois assuré qu’on ira te voir à Québec.

Merci, mon ami.

Haut de page