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Redonner un éclat à la maçonnerie en pierres de l’édifice du Centre
3 décembre 2020
COMMENT & POURQUOI

En février 2019, le Sénat a déménagé dans l’édifice du Sénat du Canada, une ancienne gare construite en 1912. Le Sénat occupera cet emplacement temporaire pendant la restauration de l’édifice du Centre du Parlement, sa demeure permanente.

Même si l’édifice du Centre est inaccessible durant les travaux, les Canadiens peuvent tout de même admirer ses œuvres d’art et son architecture grâce à la visite virtuelle immersive du Sénat.


Les polluants atmosphériques ainsi que les colonies de bactéries, d’algues et de champignons accumulés pendant un siècle ont rendu les façades en grès de Nepean de l’édifice du Centre de la Colline du Parlement noires, vertes et même oranges.

Aujourd’hui, alors qu’il connaît sa première restauration complète depuis un siècle, l’édifice du Centre est au cœur d’un tourbillon de travaux de construction. À sa réouverture dans quelques années, la maçonnerie en pierres sera complètement restaurée, tandis que la suie et la saleté accumulées depuis des décennies auront disparu.

Il s’agit là d’un défi colossal : comment s’y prendre pour nettoyer la surface extérieure d’un édifice patrimonial de 22 000 mètres carrés?

Des échafaudages s’élèvent le long de la façade sud de l’édifice du Centre pendant que les travaux de réhabilitation sont en cours.

La solution : le nettoyage au laser. Il s’agit d’une méthode relativement nouvelle devenue la norme dans l’industrie. L’équipe de réhabilitation de l’édifice du Centre, dirigée par Services publics et Approvisionnement Canada, se tourne vers cette technologie de pointe pour accélérer le titanesque projet de restauration.

Le nettoyage au laser présente plusieurs avantages. Il est relativement peu coûteux et requiert moins de maintenance que les méthodes traditionnelles comme le nettoyage microabrasif et l’usage de détergents ou de produits chimiques corrosifs. Le nettoyage microabrasif, par exemple, est salissant et dangereux. De plus, il érode la surface de la pierre, la rendant propre, mais plus vulnérable aux intempéries et à la pollution.

En revanche, le laser est non abrasif. Il émet une lumière à haute énergie à des longueurs d’onde précises et la concentre sur les dépôts de surface, sans endommager la pierre sous-jacente.

Le laser produit des impulsions nanosecondes et réchauffe de seulement un ou deux degrés des saletés à la surface de la pierre, qui absorbe une quantité précise d’énergie infrarouge. À l’échelle inframicroscopique, les atomes s’agitent, les liaisons entre ceux-ci se rompent, les solides se transforment en gaz et la matière accumulée s’évapore.

La réhabilitation de la maçonnerie a déjà ravivé les couleurs de certaines parties de l’édifice de l’Est sur la Colline du Parlement, où de nombreux sénateurs ont des bureaux. Les pierres nettoyées se distinguent nettement des pierres ternes.

« Le nettoyage au laser fonctionne très bien sur de grandes surfaces de pierre plate », explique Kate Westbury, chargée du volet patrimoine dans le cadre du projet de réhabilitation de l’édifice du Centre de Services publics et Approvisionnement Canada.

« Nous avons recours à cette méthode dans les premières étapes de la restauration, car elle nous donne une meilleure idée de l’état de la pierre. Au besoin, nous utilisons ensuite d’autres outils. »

L’équipement comprend une source laser — essentiellement un amplificateur de luminance électrique — reliée à une commande manuelle par un long câble optique qui ressemble à un boyau d’incendie. L’opérateur fait passer la commande à quelques centimètres au-dessus de la surface de la pierre tout en concentrant le faisceau laser.

« Ce n’est pas la première fois qu’on utilise cette technologie au Canada. Il y a deux ans, l’édifice de l’Ouest, situé à côté de l’édifice du Centre et construit à l’époque de la Confédération, a été le premier bâtiment du pays à être complètement rénové à l’aide du nettoyage au laser », raconte Mme Westbury.

« Les travaux ont été très bien réussis », ajoute-t-elle.

La première étape de la restauration de l’édifice du Centre a été réalisée en avril 2020. Quatre entrepreneurs se sont attaqués à 12 zones de test sur la façade nord du bâtiment afin de choisir quelques méthodes de rechange à utiliser et déterminer le degré de propreté voulu. Le traitement au laser sur les façades de l’édifice de l’Est a également commencé.

L’objectif est de restaurer une grande partie des éléments sculpturaux que 100 ans de pollution, de pluies acides et d’intempéries ont endommagés. De plus, il est possible d’ajuster le faisceau laser de manière à obtenir un juste milieu entre une finition impeccable et un résultat préservant la coloration subtile du bâtiment qui lui donne son caractère patrimonial.

« Nous redonnerons vie à l’édifice du Centre lorsque la restauration sera terminée », a indiqué le sénateur Jim Munson, membre du Sous-comité sur la Vision et le Plan à long terme qui aide à superviser les travaux du bâtiment.

« Il sera aussi somptueux et majestueux qu’avant, en plus de retrouver une certaine netteté qui s’était estompée avec le temps. »

Il faudra plusieurs années avant de terminer la restauration des quatre façades de l’édifice du Centre, des trois cours intérieures et des onze tours, dont la Tour de la Paix de 92 mètres.

Lorsque l’édifice du Centre se débarrassera enfin des palissades de chantier et des échafaudages, « les Canadiens verront des détails architecturaux et sculpturaux, autrefois noircis par les saletés atmosphériques accumulées pendant des décennies », promet Mme Westbury.

« En même temps, nous aurons préservé la patine naturelle du bâtiment pour respecter l’évolution du temps. »

Les polluants atmosphériques et les microorganismes accumulés pendant un siècle ont décoloré en grande partie les pierres extérieures de l’édifice du Centre.

Ce <a href='https://sencanada.ca/fr/sencaplus/comment-pourquoi/gargouilles-et-grotesques-les-sinistres-sentinelles-de-la-colline-du-parlement/' target='_blank'>grotesque</a> de l’édifice de l’Est fait partie des centaines de sculptures extérieures de la Colline du Parlement qui seront restaurées dans les prochaines années.

Un laser soigneusement calibré pulvérise les saletés accumulées pendant un siècle sur une façade de l’édifice de l’Est.