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DÉCLARATIONS DE SÉNATEURS — La catastrophe de l'Ocean Ranger

14 février 2023


Honorables sénateurs, il y a 41 ans, en 1982, pendant la nuit du 14 février jusqu’aux premières heures du matin du 15 février, l’Ocean Ranger, une plateforme de forage semi-submersible, s’est renversée et a coulé à 175 milles marins à l’est de St. John’s. Un appel de détresse a été envoyé avant que la plateforme ne coule et soit abandonnée. À l’époque, il était presque impossible de déployer des bateaux de sauvetage et d’y faire monter des gens de façon sécuritaire en pleine tempête dans l’Atlantique Nord. Cette nuit-là, 84 hommes, pour la plupart des Terre-Neuviens, ont péri dans ces eaux sombres, glaciales et agitées. Dans la plupart des cas, on a déterminé que ces hommes sont morts noyés alors qu’ils étaient en hypothermie.

L’Ocean Ranger, la plus grande plateforme de forage semi-submersible du monde, n’avait que six ans. Lors de la Commission royale mixte fédérale-provinciale sur le désastre marin de l’Ocean Ranger, on a constaté que l’équipage n’avait pas reçu de formation de sécurité adéquate, que son équipement de sécurité était inadéquat et qu’aucun protocole de sécurité n’avait été mis en place pour le navire de ravitaillement. Les inspections de la plateforme menées par les organismes de réglementation des États-Unis et du Canada étaient aussi inadéquates, et la plateforme comportait elle-même des vices de conception et de construction.

Honorables collègues, les accidents se produisent habituellement lorsque plusieurs systèmes sont défaillants. Dans le cas de la catastrophe qui s’est produite il y a 41 ans, tous les éléments pouvant mener à un désastre étaient réunis. C’était la tempête parfaite, au propre comme au figuré.

Dans ce cas-ci, la commission royale a identifié la cause principale comme étant une vague qui s’est abattue sur le hublot de la salle de contrôle des ballasts et l’eau de mer qui a rendu le panneau de contrôle des ballasts inopérant, ce qui a fait gîter la plateforme. L’action des vagues a ensuite pris le relais pour porter le coup de grâce. Le hublot de la salle de contrôle des ballasts qui a été fracassé se trouvait à 8,5 mètres de la ligne de flottaison, alors que les vagues approchaient les 20 mètres. Le vent soufflait quant à lui à 190 kilomètres à l’heure.

La culture de la sécurité dans le secteur extracôtier de Terre-Neuve s’est considérablement améliorée depuis. Ceux qui étaient au Sénat en 2014 se souviendront peut-être que j’ai présenté la Loi sur la santé et la sécurité dans la zone extracôtière, qui mettait à jour les exigences en matière de sécurité en mer. Cette loi a été adoptée à l’unanimité par les deux Chambres et elle s’applique maintenant dans les zones extracôtières du Canada. La formation est meilleure, l’équipement est meilleur, les processus sont meilleurs, tout comme les prévisions, mais les dangers demeurent toujours.

J’ai eu l’honneur d’assister samedi soir à St. John’s à une pièce de théâtre intitulée RIG: An Oral History of the Ocean Ranger Disaster, écrite par Mike Heffernan et adaptée pour la scène par Joan Sullivan. Je leur ai parlé à tous les deux pendant le weekend et j’ai rencontré les acteurs. Sur la douzaine de personnes dépeintes dans la pièce qui sont intimement liées au lendemain de la catastrophe, j’en connaissais quatre.

Quand la tragédie frappe à Terre-Neuve-et-Labrador, on remarque que le monde est petit. Il n’y a pas une seule communauté qui n’a pas été touchée par cette tragédie. Il y a des livres, des chansons, des pièces de théâtre et des monuments, et il y a ceux qui sont encore en deuil. Ce soir et demain, notre province commémorera cette perte. J’invite tous mes collègues à le faire également. Merci.

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