Recommandations
RECOMMANDATION 1 :
Le gouvernement fédéral mette l’accent sur l’éducation à la cybersécurité dans sa 3 stratégie nationale de cybersécurité. Pour ce faire, il devrait élaborer et financer :
Des programmes de formation aux techniques de cybersécurité, en collaboration 6 avec les provinces et les territoires, pour aider les entreprises à répondre à leurs besoins en matière de cybersécurité ;
Trois centres nationaux d’excellence en recherche sur la cybersécurité, afin de 10 promouvoir la recherche fondamentale en science de la cybersécurité dans les universités. Ainsi, les Canadiens seraient encouragés à poursuivre des études et à faire carrière dans des domaines relatifs à la cybersécurité et le nombre de diplômés possédant une expertise en la matière pourrait doubler dans les quatre prochaines années;
Un programme national de cyberlittératie, dirigé par le Centre canadien pour la cybersécurité, qui viserait à éduquer les consommateurs et les entreprises sur la 18 façon d’adopter des comportements cyberrésilients. Ce programme devrait favoriser la sensibilisation à l’importance de la cybersécurité dans les écoles de premier et de deuxième cycles du secondaire et encourager la poursuite des études en sciences, en technologies, en ingénierie et en mathématiques.
RECOMMANDATION 2 :
Le gouvernement fédéral élabore des normes pour protéger les consommateurs, les entreprises et les gouvernements contre les menaces liées aux appareils qui pénètrent dans l’univers de l’Internet.
RECOMMANDATION 3 :
Le gouvernement fédéral définisse un cadre national pour l’échange d’information sur la cybersécurité et procède aux ajustements législatifs qui seraient requis à la Loi sur la protection des renseignements personnels et à la Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques afin de permettre l’échange d’information sur les cybermenaces entre des entreprises privées et entre le secteur privé, le gouvernement et les organisations internationales pertinentes.
RECOMMANDATION 4 :
Le gouvernement fédéral repère les éventuelles lacunes pouvant nuire à l’échange d’information et qu’il détermine la façon dont les organismes d’application de la loi peuvent être dotés des outils nécessaires au partage d’information et collaborer avec les autres administrations pour poursuivre les cybercriminels.
RECOMMANDATION 5 :
Le gouvernement fédéral élabore un ensemble cohérent de normes de haut niveau en matière de cybersécurité qui seraient harmonisées avec les normes internationales les plus élevées et qui s’appliqueraient à toutes les entités participant aux secteurs d’infrastructures essentielles.
RECOMMANDATION 6 :
Le gouvernement fédéral envisage d’apporter des changements législatifs qui permettraient aux fournisseurs de services de télécommunications de bloquer le trafic malveillant.
RECOMMANDATION 7 :
Le gouvernement fédéral offre des incitatifs aux entreprises, en particulier à celles oeuvrant dans les secteurs des infrastructures essentielles, pour qu’elles puissent améliorer leurs pratiques en matière de cybersécurité, notamment en leur accordant des déductions pour amortissement accéléré pour les investissements dans la cybersécurité au titre de la Loi de l’impôt sur le revenu.
RECOMMANDATION 8 :
Le gouvernement fédéral crée un nouveau ministère fédéral de la cybersécurité, qui serait responsable de la politique en matière de cybersécurité, dont la stratégie nationale en matière de cybersécurité, et superviserait le nouveau Centre canadien pour la cybersécurité et l’Unité nationale de coordination de la lutte contre la cybercriminalité.
D’ici à ce qu’un tel ministère soit créé, la personne désignée comme étant le chef de file du gouvernement fédéral en cybersécurité devrait relever directement du premier ministre sur les questions en la matière.
Enfin, le premier ministre devrait déposer chaque année devant le Parlement un rapport sur les questions relatives à la stratégie de cybersécurité du Canada.
RECOMMANDATION 9 :
Le gouvernement fédéral crée un groupe fédéral d’experts sur la cybersécurité chargé de formuler des recommandations pour la stratégie nationale de cybersécurité qui feraient du Canada un chef de file mondial en cybersécurité.
RECOMMANDATION 10 :
Le gouvernement fédéral enjoigne à ses ministères et à ses organismes de déclarer les atteintes à la vie privée au Commissariat à la protection de la vie privée;
Le gouvernement fédéral continue de mettre en oeuvre des pratiques exemplaires à l’intention de la fonction publique fédérale pour garantir l’utilisation de dispositifs sécurisés empêchant la divulgation de renseignements de nature délicate.
Fredericton, le 29 octobre 2018 – Les cybercriminels du monde entier se sont déjà attaqués à des millions de Canadiens, drainant de l’argent et des données privées et personnelles qui resteront à jamais dans Internet.
Pendant ce temps, l’infrastructure essentielle du Canada est vulnérable aux attaques en raison de l’absence de normes de cybersécurité et d’un manque de coordination en matière d’échange de renseignements.
Face à ces menaces en ligne réelles et croissantes, le gouvernement fédéral n’a réagi que timidement. De plus, la police avoue être en grande partie impuissante.
Il est grand temps de protéger les Canadiens contre les prédateurs en ligne, a déclaré le Comité sénatorial des banques et du commerce dans un rapport publié lundi.
Le rapport, intitulé les cyberattaques : elles devraient vous empêcher de fermer l’œil, fournit une analyse rigoureuse des dangers qui nous guettent en ligne, ainsi que 10 recommandations pour assurer la sécurité des Canadiens.
Par exemple, les Canadiens ont peu de recours lorsque les entreprises ne prennent pas les mesures adéquates pour protéger leurs renseignements personnels. Le Commissariat à la protection de la vie privée du Canada, qui est responsable de la protection du droit à la vie privée, n’a pas le pouvoir d’obliger les entreprises à se conformer aux lois sur la protection des renseignements personnels ou de leur imposer des amendes lorsqu’elles y contreviennent. Cela doit changer.
L’éducation est la meilleure façon de se protéger. C’est pourquoi le comité exhorte le gouvernement à accorder la priorité à l’éducation en matière de cybersécurité dans le cadre de sa stratégie nationale de cybersécurité. Le comité recommande également que le gouvernement institut un nouveau ministre de la cybersécurité pour coordonner les efforts de sécurité parmi tous les ordres de gouvernement et pour aider les Canadiens à demander des comptes au gouvernement fédéral.
La cybercriminalité menace les finances des Canadiens, l'économie et la sécurité nationale.
Cela devrait vous empêcher de fermer l’œil.
Faits en bref
- Plus de 10 millions de Canadiens ont été victimes de cybercriminalité en 2017 seulement.
- Les cybercriminels ont réussi à s’introduire dans les systèmes de grandes entreprises qui détiennent des données confidentielles qui appartiennent à des Canadiens, y compris des grandes banques et des entreprises de télécommunications, de médias sociaux et de covoiturage.
- Trois Canadiens sur cinq ont au moins quatre appareils branchés à Internet à la maison, lesquels peuvent servir d’intermédiaires aux cybercriminels.
Citations
« Cette épidémie d’actes criminels a déjà touché des millions de Canadiens et menace notre sécurité nationale. Le problème ne fera qu’empirer si le gouvernement ne prend pas l’engagement ferme d’éradiquer ce problème grave et croissant. Nous ne pouvons plus nous permettre d’attendre — les Canadiens attendent que quelqu’un les aide. »
- Sénateur Doug Black, président du comité.
« Le vol de renseignements personnels est une violation. Les parents sont terrifiés à l’idée que des photos de leurs enfants puissent être utilisées en ligne pour assouvir les fantasmes de certains dépravés. Les cotes de crédit des gens peuvent être endommagées en un instant. Vous pouvez verrouiller vos portes, mais Internet est une passerelle qui permet aux criminels de s’introduire dans votre maison. Le gouvernement doit fournir aux Canadiens les outils et les ressources nécessaires pour se protéger. »
- Sénatrice Carolyn Stewart Olsen, vice-présidente du comité.
Liens connexes
- Lisez le rapport, les cyberattaques : elles devraient vous empêcher de fermer l’œil.
- Suivez le comité sur les médias sociaux au moyen du mot-clic #BANC.
- Abonnez-vous au Bulletin électronique du Sénat.
Renseignements :
Sonia Noreau
Agente, Relations publiques
Direction des communications
Sénat du Canada
613-614-1180 | sonia.noreau@sen.parl.gc.ca
Multimédia et questionnaire
Les sénateurs Doug Black, c.r. (président du comité), Carolyn Stewart Olsen (vice-présidente du comité), Percy Mockler (président du comité des finances nationales) et Dr Ali Ghorbani (directeur de l’Institut canadien de la cybersécurité) discutent du rapport sur la cybersécurité du comité des banques et du commerce devant un auditoire d’étudiants de troisième cycle à l’Université du Nouveau-Brunswick.



Essayez notre quizz ci-dessous :
1. VRAI OU FAUX? En 2017, le nombre de victimes canadiennes de la cybercriminalité a dépassé les 10 millions.
Vrai : Environ 10,14 millions de Canadiens ont été victimes de cybercrimes. Le saviez-vous? En 2017, 978 millions d’adultes dans 20 pays ont été victimes d’un cybercrime.
Source: https://www.symantec.com/content/dam/symantec/docs/about/2017-ncsir-global-results-en.pdf
2. VRAI OU FAUX? Dix pour cent des sociétés à l’échelle mondiale n’ont procédé à aucune évaluation des risques liés à la cybersécurité au cours des deux dernières années.
Vrai : Le saviez-vous? Alors que 54 % des entreprises ont mené une évaluation générale des risques de fraude, 30 % seulement ont des plans d’intervention en matière de cybersécurité.
Source: https://www.pwc.com/gx/en/forensics/global-economic-crime-and-fraud-survey-2018.pdf
3. VRAI OU FAUX? : En 2016, le nombre moyen d’atteintes à des dossiers a dépassé les 20 000.
Vrai : Le nombre moyen de cas de brèche de sécurité de dossiers en 2016 était de 20 456. Le saviez-vous? L’Institut Ponemon a mené une enquête auprès de 24 entreprises de tous secteurs, et a constaté que le coût moyen de la violation de données pour une entreprise est de 6 millions de dollars, et de 258 $ par dossier auquel on a porté atteinte
Source: Scott Smith, directeur, Propriété intellectuelle et politique d’innovation, Chambre de commerce du Canada, Témoignages : BANC, 1er mars 2018.
4. VRAI OU FAUX? La quasi-totalité des entreprises canadiennes signalent les incidents de cybersécurité aux organismes d’exécution de la loi.
Faux : En 2017, seulement environ 10 % des entreprises touchées par un incident de cybersécurité en ont fait rapport aux forces de l’ordre. Selon Statistique Canada, 79 % des déclarations concernaient de l’argent volé ou le paiement d’une rançon, et 56 % étaient liées au vol de renseignements personnels ou financiers.
Source: https://www150.statcan.gc.ca/n1/daily-quotidien/181015/dq181015a-fra.htm
5. VRAI OU FAUX? En 2016, la majorité des PDG estimaient que la cybersécurité représentait une menace pour les perspectives de croissance de leur entreprise.
Vrai : Le véritable pourcentage de PDG qui estiment que la cybersécurité présente un risque pour la croissance de leur entreprise est de 61 %.
Source: Enquête mondiale menée par PwC en 2016 auprès des PDG https://www.pwc.com/gx/en/ceo-survey/2016/landing-page/pwc-19th-annual-global-ceo-survey.pdf
Les sénateurs qui ont participé à cette étude
Jean-Guy Dagenais
GSC - Québec (Victoria)
Joseph A. Day
Non affilié(e) - Nouveau-Brunswick (Saint John-Kennebecasis)
Colin Deacon
GSC - Nouvelle-Écosse
Pierrette Ringuette
GSI - Nouveau-Brunswick
Scott Tannas
GSC - Alberta
Pamela Wallin
GSC - Saskatchewan
Howard Wetston
GSI - Ontario
David Tkachuk
C - Saskatchewan
Carolyn Stewart Olsen
C - Nouveau-Brunswick
Membres d’office du comité : Les honorables sénateurs Peter Harder, C.P., Diane Bellemare, Grant Mitchell, Larry W. Smith, Yonah Martin, Joseph A. Day, Terry M. Mercer, Yuen Pau Woo et Raymonde Saint-Germain.
Autres sénateurs ayant participé à l’étude : Les honorables sénateurs Pierre-Hugues Boisvenu, Larry W. Campbell, Claude Carignan, C.P., Tobias Enverga, Jr., Stephen Greene, Michael L. MacDonald, Ghislain Maltais, Elizabeth Marshall, Sabi Marwah, Paul J. Massicotte, Lucie Moncion et Betty Unger.

